Critique de film

The Devil Inside

"The Devil Inside"
affiche du film
  • Genre : Thriller horrifique
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : William Brent Bell
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : William Brent Bell, Matthew Peterman
  • Musique : Brett Detar
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Fernanda Andrade, Simon Quarterman, Evan Helmuth, Ionut Grama, Suzane Crowley, Bonnie Morgan, Brian Johnson
  • Récompenses : --

Toute sa vie, Isabelle Torelli a cru que sa mère avait été assassinée par trois personnes parce qu’elle était cliniquement jugée folle. Après avoir appris les meurtres survenus au cours d’un exorcisme, elle s’attache à découvrir la vérité. Pendant ses recherches, qu’elle mène en Italie avec son équipe, elle va devoir participer à une série d’exorcismes non-autorisés.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Devil inside - Le Diable au corps
Par : Damien Taymans




Lustrez le p’tit Jésus sur vos crucifix, ressortez votre guide Marabout-Flash "Je maîtrise dix-huit langues", recomptez les grains de votre chapelet, les exorcismes reprennent du service. Depuis le mètre-étalon de William Friedkin, les prêtres défroqués et autres dissidents de la sainte Église catholique, peu loquace quand on évoque le sujet des possessions démoniaques, remontent périodiquement au créneau pour faire tâter de la soutane au Malin en pleine saillie dans le corps d’une jeune vierge convaincue désormais de l’inadéquation de l’expression "avoir le diable au corps". La dernière décennie aura ainsi vu le diable envahir les salles successivement dans une préquelle rébarbative (L’exorcisme au commencement), un tableau juridico-démoniaque (L’Exorcisme d’Emily Rose), un drame ronflant (Le Rite) et une variation reality show arborant les formes du found footage (Le dernier exorcisme). Les concepteurs de The Devil inside, opportunistes en diable, présentent un produit déjà ringard, le concept du documenteur ayant été brillamment exploité par Daniel Stamm. Mais les voies du merchandising sont impénétrables et, appuyé par une campagne virale empruntant au Rec du tandem Balaguero/Plaza son principe de "Regardez-moi comment les spectateurs y flippent rien avec notre film !" et nimbé de mystère (le fameux cas Maria Rossi avec révélations étonnantes clés en main fournies sur le site officiel, merci Blair witch project), ce démon du dedans parvient à s’insinuer ni vu ni connu dans les multiplexes pour distiller aux plus impressionnables la dose de frissons qu’ils sont venus quérir.

Sur l’écran, la face cachée des comploteurs du Vatican nous explose à la tronche. "Le film que le Vatican ne veut pas que vous voyiez" claironnait l’affiche à l’entrée de la salle. Et il est vrai que les détails les plus sordides, les plus inavouables même, se voient étalés au grand jour avec une complaisance douteuse. A en croire The Devil inside, quelque obscure faculté vaticane dispenserait des cours d’exorcisme où l’on apprend aux prêtres néophytes l’art de déceler le vrai possédé du faux possédé. La faux possédé, il voit un prêtre, il geint et gesticule et éructe des sons gutturaux incompréhensibles. Le vrai possédé, il voit un prêtre, il geint et gesticule et éructe des sons gutturaux incompréhensibles... mais c’est un vrai possédé. Mais ce n’est pas tout parce que, faisant fi des conseils avisés prodigués par un objecteur de conscience à la solde des intérêts papaux, une bande d’insoumis aurait ouvert un marché noir de l’exorcisme et congédieraient Belzébuth sans le moindre respect pour le protocole. Les infâmes !

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir le Malin se manifester sur la banquette arrière d’une bagnole ou dans une salle aux murs capitonnés d’un asile romain. Pour rassasier les amateurs de contorsionnistes habités vociférant des insanités à tout-va à base d’allusions salaces proférées à l’encontre de quelque membre de la famille, William Brent Bell compile les séances d’exorcismes et les exorcisés tout en multipliant les caméras et les intervenants. L’attrait même de la forme documentarisée meurt sitôt que le réalisateur s’éloigne du traditionnel plan d’ensemble émaillé de temps à autre de détails générant l’angoisse. Pour l’heure, une discussion confinée à l’espace restreint de l’habitacle d’une voiture se mue en un succession de champ/contre-champ subtils dus aux trois caméras soigneusement planquées à des endroits stratégiques du véhicule.

Éparpillant les points de vues, tirant sans cesse à la ligne des monologues inconsistants, complexifiant des effets qui n’entretiennent la sensation de réalisme que lorsqu’ils font preuve de sobriété, The Devil inside s’avère incapable de faire naître la moindre tension et, du coup, manque la floche du found footage fauché capable de foutre la pétoche avec deux bouts de ficelle et un brin de savoir-faire. A l’instar de Paranormal activity 3, The Devil inside peut prétendre au titre de l’Arnaque de la décennie : mal foutu et foutrement racoleur, ce navet s’autorise en outre à se désintéresser complètement de son public pour ne prêcher finalement que pour sa paroisse. Reste à souhaiter que la prochaine fois, celle-ci reste désespérément déserte...


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