Critique de film

The Boy

"The Boy"
affiche du film

Pour essayer d’échapper à son passé, Greta, une jeune Américaine, se fait engager comme assistante maternelle en Angleterre, dans une maison perdue en pleine campagne. À son arrivée, elle découvre qu’elle a été embauchée non pas pour s’occuper d’un petit garçon de 8 ans en chair et en os, mais d’une poupée de porcelaine grandeur nature. Seule dans la maison, loin de tout, Greta assiste à des événements tous plus étranges les uns que les autres. La poupée serait-elle vivante ? Il se trouve que Greta n’a pas seulement été engagée, elle a été choisie…

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Boy - Reviens, gamin !
Par : Damien Taymans

Greta, une jeune Américaine, quitte son pays natal et un ex-petit-ami à la main leste pour les joies du gardiennage de moutard dans une maison cossue de l’Angleterre. A peine jet-laguée, elle rencontre les parents du jeune Brahms dont elle va avoir la charge contre une monnaie aussi sonnante que trébuchante. Cependant, l’annonce omettait un détail de poids : le garçonnet est du genre muet et même immobile et ne risque pas de de foutre la maison sens dessus dessous pour la simple raison qu’il est... de porcelaine. Afin de digérer le décès prématuré de leur unique fils, les parents Heelshire feignent depuis de nombreuses années de s’occuper d’un mannequin le représentant grossièrement. Une opportunité de rêve pour Greta qui s’aperçoit bien vite que la tâche n’est pas aussi reposante que prévue...

Malgré un aspect évoquant la bien mal-nommée Annabelle, The Boy n’entretient aucun lien avec le médiocre spin-off mis en chantier par New Line pour récupérer un max de pépettes sur les cendres encore tièdes de The Conjuring. D’autant que la présente péloche de William Brent Bell (de Stay Alive à The Devil Inside, le cinéaste en toujours en quête de son identité et d’un succès réel) prend le parfait contre-pied de cette vague de "frissons garantis pour ados" en tissant lentement ses effets et en posant avec minutie ses enjeux dramatiques. Au risque de se montrer contemplative par moments, la mise en scène de Brent Bell se montre soignée et s’ingénie davantage à capter les recoins menaçants de la demeure, à jouer avec la pénombre qui l’envahit et à cerner sous toutes les coutures ses inquiétants pensionnaires coincés dans leur fantasme malsain. Plutôt habile, le scénario de Stacey Menear renoue avec une horreur plus classique, plus sournoise qui s’insinue progressivement dans le quotidien de l’héroïne.

Une héroïne avec du volume (un background, une personnalité) interprétée avec justesse par la pétillante Lauren Cohan, l’un des piliers de la série The Walking Dead. Plongée au cœur de l’insensé, Greta se laisse lentement gangréner, au point de développer pour le pantin une sorte d’affection qu’elle a dû réprimer dans un douloureux épisode de sa vie. The Boy, malgré l’utilisation d’une série d’effets éculés, remonte à contre-courant de l’épouvante actuelle en préférant donner du corps à son mince argument (l’intrigue s’épaissit à mesure que le récit se déroule) et délaisser dans un premier temps du moins les sursauts faciles et malhabiles.

Hélas, le dernier acte s’avère globalement moins convaincant tandis que le mystère s’évapore au profit d’une résolution inspirée du Sous-sol de la peur. The Boy reste néanmoins une petite surprise en ce sens qu’il semblait emprunter les mêmes voies que ces sous-productions horrifiques fadasses inondant les multiplexes. Au contraire, le métrage renoue avec un certain classicisme et se montre plus malsain, plus étrange et perturbant que la majorité de ses frères d’armes standardisés.


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