Critique de film

The Agent

"The Berlin File"
affiche du film
  • Genre : Action, Drame, Thriller
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 2h00
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Pyo est le meilleur agent secret nord-coréen. Infiltré à Berlin, il se fait repérer par les renseignements sud-coréens et le Mossad. Commence alors une impressionnante chasse à l’homme sur fond de conflit international.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Berlin File - L’espion qui l’aimait
Par : Damien Taymans


Tandis que ses compatriotes Bong Joon-ho, Kim Jee-woon et Park Chan-wook convolent vers les États-unis pour y tourner de grosses productions (respectivement Le Transperceneige, Le Dernier rempart et Stoker), le coréen Ryoo Seung-wan s’enracine encore davantage dans son patrimoine et tisse, sur le sol européen, un film d’espionnage aux accents internationaux mais majoritairement centré sur les conflits intérieurs qui dominent dans une Corée plus que jamais scindée en deux. A travers cette nébuleuse histoire d’espionnage et contre-espionnage à l’échelle planétaire (la première séquence fait intervenir les forces nord-coréennes, sud-coréennes, américaines et le Mossad !), le cinéaste s’interroge sur la portée politique de ces organisations de l’ombre, à haute teneur nationalistes, destinées à confondre le voisin en furetant dans ses propres galeries. Mais dans lesdites galeries abondent les taupes et les agents doubles. Et Pyo, agent nord-coréen chevronné qualifié de "fantomatique" en égard à ses capacités d’infiltration, se voit suspecté d’être le traître qui risque de faire vaciller la nation. Il a donc à ses basques un agent spécial sud-coréen et un autre agent nord-coréen chargé de débusquer la taupe, quelle qu’elle soit.

D’entrée de jeu, The Berlin File abat des cartes qu’on croit distribuées à l’aveugle. Au sein de cet imbroglio où s’accumulent les personnages et les forces, les étiquettes n’adhèrent pas, l’identification se brouille, les repères s’effacent. Une confusion prisée par le cinéaste qui atteste une nouvelle fois qu’il aime les situations confuses se délayant au fil de l’œuvre (voir l’entrée en matière de The Unjust pour s’en convaincre). Le brouilleur enclenché, il touche l’entièreté de l’œuvre car, malgré un récit qui s’enracine particulièrement dans le situation politique mondiale actuelle, les références elles semblent découler d’un autre âge tant dans la construction du cadre (Berlin la polyglotte, centre des influences mondiales) que dans sa retranscription du monde de l’espionnage, héritée des 70’s (le travail de la photographie imprime cette atmosphère à la pellicule).

Des balises identifiables pour jalonner un parcours qui se révèle ardu pour le spectateur, bientôt récompensé de sa persévérance, tant The Berlin File parvient à maintenir ses deux caps sur la durée : raconter une histoire de qualité, relativement passionnante et offrir un instantané à peine romancé des jeux de dupe qui prédominent entre les représentants des deux parties de la nation capables de substituer au patriotisme des intérêts plus humains. Un nouveau "polar" sous influences très bien troussé pour Ryoo Seung-wan qui pourra compter sur cette carte de visite calibrée pour l’international.


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