Critique de film

The Bar

"El Bar"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Thriller
  • Année de production : 2017
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne, Argentine
  • Durée : 1h42
  • Musique : Carlos Riera, Joan Valent
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Madrid, 9 heures du matin. Des clients, qui ne se connaissent pas sont dans un bar. L'un d'entre eux sort et se fait tirer dessus, les autres se retrouvent bientôt prisonniers du bar.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Bar - Accoudé au comptoir
Par : Damien Taymans


Elena est à deux doigts (ou plus ?) de conclure lors de son rendez-vous galant. Seul petit pépin en ce début d’une magnifique journée : son portable est à plat et nécessite un rechargement urgent. Chargée de son décolleté et d’une sublime paire de cuissardes, Elena pousse la porte d’un bar lambda pour y quérir de l’aide. Mauvaise idée : ledit bar, en plus d’être peuplé d’individus pas tous très recommandables, situé au cœur d’une petite rue tranquille, doit bientôt tenir ses portes closes étant donné que tout ce qui s’en approche est fusillé sur le champ par des snipers invisibles. C’est que cet endroit habituellement mal famé vient juste de se transformer en un petit mouroir depuis qu’un individu a eu le bon goût de venir y clamser d’une étrange maladie dans les chiottes. Pour Elena et ses congénères, il s’agit désormais de pouvoir s’évader. Mais, pour cela, inutile de faire appel à un ami. D’abord parce qu’il faudrait avoir un portable en état de marche. Ensuite parce qu’il y a de grandes chances pour que ce dernier n’atteigne même pas le seuil du bâtiment...

Subsiste à la suite de la projection du dernier film d’Alex de la Iglesia l’impression désagréable et tenace de l’avoir déjà vu et ce en de multiples occasions. Et pour cause : assisté de son fidèle scénariste Jorge Guerricaechevarria, Alex de la Iglesia réunit autour de lui un casting composé d’habitués. Au centre de toutes les préoccupations masculines, la plantureuse Blanca Suárez, vue dans My Big Night, retrouve Carmen Machi avec laquelle elle partageait l’affiche du dernier de la Iglesia. Terele Pávez continue de hanter la filmo du cinéaste (du Jour à la Bête aux Sorcières de Zugarramurdi), tout comme Jaime Ordóñez présent dans les trois dernières péloches de ce pilier du cinéma de genre hispanique. Cette réunion d’amis et de trognes connues ne dénote aucunement avec les dernières œuvres de de la Iglesia, ce qui est précisément son plus grand défaut.

Très inspiré de l’univers théâtral, le cinéma du réalisateur d’Action mutante se délecte de ces huis clos qui lui permettent de travailler son unité de lieu avec l’ingéniosité qu’on lui connaît. Jorge et lui se repaissent à nouveau de dialogues truculents et affublent chacun de leurs protagonistes de saillies verbales qui, si elles ne servent pas l’intrigue, rehaussent l’aspect comique de l’ensemble. Une comédie immuable aux mécanismes parfaitement huilés. Hélas, les cordes qu’actionne le tandem paraissent in finie bien élimées. A bien y regarder, chaque film semble n’être qu’une copie du précédent au point qu’on ne saisit plus trop ce qui différencie My Big Night et Un jour de chance de ce film-ci. Dès les premières minutes, l’horlogerie finement orchestrée se met en marche : le métrage se découpe en trois tableaux, chacun bénéficiant d’une petite demi-heure dans un nouveau décor. A mesure que les personnages s’enfoncent plus profondément dans les entrailles de la ville et qu’ils s’approchent du même coup du point de non-retour, le récit s’enlise en révèle que tous les enjeux ont été livrés sans qu’aucune de ces âmes de se distingue totalement.

Sur l’autel du bon mot, le tandem ibère a sacrifié ses personnages, destinés à n’être plus que de caustiques pourvoyeurs de punchlines déversant leur bile sur l’un ou l’autre protagoniste. A force d’alimenter ce culte de la saillie qui égratigne, Guerricaechevarria et de la Iglesia en oublient de traiter leurs persos relégués au rôle de silhouettes stéréotypées. L’acte ultime a beau permettre aux individus de se déchaîner, ils se sont déjà perdus depuis bien longtemps dans ce scénario autosuffisant, aussi brillant qu’inoffensif...


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