Critique de film

Synchronicity

"Synchronicity"
affiche du film

Un physicien invente une machine à remonter le temps, mais une mystérieuse femme fatale tente de la voler. Le physicien doit alors voyager dans le temps afin de découvrir la vérité sur la machine, cette femme et sa propre réalité.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Synchronicity - En ver et contre tout
Par : Damien Taymans

Jim Beale sent doucement le Prix Nobel se rapprocher. C’est qu’il en a sacrifié de longues années enterré dans son labo pour enfin réussir à mettre au point une invention qui ait un peu de gueule. Le prototype est presque prêt : il s’apprête à effectuer le premier voyage dans le temps en s’immisçant à l’intérieur d’un trou de ver composé artificiellement. Mais pour ce faire, il doit avant tout la jouer finement avec le mécène qui finance à coups de biftons et entend prendre la quasi totalité des mérites de l’invention, ne pas se laisser séduire par la jolie donzelle qui lui tourne autour et, pour ne rien arranger, ne pas foutre le souk dans les dimensions espace-temps qu’il a un peu chamboulées en effectuant le grand saut...

Après avoir fait ses armes de réalisateur aux côtés de David Bruckner et Dan Bush pour l’intéressant The Signal, Jacob Gentry s’illustre cette fois dans le registre de la SF cérébrale et se risque à se perdre dans les méandres des paradoxes liés aux voyages dans le temps. S’il évite cet écueil grâce à un script minimaliste qui ne favorise pas les collisions entre deux temporalités, Gentry signe pourtant une histoire à l’entame plutôt indigeste qui menace déjà de laisser le spectateur sur le bas-côté. Malgré une galerie de personnages peu étoffée, le récit multiplie les zones d’ombre en déroulant des enjeux assez flous et en optant pour un charabia pseudo-scientifique qui agit souvent comme cache-misère d’une science-fiction désargentée. En l’occurrence, si le cinéaste met un point d’honneur à composer une atmosphère anxiogène, renvoyant à Blade Runner et au steampunk, grâce aux jeux de lumière finement orchestrés, Synchronicity reste relativement inoffensif en raison des énormes ficelles qu’il actionne pour parvenir à ses fins (le jeu du chat et de la souris entre deux représentations du même être, un classique) et du manque de profondeur accordé à ses personnages.

Synchonicity est une oeuvrette sans relief qui tente ex nihilo d’explorer les voyages dans le temps mais ne se borne qu’à reproduire ce que d’illustres prédécesseurs ont déjà réalisé avant lui. Gentry signe un film mineur qui se contente de vivoter dans l’ombre d’autres créations nettement plus originales.


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