Critique de film

Suicide Squad

"Suicide Squad"
affiche du film

C'est tellement jouissif d'être un salopard ! Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Suicide Squad - Suicide critique
Par : Seb Brunclair

Après la débâcle Batman vs Superman, conspué autant par la critique que par le public, Warner avait fort à faire pour réhabiliter le DC Universe filmique auprès des fans. En promettant un film complètement barré et fun, bandes-annonces colorées et tonitruantes à l’appui, le studio semblait bien décidé à reconquérir leur coeur à coup d’anti-héros à la Deadpool, succès surprise de ce début d’année, en opposition à la noirceur et au "réalisme" (toutes proportions gardées) propres à leur précédente production. Et c’est là que le bât blesse : en dotant son film d’une image pop et délurée visiblement pas voulue par son réalisateur au départ, le résultat se retrouve le séant entre deux chaises et se ramasse dès sa sortie une volée de critiques absolument désastreuses. Sont-elles pour autant totalement justifiées ?

Le concept ? Une bande de méchants réunie pour combattre un méchant encore plus méchant. Ca ne vole forcément pas bien haut d’un point de vue scénaristique, et c’est même carrément invraisemblable d’emblée. Le pitch est prétexte à introduire des personnages de l’écurie DC encore jamais vus sur grand écran, dont la fameuse Harley Quinn, frappadingue follement amoureuse du Joker apparue dans l’excellente série animée Batman des années 90, ou encore Deadshot, le tueur à gages qui ne rate jamais une cible. Autres membres de la bande, on retrouve notamment Captain Boomerang, sidekick comique à l’accent australien bien typé, El Diablo le pyromane latino ou Killer Croc, le reptile humain (ridiculement chétif par rapport à ses représentations habituelles).Chargées de présenter toute cette clique, les vingt premières minutes laissent présager d’un fameux ratage. Typographie flashy et enchaînement de classiques rock à chaque nouvelle scène, le montage est une horreur de coolitude forcée et horripilante.

La raison est toute simple : selon des sources apparemment bien informées, le studio s’est chargé, parallèlement à la version du réalisateur David Ayer, d’un montage fun et pop, ayant notamment nécessité des reshoots, afin de rendre le tout plus léger et, probablement, de surfer sur l’effet Deadpool. Le résultat à l’écran serait au final un compromis, un mélange entre ces deux visions bien distinctes. Résultat ? Un film bâtard qui met un sacré temps avant de trouver ses marques. Mais soyons clairs : non, Suicide Squad n’est pas la purge annoncée par la plupart des critiques. C’est un film malade qui, lorsqu’il finit enfin par troquer son côté djeun’s et ses présentations maladroites contre de vrais moments de bravoure en équipe, devient à la fois un vrai divertissement et un bon film de groupe, les acteurs faisant preuve d’une sacrée alchimie.

Certes, Harley Quinn (espiègle et formidable Margot Robbie) et Deadshot (Will Smith qui fait du Will Smith, mais du bon), et dans une moindre mesure le Joker (Jared Leto, qui la joue "bandit bling bling", pour un résultat qui a au moins le mérite d’innover par rapport à ses prédécesseurs) intéressent beaucoup plus le réalisateur que ses compères, qu’il réduit au statut de sidekicks comiques (Captain Boomerang et Killer Croc) ou de figurants (Katana) ; signalons toutefois la performance touchante de Jay Hernandez en El Diablo, sans doute une des plus jolies surprises du film. Mais ce déséquilibre n’enlève en rien le plaisir de voir évoluer ce petit groupe qui se révèle étrangement attachant et homogène et qui permet au film de tenir largement la route, une fois passée la mauvaise surprise initiale.

C’est certain, Suicide Squad ne révolutionnera pas l’adaptation de comics. S’il n’est pas un grand film, il est encore moins une bouse à éviter absolument. Mené par des acteurs de talent, proposant de vrais bons moments, un rythme soutenu et un bon quota de punchlines, on en retiendra malheureusement principalement sa schizophrénie et un contenu très différent de ce qu’on a pu essayer de nous vendre. Revoyez vos attentes et prenez le film de David Ayer pour ce qu’il est : une alternative maladroite, irréaliste mais vraiment divertissante aux films de super-héros pompeux et prétendument profonds. Et rien que pour ça, il ne mérite absolument pas l’acharnement critique dont il est victime.

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