Critique de film

Subconscious Cruelty

"Subconscious Cruelty"
affiche du film
  • Genre : Gore
  • Année de production : 2000
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Karim Hussain
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h32
  • Budget : 100 000 dollars canadiens
  • Scénariste : Karim Hussain
  • Musique : Teruhiko Suzuki
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Brea Asher, Ivaylo Founev, Eric Pettigrew, Christopher Piggins
  • Récompenses : Aucune

Lorsque l'hémisphère droit du cerveau prend le dessus sur la gauche, les individus éprouvent des désirs de sang et de sexe. Premier segment : un homme éprouve des désirs incestueux envers sa soeur enceinte et tue le nouveau né à sa naissance. Deuxième segment : des personnes nues font une orgie sanglante avec la terre. Troisième segment : Un cadre dynamique se masturbe devant des vidéos pornos et des extra-terrestres lui font une piqûre au cerveau pour détruire son hémisphère droit. Quatrième segment : Jésus-Christ se fait violer et dévorer par des vampiresses nues.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Subconscious cruelty - L’horreur érigée en art
Par : Chroniqueurs


Par Nicore

Peu connu de ce côté-ci de l’Atlantique malgré sa participation active à l’élaboration du script du Abandonnée de Nacho Cerda, Karim Hussain compte pourtant à son actif plusieurs films. Parmi cette filmographie assez reluisante, le très spécial Subconscious cruelty, son premier long métrage, une œuvre expérimentale et avant-gardiste, symboliquement et visuellement très virulente.
Le script se découpe en plusieurs tableaux indépendants et éloignés de toute logique narrative pour laisser s’exprimer des sentiments obsessionnels forts tournés vers le gore underground et la sexualité déviante.

Après un court laïus sur le pouvoir du cinéma, le métrage s’attache à clamer l’orientation des deux hémisphères du cerveau, le gauche étant dédié au rationnel et le droit aux émotions et à la créativité. Pour étayer son propos et amorcer la destruction de l’hémisphère gauche, une petite fresque avance une demoiselle étendue nue sur une table qui se voit entailler le bas-ventre pour qu’une main en sorte un œil et son cordon oculaire à la symbolique forte et graphique.

Le premier véritable segment du métrage nous met en présence d’un homme veillant sur sa sœur enceinte, mais celui-ci, dont la voix-off accompagne l’ensemble de cette partie du film pour s’immiscer dans les pensées tortueuses, flirtant ainsi avec l’inceste et démontrant une obsession perverse envers le sexe et les femmes en général, va au final railler le miracle de la naissance en tuant l’enfant de sa sœur à peine sorti de son ventre. Séquence terriblement éprouvante par sa son aspect cru à toute épreuve qui achève de manière excessive et épouvantable cette petite plongée intimiste dans un esprit dérangé.

Ensuite vient un interlude non-sensique où six personnages (deux hommes et quatre femmes) nus et couverts de boue, façon Fort Boyard, se trémoussent dans une prairie avant de goûter au plaisir d’un magma sanglant sorti de terre, ou d’un liquide sanglant dégoulinant d’une branche d‘arbre cassé. Par le biais de l’imagerie sexuelle, Hussain crée une métaphore sur le viol de la Nature qui apporte un peu de légèreté après la douloureuse expérience précédente.

Témoin privilégié de cette peinture libidineuse, le dernier segment narre l’histoire d’un homme qui s’adonne aux plaisirs solitaires (onanisme, quand tu nous tiens !) devant un film X avant d’être méchamment mutilé à l’entrejambe par des extra-terrestres lui inoculant un sérum dans l’hémisphère droit du cerveau. Déjà irrévérencieux à souhait, le métrage pousse ensuite dans l’anticléricalisme en exposant un Christ qui se retrouve attaqué par trois succubes qui vont le mutiler et littéralement le dévorer avant qu’une dernière hérésie ne vienne clore définitivement ce tableau s’attaquant de manière outrancière et extrêmement sanglante à la foi chrétienne.

Malgré la disparité visuelle des différentes parties du film, on peut donc y voir une allégorie de ce qui adviendrait si la partie gauche du cerveau prenait le contrôle en réclamant du sexe et du sang. Cette hypothèse offre l’opportunité à Karim Hussain de se livrer corps et âme dans une longue succession de délires jusqu’au-boutistes mêlant les aspects sexuels et sanglants libérés de tout tabou pour chercher à choquer et à troubler son spectateur, celui-ci devant au-delà même des images essayer de comprendre les messages subversifs délivrés par le réalisateur.

Mais attention, il ne faut pas s’attendre ici à une œuvre légère et abordable. En effet, l’esthétisme du métrage est ouvertement tournée vers l’expérimentation et une certaine "poésie" onirique se moquant de toute continuité dans son discours résolument troublant et viscéral. Ce qui explique les démêlés que l’auteur a connu avec la censure, puisque son film est carrément "non grata" en Angleterre alors qu’une partie de rushes avaient été confisqués par les autorités canadiennes.

En plus de l’aspect visuel très fort du métrage, Karim Hussain a donc également ajouté une dimension philosophique non négligeable à l’ensemble, se prêtant à diverses interprétations selon les orientations et les sensibilités de chacun, autour des thèmes ici abordés, tels que l’infanticide ou encore cette écologie douteuse et bien entendu cette profanation de la Foi chrétienne.

L’interprétation est largement secondaire dans un tel film privilégiant le côté artistique à une réelle progression dramatique, mais les différents acteurs s’en sortent plutôt bien dans ces rôles parfois peu faciles nécessitant une absence de complexe.

La mise en scène de Karim Hussain est évidemment exacerbée par l’approche avant-gardiste du métrage qui lui donne un cachet spécial original mais qui pourra en rebuter plus d’un. Les effets spéciaux sanglants sont clairement réalistes en se vautrant dans un gore franc et sordide.


En définitive, ce Subconscious cruelty passera pour une œuvre abondamment étrange et surréaliste, choquante et déviante qui risque d’offusquer énormément le spectateur non aguerri à ce genre de métrages provocateurs et subversifs !

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