Critique de film

Dark Clown

"Stitches"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Irlande
  • Durée : 1h26
  • Musique : Paul McDonnell
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : --

Un clown lubrique meurt durant un anniversaire organisé pour des enfants. Des années plus tard, il revient avec la ferme intention de tous les massacrer. La fête peut enfin (re)commencer...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Stitches - Clownhouse
Par : Damien Taymans


Plus souple qu’Arlequin et plus brave qu’Achille,

C’est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;

Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,

Ses yeux ne vivent pas dans son masque d’argile.

Les vers de Verlaine auraient-ils sonné si justes s’il s’était échiné à décrire le clown Stitches ? L’œil torve et le maquillage écaillé de ce sinistre amuseur auraient-ils inspiré celui qui, entre deux verres d’absinthe et trois vers de douze pieds, taquinait la muse en compagnie de Rimbaud. L’original, pas le John. Presque défroqué, pas encore anobli, Stitches est de ces pitres ratés qui traînent leur pointure 52 d’anniversaire en anniversaire pour subir les railleries de mômes devenus bien hermétiques à la magie d’un numéro de jonglage ou d’une fleur à eau. Et quand les lardons arrosent l’arroseur c’est avec perte et fracas : le loser au nez rouge s’empale la trombine sur un couteau de cuisine rangé dans le lave-vaisselle. Peu importe : la magie gagnera tôt ou tard le cœur des petits empaffés. Quand, par exemple, ledit clown s’exhumera de son linceul pour venir botter leur popotin. Avec une pointure 52, ça risque de dépoter...

Les Fratellini et Achille Zavatta peuvent se pavaner en prétendant avoir fait sourire des milliers d’enfants, ils ont aussi, sans le savoir, provoqué des névroses chez des générations de braillards en culottes courtes, effrayés par le grimage approximatif de ces Picasso animés. Le cinéma d’épouvante a d’ailleurs très tôt incorporé au sein d’un bestiaire déjà débordant de créatures immondes et de monstres mythiques cette incarnation de la psychose enfantine. Qu’ils viennent d’ailleurs (Killer clowns from outer space) ou crèchent à deux pas (Clownhouse), qu’ils offrent des boules (We all scream for ice cream) ou les foutent aux mioches (It), ces trublions à pompons traumatisent à chaque tour de passe-passe et à chaque nouvelle grimace forcée. Aussi l’ouverture craspec présentant un clown pathétique et paumé rejeté par ceux qui sont censés le vénérer tranche-t-elle avec l’imagerie traditionnelle. Tout autant que la tragédie qui le frappe. Mais Conor McMahon ôte trop rapidement ce fard pour céder à la facilité : sans grimage, il enquille les clichés hérités du bis hollywoodien et tente désespérément de donner du lustre à une série de djeunz fadasses végétant dans un bahut lambda en compagnie d’autres caricatures adolescentes quelques jours avant un "party" sur le lieu même du drame. La mise en place est fastidieuse, la mise en scène peu inspirée, les dialogues creux.

Stitches, privé de nez rouge, n’a décidément rien dans le bide. Et ne se montre intéressant que lorsque son boogeyman s’amuse à visiter celui des autres. Dans le dernier tiers, la machine s’emballe (enfin !) : les viscères se déploient, les têtes explosent, les yeux sont énucléés. Cette péloche irlandaise précédée d’une bonne réputation s’assimile à un tour de grand roue : jouissif quand elle prend de la hauteur, assommante quand elle devient plus terre-à-terre...


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