Critique de film

Starry Eyes

"Starry Eyes"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h38
  • Musique : Jonathan Snipes
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Des filles comme Sarah, Los Angeles en compte des milliers. Ravissante actrice en devenir, elle se voit obligée de bosser dans un fast food de seconde zone en attendant d’obtenir un rôle à Hollywood. Alors lorsqu’un producteur la contacte suite à un casting, elle pense avoir décroché la lune. Oui mais voilà, Sarah se rend vite compte qu’elle va devoir donner de sa personne pour arriver à ses fins. Elle se retrouve alors confrontée à un dilemme : préserver son intégrité et refuser le rôle ou déroger à ses principes moraux pour saisir cette incroyable opportunité, quitte à vendre son âme au diable ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Starry Eyes - Les portes de la gloire
Par : Damien Taymans




"Rêver un impossible rêve" chantait Brel personnifiant l’Homme de la Manche. L’inaccessible étoile, Sarah y songe depuis un petit temps. Elle espère décrocher la timbale et s’inviter dans le gotha hollywoodien, crever les planches et devenir la nouvelle coqueluche du cinéma. Mais la réalité, âpre et surette, la rappelle à la raison : elle crèche en coloc avec un tas de ratés qui nourrissent des ambitions bien moindres et elle tortille le croupion dans un legging ultra-serré pour assurer la promotion de la Grosse Patate. Une audition risque de bouleverser cette existence monotone, une audition pour un film d’horreur, certes, mais une audition quand même. Et finalement, est-ce si important qu’on lui demande de s’arracher les cheveux, de préférer la tenue d’Eve ou de passer par la promotion canapé ?

Kevin Kolsch et Dennis Widmyer se lancent dans une première expérience sur format long, après avoir collaboré pour divers courts-métrages à forte connotation horrifique. Les prémices de Starry Eyes se situent plutôt dans une péloche d’une trentaine de minutes shootée par le seul Kolsch, Ext. Life, qui suivait une jeune actrice en proie à une expérience de voyage astral. Si le propos s’avère moins orienté SF pour le coup, l’arrière-plan demeure quasi identique. Hollywood et son univers impitoyable, ses coups fourrés, ses masses de starlettes aux ambitions débordantes et ses producteurs lubriques avides de nouveaux petits orifices à même de les combler sous le bureau. Rien de nouveau sous le soleil. Dès lors que le pas est franchi pour l’héroïne, sa descente en enfer s’amorce : bousculée psychologiquement par cette fellation honteuse, mordue dans sa chair par quelque manipulation, l’actrice en devenir attend patiemment sa renaissance. Une renaissance qui nécessite un sacrifice triple : moral d’abord, physique ensuite, sociétal enfin. En soi, l’analyse épouse une certaine réalité, celle de la plupart des newbies dans le monde cruel et impitoyable du show-biz.

A l’écran, cette déliquescence graduelle bénéficie de peu d’inventivité : à mesure que le récit progresse (ou régresse, c’est selon), la mignonne Alex Essoe perd en sex-appeal et l’aura que possédait l’actrice s’amenuise radicalement pour ne plus devenir qu’un tas d’os braillard sans relief. Moins incisif qu’un Helter Skelter, aussi bourrin qu’un Contracted (présenté à Neuchâtel l’an dernier), Starry Eyes se contente de s’en tenir au cahier des charges en proposant quelques séquences assez sanglantes qui annihilent tout le potentiel "malsain" (les crises de l’héroïne s’arrachant les cheveux) qui semblait promis dès l’entame. Un petit coup dans l’eau pour cette modeste production aux ambitions bien plus légères que celles de son actrice principale...


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