Critique de film

Star Wars: Épisode VII - Le réveil de la Force

"Star Wars: The Force Awakens"
affiche du film
  • Genre : Science fiction
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h15
  • Musique : John Williams
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Plus de 30 ans après la bataille d'Endor, la galaxie n'en a pas fini avec la tyrannie et l’oppression. Les membres de l'Alliance rebelle, devenus la « Résistance », combattent les vestiges de l'Empire réunis sous la bannière du « Premier Ordre ». Un mystérieux guerrier, Kylo Ren, semble vouer un culte à Dark Vador et pourchasse les ennemis du Premier Ordre à travers la galaxie. Au même moment, une jeune femme nommée Rey, pilleuse d'épaves sur la planète désertique Jakku, va faire la rencontre de Finn, un Stormtrooper en fuite...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Star Wars VII - Réunion de famille
Par : Seb Lecocq

On y est enfin. Après des mois d’attente, de teasing savamment orchestré et de marketing viral, le film le plus attendu de la décennie sort enfin sur les écrans. Envolés les goodies, évaporée la campagne marketing plus qu’envahissante, terminées les exigences paranoïaques des studios puisque débarque le film tout nu face au spectateur. Le nouveau Star Wars, premier d’une très longue série de films/téléfilms à venir, est enfin là, débarrassé de tous ses oripeaux pour s’exposer sans fard, en pleine lumière aux yeux de celui qui, dans le noir, l’attend depuis des lustres et trépigne, piégé quelque part entre l’impatience, la peur et la joie. C’est parti pour un voyage garanti 100% sans spoilers « A long time ago in a galaxy far, far away…  »

Ce qu’on peut constater dès la première image, plus encore, avant même la première image, avant même l’apparition du logo Lucasfilms, dès que le noir se fait en réalité, c’est que l’effet Star Wars marche en plein. L’obscurité totale point et on attend l’apparition du logo vert, le texte défilant et la première note de la légendaire partition de John Williams. On lit le texte, puis l’espace, un pano vers le bas nous montre une planète et nous voici, pour de bon, embarqués dans une nouvelle épopée aux confins de la galaxie. De suite, on retombe dans un univers connu, graphiquement, esthétiquement, en un seul plan, les pratiquement huit heures de la prélogie sont effacées, enterrées, ringardisées. J.J Abrams a bien compris ce qui ne fonctionnait pas dans les épisodes I, II et III et rectifie le tir d’emblée.

Ce que les fans veulent voir c’est l’Empire, la Rébellion, Solo, Leia, Luke, Chewie et toute l’équipe, des X-Wing, des Tie Fighters, le Faucon.... Et en effet, tout est là et bien là, que ce soit simplement évoqué ou en plein cœur de l’intrigue. A ce titre, les passerelles entre la Trilogie et cette « après-logie » sont si grosses qu’il serait plus juste de parler d’aqueduc que de passerelles. Ce qui constituera d’ailleurs l’un des défauts majeurs du film. Trop de fan service tue le fan service même si, de façon un peu perverse, c’est aussi cette abondance d’éléments connus qui donne à l’œuvre son énorme côte d’amour. En l’état, cet épisode VII est clairement le film de la reconquête des fans encore déçus, voir traumatisés, par la prélogie. Pour cela, toute la team Abrams a décidé de faire du (presque) neuf avec du vieux. On retrouve tout un tas de nouvelles planètes, de nouveaux personnages, une faune entièrement renouvelée et tout cela trouve sa place au sein d’un film totalement cohérent avec l’univers dans lequel il prend place. A force de vouloir bien faire, il en fait trop aussi, dans l’humour notamment avec un second degré qui n’a pas sa place dans un Star Wars, ce sera là la seule vraie grosse faute de goût de l’entreprise.

J.J avait annoncé la couleur, Le Réveil de la Force a pour but de réconcilier les anciens fans et nouveaux venus, vierges ou presque de toute référence à l’univers. De ce côté-là, le pari est réussi, les néophytes peuvent tout à fait s’immerger dans l’intrigue assez simpliste tandis que les anciens retrouveront l’esprit serialesque respecté par l’équipe d’Abrams. Un metteur en scène qui, malgré quelques tics de réalisation encore visibles et autres plans-signatures, s’éclipse derrière son œuvre pour mieux la fondre dans le grand Livre de la saga intergalactique. L’intrigue est connue et ne déviera jamais des grandes lignes évoquées par les divers trailers parus jusqu’ici. Quand on s’appelle Disney, la prise de risque est un terme qui n’existe pas et cette frilosité peut agacer par moment tant le film capitalise sur les épisodes de la Trilogie, A New Hope en tête. A un point tel que par certains aspects, Le Réveil de la Force se pare des atours du reboot articulé autour d’un McGuffin qui ne dit pas son nom.

Pourtant, tout débute parfaitement bien avec l’introduction des nouveaux personnages dont la stupéfiante Rey, vraie star de ce nouvel épisode qui s’impose comme l’égale des plus emblématiques personnages de la saga imaginée par Lucas. Un personnage totalement starwarsien qui traîne sa solitude dans des décors désolés, parsemés de carcasses et de débris de l’ancien Empire. Là, J.J iconise son univers et pose les bases de cette nouvelle trilogie. Outre Rey, on découvre Finn, le déserteur du Premier ordre, moins convaincant que son homologue féminin et puis BB8, le droïde facétieux, petit frère de R2-D2. Ce trio va occuper la majeure partie du premier acte, le plus réussi, le plus innovant aussi. Pour le côté obscur, on retrouve Kylo Ren, sorte de cosplayer fan de Dark Vador à l’épée triple lame qui aura tellement fait parler d’elle et toute une foule de généraux du Premier Ordre qui s’incrivent dans la droite lignée de l’Empire. Tout ce petit monde va s’ébrouer pendant une bonne quarantaine de minutes passionnantes qui font revivre une magie que l’on pensait à tout jamais disparue. C’est là que J.J Abrams et Lawrence Kasdan vont commettre leur seconde erreur : faire revenir tous les anciens personnages de manière parfois complètement anarchique. Mais, étrangement, comme pour tout le reste du film, ces défauts, ces erreurs sont transformées en qualités car ces personnages répondent à 100% aux attentes du public qui prend un plaisir immense à les revoir sur un écran de cinéma. A ce titre, la plus belle scène du film, est une séquence dialoguée toute simple entre Leia et Solo. Un comble pour un métrage qui multiplie pourtant les séquences d’action et de combats.

Malgré son absence d’enjeux et les autres défauts cités plus haut, ce Star Wars déborde d’énergie et de sincérité, un terme qui peut paraître un peu étrange pour une grosse entreprise comme celle-ci mais on sent réellement que J.J Abrams a pris un pied monstrueux à réaliser ce film. S’il ne sera jamais le plus grand metteur en scène de l’histoire, le bonhomme a pris soin de moderniser l’ensemble tout en conservant un certain esprit Star Wars. Les scènes d’action sont efficacement réalisées et parfaitement rythmées par un John Williams qui, s’il n’égale pas la puissance de la partition des Episodes I et III, signe une BO tout à fait correcte en adéquation avec le récit. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie jamais, scotché par les nombreuses péripéties qui s’enchaînent dans un vrai esprit space opera et qui, il faut le dire, font vachement plaisir. S’il est un grand film d’aventure, ce Réveil de la Force est aussi, à l’instar des précédents, une histoire de famille composée, déchirée, décomposée, recomposée, d’adoption, de substitution. Les liens familiaux réels ou fabriqués sont encore une fois au cœur d’un récit qui, s’il peine à instaurer de vrais enjeux, bénéficie d’une finesse d’écriture dans les petits détails et les dialogues qui en font un film plus riche que ne peut le laisser supposer une froide analyse de son script.

D’ailleurs, ce Réveil de la Force, dont le titre résume parfaitement bien l’intrigue, est un film qui se base sur les émotions proposées plus que sur une quelconque analyse technique ou thématique. C’est peut-être simple et un peu bête d’écrire ça mais c’est pourtant vrai. De par la nostalgie qu’il a su parfaitement exploiter, un peu trop même, Abrams entraîne le spectateur dans un tourbillon d’émotions tout en posant les bases d’une nouvelle trilogie repartie sur les bases des origines. On rit, on trépigne, on sursaute, on sourit, on pleure, on s’agace un peu aussi mais jamais on ne s’ennuie ou on ironise.Surtout, on prend du plaisir, beaucoup de plaisir car n’oublions pas que Star Wars VII est avant toutes choses une œuvre de divertissement et contrairement à des nombreux blockbusters faussement sombres et torturés, le cynisme n’a pas sa place ici. Le manichéisme a toujours été placé au centre de l’univers. Il y a d’un côté les méchants, de l’autre les gentils et à un moment il faut choisir son camp. Un film paradoxal qui transforme la plupart de ses défauts en d’immenses qualités car il a compris que plus qu’au cerveau, c’est au cœur des fans qu’il fallait s’adresser. Et quand on parle avec son cœur, on est toujours entendu. Et écouté.


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