Critique de film

Stand by me

"Stand by me"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1986
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Rob Reiner
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h29
  • Budget : 8 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen King (nouvelle) / Raynold Gideon, Bruce A. Evans (scénario)
  • Musique : Jack Nitzsche
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Wil Wheaton, River Phoenix, Corey Feldman, Jerry O'Connell, Gary Riley, Kiefer Sutherland, Casey Siemaszko, Bradley Gregg, Jason Oliver, Marshall Bell
  • Récompenses : Readers' Choice Award du Meilleur film étranger au festival Kinema Junpo en 1988

Un événement peu ordinaire va marquer la vie du jeune Gordie Lachance. Au cours de l'été 1959, un adolescent a disparu mystérieusement dans l'Oregon. Gordie et ses inséparables copains, Chris, Teddy et Vern savent qu'il est mort pour avoir approche de trop près la voie ferée, un train l'a heurté. Son corps git au fond des bois. C'est le frère de Vern qui l'a découvert. Les enfants décident de s'attribuer le scoop et partent pour la grande foret de Castle Rock. Cette aventure va rester pour Gordie et ses trois amis la plus étrange et la plus exaltante de leur vie.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Stand by me - Un film pour enfant
Par : Chroniqueurs


Par Dante

Stephen King n’est pas qu’un auteur de roman fantastique ou d’horreur. Le maître du genre a également la capacité d’émouvoir avec des histoires simples, touchantes et toujours sincères. Et c’est le cas avec sa nouvelle The Body adaptée sur écran par Rob Reiner, qui semble apprécier ce côté de l’œuvre du King puisqu’il réalisera par la suite son cinglant Misery.

Suivant le périple d’une bande de copains partis à la recherche d’un cadavre pour tirer la gloire, Stand by me se pose comme une comédie dramatique, une plongée dans le monde de l’enfance, doublée d’un voyage initiatique qui se révélera être le passage vers l’âge adulte de façon prématurée pour ces héros. Dis comme ça, le film sent l’œuvre démago, porteuse de valeur de supermarché. Pourtant, le romancier, à l’instar du réalisateur, évite soigneusement les écueils propres à ce type de cinéma.

Au cœur de nombreuses de ses nouvelles, c’est l’amitié qui est ici mise en avant, et qui sera surtout mise à l’épreuve. Loin de la violence d’un Ca ou du fantastique d’un Dreamcatcher, les héros enfantins sont tout simplement confrontés à eux-mêmes, à leurs doutes et à leurs démons. La nature, agréable ou hostile, ne sert que de cadre au récit, magnifiée malgré tout par quelques panoramiques magnifiques.

C’est bien beau tout ça, mais que se passe t-il alors dans ce film ? Rien mes braves... Mais, rassurez-vous, la courte durée du film (85 min) évite tout ennui dès lors qu’on arrive à se plonger dans ce monde, qui d’une part, n’est plus vraiment le nôtre (l’enfance) et d’autre part, ne ressemble en rien à ce que nous connaissons (glissement géographique oblige). Plaçant son récit dans une ville reculée des Etats-Unis, Stand by me flirte avec le côté biographique, que nous autres Européens avons du mal à saisir. Rajoutez à cela pas mal d’expressions passées de date chez nous, des insultes à toutes les phrases et des chamailleries entre gosses pas toujours crédibles. Car si l’ensemble reste authentique et véritablement touchant, Reiner a parfois forcé un peu le trait, essayant de nous faire entrer de force dans un monde qui n’est pas le nôtre, usant parfois de quelques stéréotypes sur l’adolescence ou forçant sur la naïveté (le dialogue sur Gooffy).

Malgré quelques petites erreurs de parcours, Reiner parvient tout de même à livrer une œuvre intelligente, montrant avec justesse les travers d’une jeunesse possédant ses propres peurs et mythes. D’autant plus intéressant qu’on s’intéresse ici à des marginaux, des gamins pas vraiment comme il faut. Et l’ellipse de l’histoire du mangeur de tarte aux airelles illustre parfaitement cette tendance, stigmatisant avec brio le désir de vengeance de ces enfants laissés pour compte pour de multiples raisons. Après on pourra passer sur la petite intrigue secondaire qui suit le film, c’est-à-dire la bande de loubards qui se traîne en voiture et ne cesse de chercher des crosses (dans jouer au hockey pour autant) aux héros en demi-portions. L’ensemble aboutit à une scène finale un peu téléphonée, qui reste pourtant très intense, mais que Reiner désamorce aussitôt, plongeant le spectateur dans une frustration inattendue.

Le film repose sur l’interprétation de ses jeunes acteurs, dont un seul restera dans la légende : le regretté River Phoenix. Epaulé par un Kiefer Sutherland en bad guy un peu périmé et un Richard Dreyfuss un peu sous exploité, le jeune ado au destin funeste restera à jamais gravé dans les mémoires. A noter également l’apparition de John Cusack à ses débuts.

Touchant, s’approchant parfois dangereusement du côté mièvre et stéréotypé, Stand by me reste une œuvre simple et attachante. Un film sans prétention, ni artifice, un petit bout de vie qui nous montre une autre facette du travail de Stephen King.

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