Critique de film

Stacy

"Stacy"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 2001
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Naoyuki Tomomatsu
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h20
  • Budget : Aucune
  • Scénariste : Chisato Oogawara (scénario) / Kenji Otsuki (nouvelle)
  • Musique : Tokusatsu
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Tomoka Hayashi, Yukijiro Hotaru, Natsuki Kato, Seigi Nogami, Toshinori Omi
  • Récompenses : Aucune

Dans un futur proche, une étrange malédiction semble toucher la plupart des jeunes filles de plus de 15 ans. D'abord atteintes d'une extrême gaieté constante (le Near Death Hapiness ou NDH), elles deviennent ensuite des Zombies avides de chair humaine. La seule façon de les tuer est alors de les découper en 165 morceaux. Un matin, une jeune fille se sachant atteinte du syndrome NDH rencontre un marionnettiste asocial.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Stacy - Stacy sous ecstasy...
Par : Damien Taymans




Le genre horrifique est considérablement servi par les zombie movies. Les métrages traitant des morts-vivants sont les plus représentés et ont donné lieu à de nombreuses variations tout à fait différentes sur le thème. Des variations tellement abondantes qu’on en vient à se demander si des innovations sont encore possible tant tout a déjà été fait des comédies burlesques (Evil dead) aux films d’action amphétaminés (Versus), des drames (Les Revenants) aux parodies adolescentes (La nuit des loosers vivants), des dérives goresques (Braindead) aux comédies musicales (La mélodie du malheur), … Mais en arriver à de telles conclusions hâtives reviendrait à ignorer les apports du continent asiatique qui parviennent bien souvent à étonner par leurs traitements aseptisés et leurs exagérations surréalistes.

Stacy fait incontestablement partie de ces œuvres originales sur le thème des morts-vivants. Originalité à bien des égards d’ailleurs. D’abord par son traitement exclusivement sexiste puisque seules les jeunes filles deviennent des zombies, faisant la part belle au sexe faible enclin dès sa puberté à se transformer en dévoreuses de chair. Ensuite par son mélange habile des genres de la parodie pure et dure à la poésie enchanteresse, Stacy balaie large et dérange par le biais de ses va-et-vient au sein des genres. Enfin, Stacy est original parce qu’un tel pitch n’est pas monnaie courante et qu’on ne peut que se réjouir de ce fléau qui attaque les jeunes filles pour les transformer en mortes-vivantes très peu alléchantes. Et Tomomatsu de ne pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il présente cette transformation en plusieurs étapes : adolescence normale, bonheur pré-mortem (sorte d’état chronique sous ecstasy), mort, résurrection et re-mort…

A côté de son côté original, le métrage contente le spectateur grâce à ses apports humoristiques et gore. L’humour est omniprésent et se décline de plusieurs manières : clins d’œil monstrueux aux grands films du genre (la tronçonneuse portative Bruce Campbell 2, la brigade d’intervention anti-Stacy baptisée Romero, …), situations burlesques (les tueries des Stacy) et hyperboles sociologiques (le prix Nobel qui recommande qu’on découpe les Stacy en 155 morceaux, le jour de reprise des déchets hebdomadaire des restes des Stacy, …). Dans cet ensemble désopilant, le gore fait son apparition à maints endroits donnant lieu à quelques éclaboussures d’hémoglobine, giclades de plasma et démembrements en tous genres.

Malheureusement, la douce folie qui prend d’assaut le métrage dès ses premières minutes (le réal ne perd vraiment pas son temps) s’enlise assez rapidement dans un joyeux bordel au sein duquel on ne se retrouve pas toujours. Des personnages multiples viennent remplir l’intrigue et de nombreuses mini-historiettes viennent compliquer le tout, nous laissant inéluctablement dans une incompréhension fâcheuse. Le pis de tout est que le scénario pour bordélique qu’il soit est rendu par des acteurs allant de mauvais à médiocres ce qui entache considérablement la bonne marche du film.

Stacy est donc une entreprise totalement folle aux influences manga assumées (le trio des jeunes filles détournant le système, les zombies aux allures débridées, les explosions de sang) et à l’humour cinglant et efficace. Devenant rapidement un no man’s land scénaristique, le métrage se laisse tout de même contempler facilement pour son côté décomplexé et pour ses exagérations gore…

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