Critique de film

Spy Time

"Anacleto, Agente Secreto"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Action
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h33
  • Musique : Javier Rodero
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Mauvaise passe pour Adolfo, agent de sécurité d’une trentaine d’années : l'amour de sa vie vient de le quitter car elle trouve qu’il manque d'ambition, il devient la cible de voyous à la solde de Vázquez, dangereux criminel qui vient de s’échapper de prison, et pour couronner le tout, il découvre que son père a une double identité. Ce dernier n’est pas un éleveur spécialisé en charcuterie mais un agent secret un peu déprimé qui a envoyé Vázquez derrière les barreaux il y a trente ans. Adolfo devra quitter sa zone de confort et faire équipe avec son père - personne avec laquelle il s’entend le moins sur terre - pour survivre à la vengeance de Vázquez tout en essayant de récupérer sa petite amie, entre fusillades et courses poursuites.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Spy Time - Agent Double Zéro
Par : Damien Taymans


Adolfo est un prodigieux tire-au-flanc à l’ambition constamment en berne : dans son costume de veilleur de nuit, il surveille le magasin les yeux mi-clos et privilégie à l’aventure une routine de vieux pantouflard composée de soirées pizza devant la télé. Sa petite amie, Katia, en revanche, se verrait bien sauver l’entièreté du tiers-monde en offrant des "free hugs" aux plus miséreux. Pourtant, le gamin possède des ressources insoupçonnées comme l’atteste la manière dont il a maitrisé et tué le tueur à gages qui pénètre dans son appartement. Il a de qui tenir : son paternel n’est autre qu’Anacleto, un agent secret de haut vol qui noie son rejeton dans le mensonge en s’inventant une vie de livreur. Mais son ennemi juré est parvenu à s’évader et a juré d’éliminer père et fils. La vérité va éclater au grand jour...

L’Ibère Javier Ruiz Caldera persévère dans l’exploration des genres à travers le prisme de la comédie. Auteur d’un Spanish Movie de sinistre mémoire, le cinéaste mettait tout le monde d’accord avec son second long-métrage, Ghost Graduation, primé entre autres au BIFFF. Avec Spy Time, il reprend à la lettre une recette similaire, détournant cette fois le genre d’espionnage en plongeant Imanol Arias dans le costard de pingouin d’un ersatz de 007. Agent secret paumé et provocateur, Anacleto abuse de son charme et néglige toute bienséance pour coffrer les ennemis de la nation, à l’image d’Hubert Bonisseur de La Bath et se retrouve souvent au cœur d’uns situation surréaliste comme Johnny English.

Si la mécanique humoristique fonctionne à plein régime (les gags sous la ceinture se voient gentiment proscrits au bénéfice de bons moments et autres éléments burlesques), la dynamique du film s’appuie essentiellement sur la relation, très buddy movie, entre le père et le fils interprété par Quim Gutiérrez, vu dans La Cara Occulta et Les Derniers Jours. L’alchimie transperce l’écran et entraîne instantanément la sympathie d’un public prêt à se gausser devant l’enfilade de cocasseries qui déferle sur l’écran.

Moins attachant et définitif que Ghost Graduation, Spy Time reste un très agréable divertissement aux gags de qualité certes variable mais aux rouages bien aiguisés (l’action cohabite très bien avec la comédie).


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