Critique de film

Speed Racer

"Speed Racer"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Larry Wachowski, Andy Wachowski
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h15
  • Budget : 120 millions de dollars
  • Scénariste : Larry Wachowski, Andy Wachowski, Tatsuo Yoshida
  • Musique : Michael Giacchino
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Emile Hirsch, Nicholas Elia, Christina Ricci, John Goodman, Melissa Holroyd
  • Récompenses : Aucune

Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Né pour ce sport à haut risque, il n'y a connu qu'un seul rival : son propre frère, le légendaire Rex Racer, fauché en pleine gloire et dont il est aujourd'hui l'héritier. Loyal à la firme de son père, Pops Racer, concepteur de sa puissante Mach 5, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Après s'être attiré par ce refus la haine du fanatique Royalton, Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poigné d'hommes d'affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course... Pour sauver l'entreprise familiale et sa carrière, Speed n'a d'autre issue que de battre Royalton à son propre jeu. Soutenu par sa famille et sa fidèle compagne Trixie, le pilote s'associe à un ancien rival, le mystérieux Racer X, pour remporter la course mythique qui coûta la vie à son frère : le terrifiant rallye "Crucible"...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Speed racer - Go Speed racer, go !
Par : Chroniqueurs


Par Colqhoun

Il y a quasiment 10 ans de cela, arrivait sur nos écrans ce qui s’est avéré être une révolution dans le monde du cinéma. Un film qui changea radicalement la donne en matière d’effets spéciaux et de scènes d’action survoltées. Les frères Wachowski réalisaient The Matrix. Aventure cyber-punk qui eu vite faite de devenir culte pour des milliers (millions ?) de spectateurs. Après 2 suites et une participation en tant que scénaristes et producteurs sur l’adaptation du comic book anarchiste V for Vendetta, Andy et Larry reviennent avec un film improbable sous les bras :Speed Racer.

Speed Racer est l’adaptation du premier dessin animé japonais qui connu un gros succès aux USA. A dire vrai, un succès tellement retentissant que sa diffusion, qui avait débuté en 1967, dura jusqu’à la fin des années 90 en diffusion alternative (et une nouvelle série a été lancée en parallèle de la sortie du film). Dans un monde futuriste, la course de voitures est LE sport qui réunit les foules. Speed Racer, un jeune homme qui se révèle être un champion hors-norme et courant sur les traces de son frère décédé quelques années auparavant dans un terrible rally, va se retrouver propulsé dans une sombre histoire de conspiration entre mafia et business men et devra alors compter sur le soutien de sa famille, de son mécano et de sa petite amie pour remporter les épreuves. Une intrigue un peu simpliste qui oppose méchants entrepreneurs friqués contre gentille famille unie dans l’adversité, le tout baigné dans une ambiance plutôt légère, grandement aidée par la musique pop et jazzy de Michael Giacchino (Call of Duty, the Incredibles, MI III) qui a repris et adapté le thème original avec beaucoup d’inventivité. Mais le film se veut frais, fun et décoiffant.

Il est peut-être un peu tôt pour se prononcer, mais il est clair que l’on avait jamais vu cela sur un écran de cinéma. Ou du moins, jamais poussé à ce point là. Dès les logos des studios au début du film, on se retrouve projeté dans un kaléidoscope de couleurs, un univers totalement autre, pop, psychédélique et résolument 60’s (jusque dans le design des véhicules, des bâtiments), dénué de tout repère géographique. Le monde de Speed Racer est un monde à part et les Wachowski vont le modeler à leur guise. Il faut aussi mettre de côté toutes velléités réalistes, le film assumant son côté synthétique d’un bout à l’autre par le biais d’effets spéciaux omniprésents (que l’on doit de nouveau à John Gaeta, inventeur du célèbre effet "bullet-time"). Mais si l’on accepte le concept, le film se révèle être alors un grand ride ébouriffant, alignant les morceaux de bravoure. Les courses sont évidemment le pilier central du film, son premier intérêt, et tout a été mis en œuvre pour les rendre "bigger than life". Les voitures foncent à des vitesses improbables sur des circuits qui se rapprochent plus du grand huit que des pistes de courses automobiles, bondissent par dessus les autres véhicules, usent de gadgets mortels pour évincer les concurrents, se rentrent dedans ou finissent même par exploser. La mise en scène des Wachowski est inventive, expérimentale même, dynamisant chaque image au maximum pour donner alors une sensation d’immersion qui se rapproche d’un jeu vidéo. Difficile de ne pas y penser d’ailleurs, lorsqu’une scène de combat entre plusieurs personnes semble tout droit sortie de Tekken. Speed Racer est, comme Matrix l’était, un film au croisement de différents médias, différentes technologies et qui met tout en œuvre pour tenir ses spectateurs en haleine. Et ce, dès le début du film et son montage qui joue sur les aller-retours présent/passé avec une aisance déconcertante.

Si l’histoire est plutôt naïve voir même un peu mièvre par moments, ça se laisse suivre sans ennui. Il y a de nombreux rebondissements et des personnages charismatiques (Roger Allam en Royalton est délicieux de cruauté) et les acteurs semblent vraiment tous à leur place. Tant Emile Hirsch (Into the wild) en Speed, que John Goodman, Susan Sarandon ou encore Christina Ricci et Matthew Fox.

Mais il y a le petit frère et son singe... Insupportable petit frère, sidekick de service qui passe son temps à hurler n’importe quoi et à plomber les scènes familiales qui permettent de se reposer entre les courses. On sent la volonté d’introduire un personnage auquel les enfants puissent s’identifier (c’était déjà le cas dans le dessin animé), le film n’étant, dans son ensemble, pas forcément très accessible pour les plus jeunes. Mais cette tentative ruine plusieurs passages et tend vite à agacer. Speed Racer est un film un peu difficile à appréhender, car il oscille sans cesse entre bon gros divertissement familial et scènes relativement violentes, dramatiques ou vulgaires. On en vient d’ailleurs à se demander comment il fera pour trouver son public, tant cela ressemblerait presque à un suicide commercial (rappelons que le budget se monte à plus de 100 millions de $) ?

Speed Racer est un film qui partagera le public et les critiques. Inévitablement. Ses partis-pris vont tellement loin, avec cette multitude de couleurs flashy, de scènes d’action virevoltantes, qu’il risque de laisser pas mal de monde sur le bas-côté. Pourtant cela reste une expérience saisissante, une décharge d’adrénaline comme on en croise pas souvent et qui malgré ses défauts scénaristiques évidents se révèle être sacrément jubilatoire. La maîtrise des Wachowski et leur capacité à maintenir une cohérence sur toute la durée du film force le respect, parce qu’il était facile de partir dans tous les sens. Mais les réalisateurs s’en tirent avec les honneurs en lançant sur les écrans un film qui, on l’espère, fera encore parler de lui dans plusieurs années.

Et maintenant on se prendrait presque à rêver d’une adaptation live des Jetsons.

Go Speed Racer, Go Speed Racer, Go Speed Racer Go !


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