Critique de film

Soudain le vide

"Enter the void"
affiche du film
  • Genre : Drame, fantastique
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Gaspar Noé
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 2h40
  • Budget : 13,000,000 €
  • Scénariste : Gaspar Noé
  • Musique : Thomas Bangalter
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy, Masato Tanno,…
  • Récompenses : Prix du Jury et meilleure photographie (Benoît Debie) à Sitges 2009

Oscar et sa sÅ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Soudain le vide - Ultimate trip
Par : Samuel Tubez

Une fois de plus, ce nouveau choc cinématographique signé Gaspar Noé (Seul contre tous, Irréversible) n’est pas là pour nous caresser dans le sens du poil. Pur trip radical et existentiel prenant place dans la lumineuse métropole de Tokyo, Enter the void demande une totale implication de la part du spectateur. Êtes-vous prêts à pénétrer et à être pénétré par cet ultime voyage ?

Oscar vit avec sa sœur dans un appartement tokyoïte. Lui, junky de plus en plus accro au DMT, vit de petits deals de drogue tandis qu’elle est stripteaseuse dans un night club. Un soir, Oscar se fait abattre lors d’une descente de police. Son esprit quitte alors son corps mais refuse de quitter le monde des vivants, errant dans la ville et entremêlant passé et présent tout en se cherchant un futur…

Entièrement filmé en vue subjective grâce à une caméra virevoltante (le tour de force technique est impressionnant), Enter the void est un voyage psychédélique qui ne cède devant aucun tabou. Sexe, drogue, inceste et réincarnation, Gaspar Noé va jusqu’au bout de ses intentions, sans rien cacher, afin d’offrir aux spectateurs impliqués un voyage au-delà de la mort (et bien plus) qu’ils ne seront pas prêts d’oublier. C’est qu’il faut un certain courage et une implication totale pour rentrer dans ce trip beau et malsain à la fois qui s’avère souvent répétitif (certaines scènes se reproduisent et se ressemblent, prolongeant ainsi le film qui affiche une petite heure de trop à son compteur). Il ne faut pas non plus avoir peur d’être malmené, le réalisateur nous assénant des écrans luminescents et stroboscopiques de plusieurs secondes en pleine tronche. Mais cela fait partie de l’expérience, forcément unique en son genre, et il est certain qu’elle ne conviendra pas à tout le monde. Au-delà de la vie, du sexe et de la mort, Noé filme le vide comme personne à force de visions astrales surplombant les décors et personnages, plongeant sa caméra dans la lumière aveuglante, pénétrant avec son objectif le moindre orifice passant à sa portée. Entrer dans ce vide existentiel c’est rentrer dans un voyage traumatisant et poétique à la fois. Et même si l’on devine où toute cette errance aboutira, on est étonné de constater toute l’intégrité et le jusqu’au-boutisme du cinéaste qui nous offre des visions jusqu’ici rarement (voire jamais) aperçues sur un grand écran. D’ailleurs, d’un point de vue purement visuel, et que l’on adhère ou non au film, force est de constater que la direction artistique ainsi que la photographie (travaillée une fois de plus par Benoît Debie) sont à tomber à la renverse.

Prenant la forme d’un long plan séquence nous plongeant dans les limbes d’une métropole rendue totalement psychédélique, Enter the void est plus que jamais une expérience cinématographique traumatisante. Et même si le trip tire en longueur, il en vaut largement la peine, à condition de laisser le film de Noé monter dans notre cerveau jusqu’à ce qu’il libère ses effets psychotropes ahurissants. Un putain de trip (parfois limite « bad ») dont on ne ressort pas indemne.


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