Critique de film

Solomon Kane

"Solomon Kane"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Fantastique
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michael J. Bassett
  • Pays d'origine : Angleterre, République Tchèque, France
  • Scénariste : Michael J. Bassett, Robert E. Howard
  • Musique : Klaus Badelt
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : James Purefoy, Max von Sydow, Ian Whyte, Pete Postlethwaite, Rachel Hurd-Wood, Alice Krige, Mackenzie Crook...
  • Récompenses :

Au 16ème siècle, Solomon Kane est un soldat qui a été damné en raison de ses méfaits et de sa cruauté. Il décide de se racheter en vouant sa vie à la paix et à la bonté. Pourtant, il devra retrouver le chemin des champs de bataille tandis qu'une force démoniaque menace le pays...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Solomon Kane - La chair, le sang, la pluie et Dieu
Par : Chroniqueurs


Par Dante

Solomon Kane est l’un de ces projets maudits qui hantent les tiroirs des producteurs, cherchant désespérément le moyen de le faire atterrir sur les écrans. Film de sword and sorcery, adaptation de l’univers violent et très sombre de Robert E. Howards (le papa de Conan), Solomon Kane narre la quête destructrice d’un mercenaire reconverti qui chasse les forces du mal. Le projet fut un temps envisagé comme un DTV avec Christophe Lambert (on a échappé au pire), pour finir dans les mains de Samuel Hadida, pape du cinéma de genre, ce qui permit à Solomon Kane de bénéficier d’une exploitation assez correcte.

Une fois le projet lancé, il fallait trouver un réalisateur à la hauteur, tel John Milius au temps des Conan, quelqu’un qui serait apte à respecter l’univers pas forcement enchanteur de Howard et d’accompagner le personnage de Kane de la BD au cinéma. Et c’est sur Michael J Bassett que le choix s’est arrêté, jeune réalisateur anglais issu de la génération de britishs enragés, à qui on doit La tranchée et Wilderness. Miser sur la jeune génération peut être un choix aussi efficace que dangereux, mais Bassett avait rassuré les fans en optant pour une mise en scène sobre et classique, bien loin de la shaky cam de son précédent métrage. Soucieux de s’effacer derrière l’œuvre qui l’abordait, le cinéaste comptait bien respecter à la lettre l’univers de l’auteur de Conan.

Ce qui détache Solomon Kane des œuvres récentes, c’est la façon dont le scénario joue avec les attentes du spectateur, ne cédant jamais aux sirènes de l’actioner bourrin, ni au déluge d’effets numériques très à la mode. Si la bande annonce vendait, pour ne pas changer, une suite interrompue de combats et de rage, l’esprit du film en est bien éloigné. Commençant par un petit encas épique dans un décor ravagé, où Purefoy pourfend du sarrasin le sourire aux lèvres avant de se confronter à un démon que n’aurait pas renié Milius, le film se calme ensuite, le guerrier sanguinaire devient ermite et fait le vœu de ne plus jamais utiliser la violence. La frustration remplace alors l’excitation devant ce pacifisme inopiné, et lorsque l’on sent que malgré tout, le sang va de nouveau gicler, Bassett s’amuse avec nos nerfs, nous faisant languir encore un peu. Mais faire ainsi monter la sauce pendant la moitié du film sous-entend un final épique, malheureusement Bassett, en raison de son trop maigre budget, doit mettre de l’eau dans son vin. Pas de grandes batailles finales à la Seigneur des Anneaux au menu, mais des combats somme toutes assez classiques, heureusement sauvés par le charisme du personnage, qui devient carrément christique et bad ass à souhait au fil du récit. On peut quand même regretter un final un peu bâclé, entaché par des effets numériques pas forcement utiles, surtout quand on pense que cet argent aurait pu servir à engager quelques figurants pour l’attaque finale.

Un film certes imparfait, la faute à un budget pas assez conséquent, et à la prudence du réalisateur pas encore rodé à l’exercice. Mais à l’heure des combats ultra cut et des morceaux de hard rock sur des batailles médiévales, il est tout de même plaisant de voir des barbares se faire taillader le bout de gras dans les règles de l’art par un antihéros aussi profond que ce Solomon Kane. Un plaisir à inscrire dans les films de barbare à l’ancienne, juste à côté du 13ème guerrier.


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