Critique de film

Snuff 102

"Snuff 102"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Gore
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mariano Peralta
  • Pays d'origine : Argentine
  • Durée : 1h45
  • Scénariste : Mariano Peralta
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Andrea Alfonso, Julián Alfonzo, Rodrigo Bianco, Nicolás Blanco, Lucas Delgado
  • Récompenses : Aucune

Un reportrice se renseigne sur les snuffs. Un critique lui explique le phénomène sur toile de tortures innommables...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Snuff 102 - L’enfer du snuff
Par : Chroniqueurs




Par Nicore

Film évidemment sujet à controverse déjà rien que par son thème plus que sensible, ce Snuff 102 s’appuie sur des séquences extrêmement graphiques et dérangeantes pour avancer son analyse de la violence réelle et cinématographique en la poussant dans ses derniers retranchements.
Le script suit conjointement une jeune reportrice interviewant un critique de cinéma sur l’existence des fameux "snuff movies" (films dans lesquels des personnes seraient réellement tuées devant la caméra) et le calvaire de trois jeunes femmes livrées aux mains d’un tortionnaire brutal et pervers qui prend un malin plaisir à les torturer sous l’œil de la caméra.

Deux panneaux annoncent que certaines séquences issues de documentaires montrés dans le film sont bien réelles et un autre définit la perversion avant qu’un premier bref stock-shot montre le martyr d’un singe sujet d’expériences. Pas de doute, Snuff 102 promet d’aller loin dans la perversité. Le métrage avance d’entrée une première séquence terriblement glauque où un homme s’occupe de découper le bras d’un cadavre gisant dans une baignoire, mettant ainsi tout de suite le spectateur en condition avec cette utilisation d’un noir et blanc crasseux, tandis que la bande-son évoque un visionnage à l’aide d’un projecteur super 8.

La suite enfreint tout aspect linéaire en exposant l’univers malsain, avec cette mise à mort réelle d’un cochon incrusté de la définition du "snuff". De brèves images placent une jeune demoiselle bâillonnée dans la salle de bains de la première scène, avant que l’intrigue ne se décide à se lancer véritablement pour nous immiscer dans l’appartement d’une demoiselle qui, suite à un reportage télévisuel sur les agissements d’un serial-killer, se décide à écrire un article sur la violence.

Ensuite, le métrage fait se succéder différentes situations suivies en parallèle, notre reportrice en action sur la toile où elle va se renseigner sur les "snuffs", invitant alors le réalisateur à mettre en avant d’autres stock-shots rapides d’une réalité incertaine, tandis qu’une femme enceinte se drogue avec son petit ami, et nous pénétrons dans cette pièce dépouillée où siègent une, puis trois demoiselles attachées sur une chaise et bâillonnées par un homme masqué.

En plaçant ses sous-intrigues de la sorte, le réalisateur peut ainsi alterner les scènes violentes et brutales avec d’autres plus "intellectuelles". Ainsi, une véritable réflexion est proposée sur la véracité des "snuffs", accompagnée d’un discours sur notre société actuelle et le pouvoir de l’image, qui sont régulièrement graphiquement imagés par des retours sordides dans la chambre à tortures. Les tortures se font omniprésentes et malsaines à l’image de ces dents éclatées au burin, de ce bébé tué dans le ventre de sa mère ou encore de ce viol suivi d’une humiliation urinaire.

Bien entendu, ce sont ces passages qui s’avèrent être profondément dérangeants puisque le réalisateur n’hésite pas un instant à étayer son discours de scènes d’une brutalité absolue avançant des sévices sordides. Bien sûr, tout n’est pas directement exposé devant la caméra. Le réalisateur limite les effets véritablement gores, mais la violence suggestive du reste est suffisamment aliénante pour troubler le spectateur.

Au-delà même des ces séquences marquantes, le métrage opte pour le déroulement de son intrigue pour une montée en puissance d’une diabolique efficacité, se sortant ainsi peu à peu du carcan de la démonstration à caractère philosophique racoleuse pour progressivement faire monter une tension bien réelle et palpable.

L’impact et la force sauvage des situations sont parfaitement renforcés par un traitement de l’image adéquat, qui nous donne véritablement l’impression d’assister à un film amateur tourné par une caméra posée dans la pièce par le tortionnaire. Le choix d’utiliser uniquement la couleur pour les situations mettant en scène les sévices augmente leur impact tout en donnant un caractère quelque peu hors du temps à l’interview du critique et aux scènes de la vie normale des personnages.

L’interprétation est cohérente, avec des victimes remplissant leur rôle correctement en laissant transpirer leur douleur, alors que la mise en scène du réalisateur Mariano Peralta est toujours adaptée aux situations et donne complètement l’impression d’images prises sur le vif.
Les effets spéciaux sont ici terriblement réussis pour rester méchamment réalistes, peut-être bien aidés également par cette image pas vraiment nette et claire.

Snuff 102 reste une expérience troublante dans l’avancement de situations sordides et glauques définitivement immorales et brutales, en repoussant encore un peu plus loin les limites de ce qui peut être montré sur un écran dans une volonté évidente de choquer le spectateur !

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