Critique de film

Massacre au camp d'été

"Sleepaway camp"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 1983
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Hiltzik
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h28
  • Budget : 350 000 dollars
  • Scénariste : Robert Hiltzik
  • Musique : Edward Bilous
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Felissa Rose, Jonathan Tiersten, Karen Fields, Christopher Collet, Mike Kellin
  • Récompenses : Aucune

Un camp de vacances pour adolescents est le théâtre de divers attentats meurtriers.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sleepaway camp - Un must des slashers 80’s
Par : Chroniqueurs


Par Nicore

Bien souvent catalogué parmi les nombreux ersatz de Vendredi 13, ce Sleepaway camp (titré chez nous Massacre au camp d’été) n’en possède pas moins une intrigue bien plus intelligente que la moyenne, doublée d’une étude sur l’adolescence intéressante. Ceic étant posé, il faut avouer que c’est surtout sa dernière séquence qui permit au métrage d’acquérir une réputation flatteuse au point de devenir même "culte" pour certains.
Le script envoie un préadolescent et sa cousine dans une colonie de vacances qui va être le témoin de plusieurs "accidents" étranges et de meurtres perpétrés par un inconnu.

Après un générique saisissant promenant lentement la caméra dans ce camp de vacances déserté, la première séquence voit un père de famille et ses deux enfants être les victimes d’un accident causé par un hors-bord. Celui-ci est conduit par deux jeunes voulant effrayer une troisième qui faisait du ski nautique à leur suite. L’embarcation percute le bateau de la petite famille, tuant le père et l’un des enfants. Le métrage effectue alors un bond en avant de huit années pour nous présenter ses deux personnages principaux, Ricky et sa cousine Angela (que l’on devine être la rescapée de la séquence précédente), deux jeunes adolescents en partance pour une colonie de vacances et devant subir les dernières recommandations de la mère excentrique de Peter, avant que l’intrigue ne s’installe dans ce camp où nous suivons l’arrivée des jeunes.

Ensuite, le métrage s’attache décrire la vie de cette petite communauté, tout en s’intéressant particulièrement au cas d’Angela, celle-ci restant recluse, muette et ne participant à aucune activité, devenant de fait le souffre-douleur de ses "camarades". Seul un garçon semble attiré par la jeune fille. Rapidement, un premier "accident" survient, ébouillantant un cuisinier pervers qui avait quelque temps auparavant cherché à s’offrir les faveurs d’Angela lors d’une scène suggestive mais néanmoins osée et explicite sur les intentions du bonhomme. Un deuxième drame s’ensuit : un gamin s’étant moqué d’Angela de périr noyé après une promenade en bateau nocturne alors qu’un troisième est attaqué par un essaim d’abeilles jeté dans les toilettes dans lesquelles il a été enfermé par une main malveillante.

Etrangement, le métrage ne se focalise pas sur ces séquences mortelles comme la plupart des "slashers", la preuve en étant que l’ensemble ne céde jamais à la facilité du gore à outrance. Au contraire, Sleepaway camp se livre également à une analyse très vivante et réaliste de l’adolescence et des maux qu’elle engendre, entre amourettes, attitudes non naturelles de jeunes s’éveillant à la sexualité et cherchant ainsi à se mettre en valeur et bien entendu cette propension à trouver un bouc émissaire à dénigrer pour se sentir supérieur. Ce bouc (ou plutôt cette chèvre) est ici représentée par Angela qui doit subir moqueries et brimades de ses condisciples et surtout des demoiselles présentes dans le camp.

Si la première partie du métrage souffre quand même d’un rythme parfois défaillant et peut par moments sembler quelque peu longuet (la partie de base-ball, par exemple), un événement en apparence anodin et rentrant tout à fait dans l’étude des mœurs adolescentes va faire basculer le métrage et la présence meurtrière va accélérer le rythme pour massacrer allègrement et de façon plus directe les personnes ayant humilié Angela. Cette gradation amène vers cette terrible séquence finale, ahurissante et imprévisible, qui donne rétrospectivement encore plus de profondeur à l’ensemble tout en nous offrant un des twists les plus audacieux de cette période bénie pour les "slashers" nous obligeant à reconsidérer tout ce qui a été vu précédemment !

En plus, le métrage, s’il ne s’attaque pas de manière frontale au gore pur, est régulièrement très cru dans sa démonstration. Robert Hiltzik n’hésite pas à évoquer l’homosexualité ou encore à tuer non pas de jeunes adultes mais des enfants, ce qui replacé dans son contexte d’époque, est quand même largement audacieux, même si d’autres films avaient déjà ouvert la voie (le The burning de Tony Maylam, par exemple), et il faut aussi compter sur le climat régulièrement bien angoissant et entretenu de façon probante par le jeune réalisateur qui sait remarquablement semer le doute dans l’esprit du spectateur quant à l’identité du mystérieux assassin.

L’interprétation est convaincante, avec de jeunes acteurs crédibles, dont une Felissa Rose (qui ne reviendra devant la caméra que sur le tard pour profiter de l’aura acquise par ce film) terriblement persuasive dans le rôle d’Angela. La mise en scène du réalisateur est adaptée, certes parfois peu soutenue, mais gérant avec efficacité ses effets et notamment l’emploi d‘une caméra subjective efficace. Les effets spéciaux, œuvre du spécialiste Ed French, sont probants pour agencer le résultat de ces "accidents", et avancer ainsi quelques petits plans graphiques.

En définitive, ce Sleepaway camp soutient largement sa bonne réputation et se montre captivant de bout en bout et effroyable dans sa scène finale ! Un pur délice slasher des 80’s...


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