Critique de film

Skinwalkers

"Skinwalkers"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Loup-garou
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : James Isaac
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h50
  • Scénariste : Todd Harthan, James Roday, James DeMonaco
  • Musique : Andrew Lockington
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jason Behr, Elias Koteas, Rhona Mitra, Kim Coates, Natassia Malthe, Matthew Knight, Sarah Carter, Tom Jackson, Rogue Johnston, Barbara Gordon, Shawn Roberts
  • Récompenses : Aucune

Deux gangs de loups-garous sont informés par la lune qu'une ancienne prophétie va bientôt se réaliser. Un jeune garçon nommé Timothy, qui va bientôt fêter ses 13 ans, n'est pas au courant que cet anniversaire marquera sa transformation. Timothy a été élevé par sa mère, Rachel, sa grand-mère, son oncle Jonas, sa cousin Katherine et le petit ami de celle-ci, Adam. Rachel et son fils ne savent pas que le reste des membres de la famille sont de bons loups-garous qui veillent sur Timothy depuis sa naissance. Timothy, né d'une union entre des membres des deux gangs de loups-garous, déterminera le destin de la famille: Varek, Zo et Sonya, leaders du gang opposé qui célèbrent leur condition et leur soif de sang, sont prêts à tuer pour préserver leur vie, et déterminés à trouver Timothy, qu'ils considèrent comme un des leurs.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Skinwalkers - Une psychanalyse de Jacques Lycan
Par : Damien Taymans


Les loups-garous sont des éléments légendaires du bestiaire fantastique. Leurs dents acérées et leur pelage hirsute attirent nombre de réalisateurs qui tentent, de décennie en décennie, de revisiter le mythe pour offrir aux spectateurs une relecture contemporaine ou originale capable de les émoustiller et de leur rappeler qu’il faudra bel et bien compter sur ces damnés lycanthropes. Dernièrement, nous avons eu droit à quelques variations sur le thème comme Ginger Snaps (excellente paraphrase lycanthropique de l’adolescence où l’on apprenait joyeusement que les femmes peuvent être aussi poilues que nous), Underworld (film d’action fantastique qui réunissait vampires et loups-garous et donnait aux uns et aux autres une texture savoureuse), Dog soldiers (hommage pas toujours bandant mais drôle à souhait de Neil Marshall) ou encore le pas fameux (c’est un euphémisme) Cursed (où l’on se rendait compte que Christina Ricci a parfois un poil dans la main).

Et voilà que naît Skinwalkers, le nouveau film de Jim Isaac (Jason X) qui nous ressert à sa sauce un nouveau point de vue sur ces bêbêtes qui se métamorphosent lors des pleines lunes. Lorgnant du côté des Terminator et autres Star Wars, le réalisateur nous offre une énième variation sur le thème du gamin rédempteur chargé de mettre en pièce dès l’âge de ses 13 ans le terrible sortilège qui frappe les loups-garous. En sus de cette idée très convenue, Skinwalkers accumule les reprises en empruntant à tous les films du genre des clichés monstrueux dont il parsème son intrigue, histoire de rappeler au mécréant de moins de 14 ans qu’on est bien dans une histoire de créatures qui, dès la lune pleine, se transforment en grosses peluches aux dents et aux griffes plus tranchants que la normale. Plus ennuyeux, le métrage souffre d’un manque cruel d’horreur, ne déversant que de trop rares gouttes de sang et ne s’épanchant jamais dans le gore. C’est que ce Skinwalkers estampillé PG-13 correspond davantage à un film pour ados boutonneux que pour cinéphiles complets.

Alors, me direz-vous, quel intérêt à mater une telle pellicule puisqu’elle ne consiste qu’en un amoncellement sans vie de lieux communs ? Ben, c’est justement là qu’il faut prendre des pincettes. Car si Skinwalkers est blâmable pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le métrage ne mérite aucunement d’être critiqué pour une quelconque inertie. Au contraire. Skinwalkers est un film qui bouge et qui vit. Skinwalkers virevolte au rythme effréné des gunfights qui jaillissent ci et là dans l’œuvre. En réalité, le métrage appartient davantage au genre western qu’au domaine horrifique. Empruntant au Vampires de Carpenter et au Une nuit en enfer de Rodriguez leur énergie sans pareil et leur style road movie texan, le métrage de Jim Isaac se fait un vibrant hommage aux westerns psychologiques en donnant en sus à son intrigue une tournure dramatique extrêmement bien dépeinte (la splendide Rhona Mitra convaincante en mère protectrice aux allures de Sarah Connors).

Skinwalkers est en définitive un mélange aux accents épiques de deux genres opposés, le fantastique et le western. S’il ne brille pas par son côté horrifique pourtant coutumier des films de lycanthropes et s’il accumule les lieux communs au point de provoquer l’ennui, il se rattrape de fort belle manière grâce à son rythme trépidant et à son discours fondamentalement humain et honnête.


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