Critique de film

Simon Killer

"Simon Killer"
affiche du film
  • Genre : Drame, Thriller
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h41
  • Musique : Danny Bensi
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Après une rupture difficile avec sa petite amie, Simon décide de se rendre à Paris. Hanté par son passé douloureux, il trouve refuge et amour entre les cuisses d'une prostituée, qui l'entraînera dans une dangereuse odyssée européenne.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Simon Killer - Baise-moi
Par : Damien Taymans


Simon se remet difficilement de la rupture qu’il vient de vivre avec l’amour de sa vie. Pour s’aérer quelque peu l’esprit et se transformer en individu responsable, il entreprend un voyage en Europe et, de fil en aiguille, emménage momentanément à Paris chez une connaissance de sa mère. Sur place, Simon tente de se reconstruire une vie sociale et une sexualité. Après avoir abordé deux jeunes filles, il se laisse aller à pousser la porte d’un bar et concède quelques billets pour conquérir les charmes de Nouri qui joint difficilement les deux bouts. Leur relation sans lendemain vire à la tendre complicité avant de se transformer en idylle. Une idylle qui pourrait s’avérer doublement fructueuse pour Simon puisque, en sus d’une âme sœur, il trouve avec la jeune prostituée une potentielle poule aux œufs d’or grâce à une manigance mise au point de concert...

Après le remarqué Afterschool, l’étoile montante du cinéma indépendant ricain persévère dans son exploration de la déviance avec ce portrait d’un adulescent torturé qui tente de cautériser les plaies laissées dans son ego en satisfaisant des besoins sexuels exacerbés. Les premières tentatives s’avérant vaines (une séance de masturbation sur Internet tourne au ridicule, les filles qu’il aborde l’abandonnent dans le métro), Simon s’entiche d’une prostituée dont il ne peut caresser les galbes que moyennant des biftons. Chez Antonio Campos, le vice est maître, l’être s’abîme dans la perversité, le néant guette. Ainsi Simon ne pourrait se satisfaire d’une liaison payante et se doit de re-conquérir le corps de la femme après l’avoir re-découvert (les premiers émois devant le corps nu de la partenaire). Blessé, meurtri, victime d’une trahison (son ex-copine, cette "salope", l’a trompé), il apprivoise chaque nouvelle conquête, manipule, torture avec maladresse jusqu’à se transformer en "tueur" dans son propre fantasme.

A la manière d’un Stuart Gordon dans son Edmond, Campos recrée un Paris by night lugubre et malsain, éclairé d’artifices (les néons, omniprésents), mal famé (un mac, des putes, des clients), qui sert de laboratoire pour le jeune Simon, lâché dans un univers qui lui est inconnu et dans lequel il est presque impossible de se faire une place. Simon Killer convie le spectateur à suivre les pas de son (anti-)héros dans la découverte de sa sexualité trouble et son rapport à l’autre chaotique par essence.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage