Critique de film

Simetierre

"Pet Sematary"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Psychologique
  • Année de production : 1989
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mary Lambert
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h42
  • Scénariste : Stephen King
  • Musique : Elliott Goldenthal
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  • Bande annonce
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  • Casting : Dale Midkiff, Denise Crosby, Fred Gwynne, Brad Greenquist
  • Récompenses : Prix de l’audience au festival d’Avoriaz en 1990
    Nominé au Saturn Award du Meilleur film d’horreur en 1991
    Nominé dans la catégorie Meilleur film à Fantasporto 1991

La famille Creed a la très mauvaise idée de quitter Chicago pour s'installer dans les environs de Ludlow, paisible bourgade du Maine. Leur maison jouxte un cimetière d'animaux familiers qui se trouve être sur les terres sacrées des indiens Micmacs. Ils ont pour unique voisin un étrange et vieil ermite. Une série d'accidents mortels va transformer en cauchemar la paisible vie des Creed.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Simetierre - Une pure réussite !
Par : Damien Taymans




Resituons quelque peu les faits avant d’en venir à la critique du film. En 1989, les producteurs qui ont travaillé sur Creepshow décident d’adapter sur écran le livre de Stephen King. Le maître de l’horreur est d’accord à condition qu’il signe lui-même le scénario du film et qu’il choisisse le réalisateur. Déçu des erreurs commises sur sa première réalisation (à savoir Maximum overdrive), King entend ne plus commettre les mêmes bourdes et offrir au grand public un métrage digne de ce nom. Dès lors, le choix se pose sur Romero comme réalisateur et Bruce Campbell (Evil Dead) est pressenti pour jouer le rôle de Louis Creed. Mais Romero a fort à faire et décide de refuser. Une nouvelle piste s’ouvre : Tom Savini. Deuxième refus. Pour une raison inconnue, c’est finalement Mary Lambert qui est retenue pour le poste. La clippeuse officielle de Madonna est un véritable coup de poker qui va s’avérer payant, bien que nombreux sont ceux qui attribuent la paternité de l’œuvre au romancier.

Nous ne sommes pas dupes et il paraît clair que le grand King a dû imposer sa loi sur les plateaux. Cela semble encore plus évident lorsqu’on sait que la même réalisatrice tentera quelques années plus tard de donner une séquelle au film, ce qui se soldera par un film sans consistance.

Ce reproche, on ne peut certainement pas le formuler à l’égard de Simetierre. Le film se révèle être une pure réussite, sorte de cauchemar éveillé qui vous fait flipper quelques heures encore après son visionnage. L’horreur est croissante et va s’intensifiant au fil du métrage.

Tout commence par une romance américaine en bonne et due forme. Un docteur et sa petite famille aimante vient s’installer dans la campagne pour couler des jours plus paisibles. Quelques avertissements pointent déjà leur nez : Ellie se blesse et cette fichue route est obstruée par des circulations incessantes. A partir de ce moment, ça tourne au drame. Le chat adoré d’Ellie se fait écraser et ensuite, c’est le tour de Gage, le mignon bambin que son père n’a pas surveillé d’assez près. Vient alors l’horreur, la véritable terreur qui envahit la vie des sympathiques et profonds personnages. Une horreur pure, intense qui nous fait finalement hocher de la tête lorsque Jud affirme qu’il existe des états pires que la mort…

Cette horreur n’arrive pas seule. Elle est toujours accompagnée de ces chants d’enfants qui nous donnent des frissons. La pureté horrifique mêlée à la pureté de l’enfance a quelque chose de déstabilisant. Et, comme si ce n’était pas encore assez, Lambert nous assène ses flashs-back terrifiants : le suicide de Missy, les souvenirs de Rachel (traumatisée par sa sœur malade), l’enterrement de Gage, le premier jour d’intervention de Louis (où il tentera en vain de sauver Pascow), … Toutes ces scènes effrayantes sont placées à des moments stratégiques. Au moment où nous sommes persuadés que l’horreur a pris le large et qu’il s’agit d’une pause pour respirer. Mais le rythme est haletant et est saupoudré délicatement de ses atouts gores (songeons au tendon de Jud).

En réalité, une véritable peinture réaliste du Mal. Un Mal qui s’attaque à un homme qui ne croit plus. Il ne croit plus en Dieu, pas plus qu’aux histoires de Jud ou aux rituels des Indiens. Dès lors, le Dieu qu’invoque Ellie ne peut plus rien pour Louis. Dénué de protection, portant sa propre croix, Louis ploie sous le poids des ténèbres avant de toucher définitivement le fond du fossé lors d’une scène finale jouissive.

Un métrage intense à voir absolument…


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