Critique de film

Simetierre 2

"Pet Sematary II"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Année de production : 1992
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mary Lambert
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h40
  • Budget : 8 millions de dollars
  • Scénariste : Richard Outten
  • Musique : Mark Governor
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Edward Furlong, Anthony Edwards, Clancy Brown, Jared Rushton, Darlanne Fluegel, Jason McGuire, Sarah Trigger, Lisa Waltz, Jim Peck, Len Hunt, Reid Binion
  • Récompenses : Nominé au Grand prix au festival d'Avoriaz en 1993
    Nominé au Saturn Award du Meilleur jeune acteur (Edward Furlong) en 1993

Pour soigner son fils, Jeff, gravement atteint par la mort tragique de sa mere, le docteur Chase Matthews decide de s'installer a Ludlow, petite bourgade du Maine. Jeff se lie d'amitie avec Drew, maltraite par son beau-pere, le sherif Gus. Drew fait decouvrir a son camarade un ancien cimetiere indien ou, d'apres la legende locale, des morts auraient recouvre la vie.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Simetierre 2 - Stephen, où es-tu ?
Par : Damien Taymans




Face au succès relatif de Simetierre, la Paramount décide de mettre en chantier une suite (une fois n’est pas coutume !) afin de brasser un maximum de dollars grâce à une sortie furtive aux States et un direct-to-video ailleurs. Le producteur Rubinstein prend la poudre d’escampette à l’annonce de cette séquelle. Quant à Stephen King, il ne veut même pas en entendre parler. Dès lors, on ressort Mary Lambert, réalisatrice du premier volet, de son terrier et on compose un scénario à l’emporte-pièce avec un scribouillard sans antécédents. Le tout, agrémenté d’acteurs sur le départ comme Edward Furlong (Terminator 2, American History X) ou Anthony Edwards (Urgences).

Atteindre le niveau artistique et horrifique du premier épisode était un but inespéré surtout dans de telles conditions. Néanmoins, réaliser une suite digne de ce nom en rapport avec Simetierre devait être du domaine du faisable. Or, il n’en est rien. Rapiécés à l’aide de trois bouts de ficelle et de deux pneus usés, les décors n’ont plus rien à voir avec ceux sublimes du premier volet. Le cimetière des animaux se situe désormais à deux pas du cimetière indien (!) et celui-ci n’est plus situé à la cime d’un mont mais est désormais en contrebas d’une forêt. Quant aux rappels des événements de la tragédie des Creed, ils sont expédiés à la dérobée entre quatre phrases de dialogues mal dégrossis.

En tant qu’œuvre qui se veut indépendante de sa préquelle, Simetierre 2 n’a rien du tout à offrir. Un scénario bidon, sorte de copié/collé enfantin et maladroit du premier film qui ne convainc personne. Le petit Drew déteste son beau-père mais l’enterre dans ledit cimetière afin de le réanimer (!), Jeff s’associe avec ce fameux beau-père tyrannique pour ranimer sa mère décédée sur un plateau de tournage. Le monde de Simetierre 2 est magique et enchanteur : les animosités s’éteignent aussi rapidement qu’un feu de paille et de vraies amitiés n’existent plus d’une minute à l’autre. Pire encore, le scénariste pousse l’ironie jusqu’à prêter aux personnages des intentions bien dissimulées. Ainsi, le jeune Jeff rappellera constamment à sa nounou qu’elle n’est pas sa mère or personne n’a sous-entendu jusque-là qu’elle ait voulu en prendre la place.

La réalisatrice ne perd cependant pas la main lorsqu’il s’agit d’animer des séquences morbides et entasse un nombre considérable de cadavres sans avoir pris le temps de nous les présenter convenablement. Quelques scènes gore sont à mettre à l’actif de ce film qui sombre de plus en plus à l’approche de sa fin.

La fin, tiens donc, parlons-en. Tout bon film d’horreur (ce que, à l’évidence, celui-ci n’est pas) fonde son angoisse pour en arriver à une apothéose finale qui suffit parfois à sauver le reste du métrage (pensons notamment à Reeker ou à Beyond Re-Animator). Simetierre 2 nous montre adéquatement qu’il y a moyen de faire l’inverse. En effet, la scène finale se résume en une exposition des tas de cadavres revenus à la vie dans la maison familiale. Le sort en est jeté assez rapidement pour tous ces zombies minables qui s’en retournent ad patres en deux coups de cuillère à pot lors de cette séquence plus ridicule que le reste du métrage.

En définitive, rien, absolument rien ne viendra sauver le film de l’ex-clippeuse Mary Lambert qui doit amèrement regretter le temps de Madonna où, au moins, en montrant un bout de fesse on faisait oublier tout le reste.


Oeuvres liées :

Simetierre (1989)

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