Critique de film

Shutter

"Shutter"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 2008-07-02
  • Réalisateur : Masayuki Ochiai
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Luke Dawson
  • Musique : Nathan Barr
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Joshua Jackson, Rachael Taylor, Megumi Okina, John Hensley, Maya Hazen, David Denman, Adrienne Pickering, James Kyson Lee, Albert Smith
  • Récompenses : Aucune

Un couple parti en lune de miel commence à voir des images de fantômes et partout autour d'eux.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Shutter - Shitter
Par : Damien Taymans




Dans la plus grande tradition horrifique américaine, il est courant de spolier les autres nations de leurs chefs-d’œuvre pour en faire des remakes revisités. On l’a vu dernièrement avec le projet de remake de Rec, le dernier Balaguero, rebaptisé Quarantine outre-Atlantique. Favoris dans cet exercice, les Asiatiques tapent volontiers dans l’œil des producteurs américains et voient généralement leurs œuvres rachetées pour le bien-être du capitalisme occidental. Exemple flagrant avec Le cercle, reprise du Ring de Nakata. Persuadés que le résultat n’en sera que meilleur en optant pour quelqu’un du cru, voilà qu’on débauche des réalisateurs issus de la culture asiatique, croyant ainsi rester fidèles à la conservation de l’âme du film. Ce fut le cas pour Takashi Shimizu, rattaché aux The Grudge dont il était l’auteur à l’origine. Dernier exemple en date, ce remake du Shutter thaï de 2004 pour lequel Masayuki Ochiai (Infection) a été appelé.

Comme d’habitude, tous ces efforts sont vains et la reproduction de l’histoire originelle souffre dès le départ d’une adaptation fort fâcheuse. Les héros de l’histoire sont d’honnêtes habitants américains, glissement qui réclame son lot de changements au sein de l’intrigue. Shutter prend un temps dingue à installer ces nouvelles balises et se voit contraint d’accélérer son rythme par la suite, accélération qui nuit à l’ensemble du métrage, le rendant inégal dans sa construction.

En plus de cette perturbation narrative et de ce basculement du rythme, le remake perd l’essence même de ce qui faisait le charme de l’original : une lente évolution vers le cauchemar rendu par une mise en scène expositive. Ochiai ne prend jamais le temps de se poser et précipite tous les effets pour atteindre son but le plus rapidement possible. En résultent une perte totale de l’angoisse intrinsèque à l’œuvre et un cabotinage certain dans la poursuite de l’intrigue. Des magnifiques scènes (réellement effrayantes) du film de Wongpoom sont balancées à la va-vite et ne donnent même pas le temps d’être comprises (pensons à celle des flashs dans l’appartement). Tout cela pour arriver à un dénouement tellement mal amené que les plus fins auront tôt fait de le débusquer et harangueront au sortir du film le célèbre titre de Lelouch : « Tout ça pour ça ».

Shutter est un remake désincarné, dénaturé qui n’aura pour seul effet bénéfique que de rehausser encore un peu davantage l’estime que l’on éprouve pour son modèle thaïlandais.


Oeuvres liées :

Shutter (2004)

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage