Critique de film

Shrooms

"Shrooms"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Paddy Breathnach
  • Pays d'origine : Irlande
  • Durée : 1h26
  • Scénariste : Pearse Elliott
  • Musique : Dario Marianelli
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lindsey Haun, Jack Huston, Max Kasch, Alice Greczyn, Maya Hazen,…
  • Récompenses : aucune

Une virée dans la forêt irlandaise entre amis pour faire du camping, l'idée est sympathique. Goûter aux champignons hallucinogènes, pourquoi pas. Surtout que c'est marrant de se promener dans les bois en voyant des créatures étranges et effrayantes. Jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'il ne s'agit pas uniquement d'hallucinations...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Shrooms - Bad trip sans tripes
Par : Damien Taymans


Cinq amis américains se rendent en Irlande pour y goûter aux joies du camping et … des champignons hallucinogènes. En plein trip, la troupe déambule au sein de la forêt et s’amuse des rencontres étranges qu’elle y fait. Jusqu’à ce qu’ils se rendent compte que les personnages qu’ils voient ne sont pas tous imputables aux psychotropes…

"Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi" hurlaient les Billy Ze Kick et les Gamins en folie, faisant du même coup un tube printanier casse-bonbons et une publicité tapageuse pour les psilocytes et autres panéoles papilioneux. Visiblement envieux de reprendre à leur compte le commerce florissant des champis et de créer une film psychologique scénaristiquement abouti, Paddy Breathnach et le scénariste Pearse Elliott (avec lequel il a déjà collaboré sur Man about dog, une comédie qui remporta un franc succès deux ans auparavant en terre irlandaise) n’hésitent pas à faire de leur terre natale un lieu béni pour les délires psychotropiques de junkies en manque au même titre que la capitale des Pays-Bas ou la patrie originelle d’Ingrid Bétancourt. Fiers de leur idée de doter à l’aide des hallucinations leur métrage d’une dimension psychologique supplémentaire, les deux comparses s’astreignent pourtant à fournir une copie très scolaire dénuée d’originalité.

En quelques minutes, la présentation de l’intrigue traverse tous les clichés du genre sans les traiter avec la moindre ironie : une chiée d’ados écervelés qui ne connaissent que sexe et drogue et même pas rock’n’roll, un cerf renversé et une rencontre avec des autochtones antipathiques évoquant les villageois zoophiles de Fabrice du Welz. Copie parfaite, preuve d’une leçon bien apprise par ces deux néophytes qui continuent à compiler machinalement les préceptes incontournables du slasher (ados gangrénés, apparitions furtives des menaces, vision subjective, chutes en pleine poursuite) sans exploiter comme il se doit leur fausse bonne idée du bad trip. Recourant trop fréquemment aux imageries cauchemardesques (avec un magnifique bovin qui parle à défaut de rire) provoquées par les psychotropes fongiques, Breathnach tue en son sein l’originalité du projet en jouant continuellement sur le flou qui domine les perceptions des protagonistes, usant jusqu’à la corde le refrain pompeux d’une invraisemblable réalité. Inspiré par les œuvres horrifiques asiatiques, le réal en épuise tout le panel formel en proposant à tout-va une ombre chevelue aux mouvements saccadés filtrée par des effets clippesques gerbants.

Les nombreux artifices horrifiques plantent lamentablement cette sous-production destinée à un public adolescent largement gavé qui risque toutefois de se complaire de l’habituel twist gros comme une maison largement prévisible. Ce qui aurait dû constituer un bis déconneur façon David Arquette n’est en réalité qu’une énième gageure de pseudo-cinéastes qui toisent le genre comme une opportunité de briller à moindre frais.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage