Critique de film

Shaun of the Dead

"Shaun of the Dead"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique - Morts-vivants
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Edgar Wright
  • Pays d'origine : Angleterre, France
  • Durée : 1h39
  • Budget : 4 millions de dollars
  • Scénariste : Simon Pegg, Edgar Wright
  • Musique : Dan Mudford, Pete Woodhead
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Simon Pegg, Kate Ashfield, Nick Frost, Lucy Davis, Dylan Moran, Nicola Cunningham, Keir Mills, Matt Jaynes, Gavin Ferguson, Peter Serafinowicz, Horton Jupiter
  • Récompenses : Saturn Award du Meilleur film d'horreur en 2005
    Bram Stoker Award du Meilleur scénario en 2005
    Nominé au British Comedy Award de la Meilleure comédie en 2005
    British Independent Film Award du Meilleur scénario en 2005
    Nominé aux British Independent Film Awards du Meilleur film indépendant et du Meilleur nouveau venu (Nick Frost) en 2005
    Empire Award du Meilleur film anglais en 2005
    Nominé aux Empire Awards du Meilleur acteur anglais (Simon Pegg), Meilleure actrice anglaise (Kate Ashfield), Meilleur réalisateur anglais (Edgar Wright) et Scène de l'année (scènes de zombies) en 2005
    Peter Sellers Award for Comedy pour Simon Pegg en 2005
    IHG Award du Meilleur film en 2005

Shaun ( Simon Pegg ) vit avec deux colocataires, dont un n'en glande pas une et s'avère un peu envahissant. Sa fiancée, toujours flanquée d'un couple d'amis, lui propose de passer des moments seuls à seuls, ailleurs qu'au pub où ils se rendent tous les soirs. Alors que leur rendez vous au restaurant tombe à l'eau, et qu'ils décident de se séparer, les gens commencent à avoir, autour d'eux, de drôles de comportements...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Shaun of the Dead - Pas question de rire shaune...
Par : Damien Taymans


Les films de zombies sont les plus représentés dans le cinéma horrifique. A tel point que les réalisateurs n’hésitent pas à revisiter le genre pour faire de nouvelles propositions originales. Ce fut le cas de la branche humoristique des zombies qui naquit avec le Evil dead de Sam Raimi. Depuis, les essais de comédies horrifiques zombiesques pullulent aux Etats-Unis ou ailleurs comme en témoignent le Braindead nouveau-zélandais, le Undead australien ou le La Nuit des loosers vivants allemand. Dans ce paysage étendu qui oscille entre comédies gore (Bad taste, Braindead) et parodies franches (Le retour des morts-vivants, Flic ou zombie), Shaun of the Dead tient une place particulière.

Edgar Wright et son comparse Simon Pegg ne veulent pas tomber dans l’humour facile des parodies qui ne font que détourner les codes préétablis ou amplifier certains aspects rigolards des films qu’ils imitent. En bons Anglais, ils ajustent le ton de leur œuvre avec toute la finesse de l’humour british et rendent un vibrant hommage au genre. Respectant l’adage qui dit qu’on peut rire mais ne pas se moquer, le réalisateur et son co-scénariste livrent une véritable comédie hilarante qui honore les œuvres de zombies en les utilisant à des fins humoristiques.

La première partie du métrage resplendit d’intelligence. Il faut attendre quasiment vingt minutes avant de voir le moindre mort-vivant apparaître. Vingt minutes durant lesquelles Wright dresse le portrait de Shaun, le montrant dans son quotidien le plus banal. Shaun va au boulot, fait ses courses, rejoint sa petite amie et son meilleur ami. Un quotidien déployé fort adroitement à la manière d’un Requiem for a dream. En quelques scènes, toute la banalité du personnage est définie et on peut alors rentrer plus profondément dans l’intrigue mise en place. L’apparition des zombies ne coïncide d’ailleurs pas avec le début de l’intrigue et il faudra encore que le spectateur patiente avant le film ne s’anime. Dans un premier temps, Shaun déambule au sein de sa vie sans remarquer une seule seconde ces apparitions morbides. Intelligemment, le film suggère que l’humain est un digne représentant de l’inhumanité des morts-vivants. Il a beau être doué de vie et de parole, il ne fait que reproduire inlassablement les mêmes gestes (à l’image de Shaun qui ne quitte pas le boulot qu’il déteste ou qui continue à côtoyer ce fameux bar où sa copine ne veut plus aller). Un quotidien déployé fort adroitement à la manière d’un Requiem for a dream.

A partir du moment où Shaun découvre l’existence des zombies, le métrage s’emballe et prend une toute autre tournure. Les actions s’enchaînent, ne laissant que peu de place aux considérations du début. Dès lors, l’ambiance absurde décolle et ne nous quitte plus, nous rappelant le temps béni des séries anglaises qui ont bercé notre enfance. Les situations idiotes s’amoncellent (les deux héros tentent de tuer les zombies en leur envoyant des vinyles), les clins d’œil et références affluent (le restaurant Fulci), nous ne pouvons plus quitter ce tourbillon jouissif. Un tourbillon qui n’oublie cependant pas tout à fait le côté horrifique du projet. Quelques gouttes de sang sont répandues ici et là lors de plusieurs scènes d’un gore très ténu (quelques explosions de crânes, des corps empalés, …). Wright étonne même par certains de ses choix extrêmement audacieux comme ce zapping télévisuel qui empêche le spectateur de connaître la raison de cette infection des cadavres à l’image de ces trop nombreux métrages aux explications absconses.

Dommage que la fin de Shaun of the dead n’offre pas le même spectacle. Dommage que le sentimentalisme de certaines scènes prenne le dessus dans un final qui aurait pu être du même tonus que le reste du film. Dommage enfin d’avoir expédié le tout en s’offrant un nouveau clin d’œil monstrueux à de nombreuses œuvres du genre comme La nuit des fous vivants.

Mais cette fin n’obscurcit que très peu la qualité de l’ensemble qui se révèle être une comédie très drôle en même temps qu’une œuvre intelligente. Et ça, mes amis, c’est assez rare pour être souligné…


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