Critique de film

Sexykiller

"Sexykiller, morirás por ella"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Thriller - Serial killer
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Miguel Marti
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Paco Cabezas
  • Musique : Fernando Velázquez
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Macarena Gomez, Javier Ambrossi, Ángel de Andrés López, Jimmy Barnatán, Carolina Bona, Javier Botet, César Camino, Nadia Casado, Andreu Castro,...
  • Récompenses : Prix Pégase du Public au BIFFF 2009

Depuis toute petite, Barbara nâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sexykiller - Une tête bien faite plutôt que bien pleine...
Par : Quentin Meignant




Alex de la Iglesia (Un Crime Farpait) étant revenu à des thèmes plus sérieux avec son excellent Crimes à Oxford, le drapeau du cinéma de genre humoristique ibère était en berne. Pas pour longtemps puisqu’en 2009, Miguel Marti présenta son Sexykiller dans de nombreux festivals, remportant au passage le Prix Pégase du public au BIFFF, alors qu’il était en compétition avec nombre de pointures telles que Dead Snow ou encore Morse. Sur base d’un scénario de Paco Cabezas, auteur du très bon Les Disparus, le cinéaste espagnol reprend à son compte un cinéma tout droit hérité de la mode iglesienne. Sexykiller s’intéresse à Barbara qui, depuis toute petite, n’a qu’une seule ambition : ressembler trait pour trait à Cindy Superstar, sa poupée favorite. Et, jusqu’à présent, il faut bien avouer que c’est plutôt réussi. Look de pétasse, garde-robe bien fournie, Barbara se met maintenant en tête de se trouver un homme ressemblant à Glen, le copain de Cindy Superstar. Ce qu’elle ne tarde pas à trouver en la personne de Tomas, un jeune bellâtre avec trois mots de vocabulaire. Ce dernier est employé dans une morgue, ce qui ne gâche rien puisque Barbara est aussi, fallait y penser, un espèce d’Hannibal Lecter féminin, massacrant d’innocentes personnes à tour de bras. Malheureusement, Tomas est aussi l’inventeur d’une drogue qui permet de découvrir les dernières images vues par un mort, ce qui risque de révéler les agissements coupables de Barbara.

Alors qu’une affiche totalement kitsch et prometteuse se pose comme véritable étendard du cinéma de Miguel Marti (jusque là cantonné à des comédies de fort mauvais goût), c’est avant tout par la présentation d’un personnage par le moins singulier que le film interpelle. Poupée sexy et maniérée, l’héroïne se révèle en effet être une terrible tueuse ne rechignant pas à la tâche qu’elle s’est fixée. Cette déclinaison pour le moins originale d’une demoiselle hors norme acquiert dès les premiers instants toute sa saveur, le cinéaste plantant le décor par quelques répliques et meurtres bien sentis.

Décalée, l’œuvre ne tarde pas à prendre ses marques et à acquérir un certain cachet par l’entremise de quelques séquences jubilatoires . Malheureusement, le scénario trop filiforme mis en place par Cabezas (qui ne mise que sur la simple originalité de l’héroïne) a tôt fait de faire tourner l’action en rond. Le déroulement stéréotypé de l’aventure se joint par ailleurs au jeu un brin cabotin de Macarena Gòmez (que l’on ne pouvait qu’encenser dans A Louer). Dès lors, si le propos léger de l’ensemble reste agréable, Sexykiller ne tient pas toutes ses promesses, se bornant à demeurer un simple divertissement là où on attendait un nouveau mythe ibère.

Toute l’essence du métrage tenant essentiellement dans le simple personnage principal, Sexykiller sombre assez rapidement dans la comédie foutraque où chaque séquence prête simplement à sourire. Là où Marti aurait pu dresser un portrait vraiment décalé parsemé de séquences d’anthologie, il ne peut qu’offrir une pâle copie du cinéma de l’irremplaçable de la Iglesia.


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