Critique de film

Scanners

"Scanners"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : David Cronenberg
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h43
  • Budget : 3,5 millions de dollars
  • Scénariste : David Cronenberg
  • Musique : Howard Shore
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Stephen Lack, Jennifer O'Neil, Patrick Mc Goohan, Michael Ironside, Lawrence Dane
  • Récompenses : Saturn Award du Meilleur film international et des Meilleurs maquillages (1981)
    Nominé au Saturn Award des Meilleurs effets visuels (1981)
    Prix du Meilleur film au festival de Fantasporto 1983
    Nominé aux Genie Awards de la Meilleure réalisation, des Meilleurs costumes, de la Meilleure direction artistique, du Meilleur son, de la Meilleure image, du Meilleur acteur de second rôle (Ironside) et du Meilleur scénario original en 1982

Une société cherche à regrouper les Scanners, des médiums aux pouvoirs surnaturels. Elle recrute un jeune médium pour détecter tous les Scanners qui lui sont opposés. Il va découvrir les aspects cachés de cette périlleuse mission.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Scanners - Un des meilleurs Cronenberg
Par : Damien Taymans


Après s’être superbement attelé à décrire un cinéma horrifique aux dimensions particulières avec des œuvres telles que Frissons ou Rage, Cronenberg a entamé avec Chromosome 3 une nouvelle œuvre, plus conceptuelle, plus cérébrale qui donner ses lettres d’or au réalisateur. Deux ans après le succès de Chromosome 3, Cronenberg signe donc avec Scanners sa deuxième œuvre réellement personnelle (il ne s’agit plus d’une opportunité mais d’un choix), œuvre qui prendra une portée commerciale inespérée qui finira de marquer d’un sceau la carrière du réalisateur de Vidéodrome et Dead zone.

Œuvre manichéenne à souhait, Scanners met en opposition des individus clairement marqués par leur appartenance à un camp. D’une part, le bon scanner et de l’autre, une armée de scanners manipulés par un chef paranoïaque et omnipotent. A côté de cette opposition en existe une autre entre les scanners et les hommes. Ainsi, Cronenberg dépeint la coexistence de deux sociétés (un macrocosme et un microcosme) et dont l’une d’elles est fragmentée entre deux tendances, résistance ou engagement. En réalité, le réalisateur met surtout en avant la considération négative des scanners dans la société contemporaine, sorte de racisme à l’égard de ceux qui sont différents. Une ségrégation parfaitement marquée par l’auteur qui donne un ton dramatique à l’ensemble de l’œuvre dans laquelle coexistent dramatique et fantastique (comme dans de nombreuses œuvres de l’auteur).

C’est exactement ce qui a valu au réalisateur une réputation de refrodisseur d’ambiance. Une ambiance froide, sordide qu’on retrouve de part et d’autre de son parcours filmographique. Cependant, taxer ses films d’une telle série d’adjectifs doit être fait avec intelligence et objectivité. L’œuvre de Cronenberg a beau mettre en scène des personnages inexpressifs et traiter de sujets dramatiques, elle n’en demeure pas moins personnelle et émotionnelle. Une émotion tapie, sourde mais bien présente. Des personnages inexistants, quasiment invisibles parce qu’introvertis ou conceptualisés. Ne mélangeons donc pas tout et n’importe quoi. Une véritable dimension émotive émane de ses œuvres, une émotion qui frappe d’ailleurs plus durement le spectateur que dans nombre d’œuvres hollywoodiennes où elle est omniprésente mais hypocritement distillée. A cet égard soulignons la prestation quatre étoiles des acteurs du film avec une mention spéciale pour Ironside qui parvient à terroriser autant qu’à émouvoir.

L’auteur s’approprie à nouveau la dimension spirituelle de l’homme qui maîtrise la dimension corporelle de l’être humain. Via leurs pouvoirs, les scanners ont le pouvoir de faire agir les humains, de faire exploser des têtes ou de brûler une station service. Des pouvoirs paranormaux qui trouvent leur origine dans une création… humaine. Ainsi, Cronenberg reste à nouveau dans un domaine tout à fait contemporain critiquant les OGM et autres manipulations humaines. On sent déjà poindre également la dimension high tech des œuvres cronenbergiennes comme Vidéodrome ou EXistenZ puisque l’un des scanners va s’essayer à maîtriser le contenu d’un ordinateur par le biais de son esprit. Tous ces événements repris dans une course folle contre l’armée de mauvais scanners dominée par Darryl Revok qui va mener Cameron Vale (Stephen Lack) dans un affrontement inoubliable qui ravit l’amateur d’horreur.

Scanners reste l’une des meilleures œuvres du maître Cronenberg, de l’une de celles qu’il convient d’avoir vues pour en mourir plus intelligent et plus passionné que jamais.

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