Critique de film

Saving General Yang

"Saving General Yang"
affiche du film
  • Genre : Action, Guerre
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Hong Kong
  • Durée : 1h42
  • Musique : Kenji Kawai
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Affrontant les armées ennemies et les coups de poignard politiques, les sept fils du Général Yang partent en croisade pour sauver leur père.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Saving General Yang - Sans peur avec reproches
Par : Damien Taymans


Ponctuellement, l’industrie chinoise ressort de ses placards les légendes nationales pour les porter à l’écran. La plupart du temps, pour une symphonie en mode mineur qui joue à l’esbroufe avec de grands affrontements au ralenti, joliment chorégraphiés mais sans le moindre souffle épique. La dernière création de Ronny Yu, dont la dernière réalisation remonte à sept années, n’échappe pas à la règle. La justesse et la légèreté des mouvements de Fearless contraste férocement avec les assauts balourds de ces chevaliers moyenâgeux aux armures pesantes, handicapés par une lourdeur extradiégétique, celle de la caméra qui se veut aérienne et gracile et qui s’avère au final maniérée et poseuse à force de se borner à mettre en valeur la beauté de ses combattants via une pléiade de ralentis et bullet times (le plus réussi met en scène une lutte d’archers dans les champs).

Pourtant, le projet possédait tous les atouts nécessaires pour la constitution d’une gigantesque fresque homérique, à la manière d’Il faut sauver le soldat Ryan (signalons la proximité phonique du Saving General Yang), de 47 Ronin ou du 300 de Zack Snyder, trois œuvres-phares dont le film de Ronny Yu s’inspire. La loyauté au maître (en l’occurrence au père et surtout supérieur hiérarchique) relève du code l’honneur, celui-là même qui est le détonateur du désastre. L’honneur est à la fois objet de quête et de reconquête pour le clan Yang qui doit par un acte de bravoure laver l’affront de l’un des leurs. Le cheminement initiatique de tout un clan éclate cependant au profit d’une peinture individualisée approximative. En un peu plus d’une heure et demi, Yu propose de dépeindre trois clans (le général Yang notamment, joué par Adam Cheng vu dans Zu : Warriors From The Magic Mountain) et leurs combattants les plus éminents ainsi qu’une fratrie digne de celle engendrée par les infâmes bûcherons d’un certain conte, sans compter une série de seconds couteaux influant sur les actes des sept ro-nains. Le jingle de Mission impossible résonnait déjà à ses esgourdes dès l’acte liminaire dans lequel il tente vainement de coller à chaque frère un numéro à l’aide de mentions incrustées dans l’image.

Trop vaste, trop complexe, Saving General Yang néglige ses personnages et privilégie des luttes de clans auxquelles le spectateur ne peut être sensible, faute d’empathie. Reste quelques scènes chorégraphiées avec soin dont ce combet épique en plein champ à l’aide d’arcs...


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