Critique de film

Robocop

"RoboCop"
affiche du film
  • Genre : Science-Fiction, Policier
  • Année de production : 1987
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Paul Verhoeven
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h42
  • Budget : 13 millions de dollars
  • Scénariste : Michael Miner, Edward Neumeier
  • Musique : Basil Poledouris
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Paul Weller, Nancy Allen, Ronny Cox, Miguel Ferrer, Kurtwood Smith, Ray Wise...
  • Récompenses : Nomination :
    Nominé aux Oscars du Meilleur Montage, du Meilleur Son et Special Achievement Award en 1988.
    3 nominations aux Saturn Award (Meilleur Acteur, Meilleure Actrice, Meilleurs Costumes) en 1988
    2 nominations au BAFTA Film Award (Meilleurs Effets Speciaux, Meilleurs Maquillages) en 1989
    1 nomination aux Edgar Allan Poe Awards pour le Meilleur Film en 1988
    1 nomination aux Victor Hugo Awards en 1988

    Récompenses :
    5 Saturn Award (Meilleur film de SF, Meilleur Réalisateur, Meilleur Maquillages, Meilleurs Effets Speciaux et Meilleurs Scénarios) en 1988.
    CST Award pour Paul Verhoeven et Award for excellence pour les effets speciaux à Avoriaz en 1988.
    BMI Film Music Award pour Basil Poledouris en 1988
    1 Readers' Choice Award du Meilleur Film Etranger pour Paul Verhoeven aux Kinema Junpo Awards de 1987
    Prix du Meilleur Réalisateur au Festival de Sitges en 1987

A l'aube de l'an 2000, Detroit est la proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme...

Les critiques à propos de ce film

Critique de RoboCop - 50 % Violent, 50 % Emouvant, 100 % Génial
Par : Romain Mollet


Figure culte du cinéma fantastique des années 80, ensuite déclinée en deux suites inégales et en nombreuses séries live ou animées, RoboCop est tout d’abord l’un des films futuristes les plus déjantés et réalistes qui n’aient jamais été faits au cinéma.

Partant sur l’idée d’un mélange entre les deux héros de BD Iron Man et Judge Dredd, avec une touche de violence et d’ironie bien plus présente dans cette dernière référence, le film suit la triste aventure de l’agent Alex Murphy (l’excellent Peter Weller, aux mimiques inoubliables), un jeune flic de Détroit recruté à la va-vite dans un commissariat débordé, à la limite de la grève. Avec l’aide de sa complice Anne Lewis (la "morte-vivante" Nancy Allen), il cherche à coincer une bande de braqueurs psychopathes qui ne tarderont pas à le descendre d’une façon plutôt sanglante. Entièrement démembré, la dépouille du policier est récupérée par une mega-société, l’Omni Consumer Product, qui désire faire de lui un super-flic robotisé, afin de faire de l’ombre aux vrais policiers, et de pouvoir ainsi entamer la rénovation de la ville, renommé Delta City, et vouée à un certain chaos des classes sociales.

Un point de vue délirant de la science, dont Paul Verhoeven profite pour en faire une satire irrésistible du capitalisme américain, qui tendrait presque à se confirmer dans notre société contemporaine. Dans Robocop, pas question de voir des véhicules volants ou autres jet-packs, le seul aspect qui nous fait penser à l’anticipation est la présence de robots, dont le ED-209 à l’intelligence artificielle peu développée, soit des machines bien différentes de RoboCop.
En effet, le pari de Verhoeven n’était pas de filmer uniquement une machine à tuer avide de vengeance, tel un Terminator, mais bien de présenter ce dernier comme une machine aux vestiges bien humains. Et lorsque le robot-flic retrouve ses émotions humaines et sa mémoire retenant quelques aspects de sa vie d’antan, Verhoeven nous fait comprendre qu’un Homme ne pourra jamais être une machine sans réflexion, même s’il en a l’aspect extérieur, réflexion qui fout en l’air toute la thèse du capitalisme.

Au-delà de cette idée savoureuse, RoboCop choque par sa violence. Le meurtre de Murphy restera l’une des exécutions sommaires les plus marquantes du cinéma, tandis que la fin du film est elle aussi mémorable, notamment par l’irruption presque traumatisante d’un gangster gravement défiguré après un bain d’acide.
L’aspect novateur à l’origine de tout ce culte, c’est bien sûr l’ingéniosité du costume de RoboCop, conçu par Rob Bottin (qu’est-ce qu’il devient d’ailleurs ?), qui, même 21 ans après sa sortie, ne parait ni ridicule ni cheap (deux mots qui vont souvent ensemble lorsque l’on évoque certains films des eighties). Le génial Phil Tippett se charge des animations efficaces de l’ED-209, notamment lors du surprenant combat entre les deux "machines", où Verhoeven s’amuse à mêler sur l’écran la maquette filmée en gros plan et l’acteur rajouté ensuite.

A l’instar de Total Recall et Starship Troopers, RoboCop est du cinéma grand public politiquement incorrect (à en juger les hilarantes publicités qui coupent le métrage) qui continue à avoir son petit effet à travers les années. Mise en scène inventive, personnage principal marginal, violence et satire qui s’entremêlent, et la musique épique de Basil Poledouris... tous les ingrédients qui marquent ce film culte et en font un spectacle définitivement jouissif. Dommage que ce chef-d’oeuvre connaisse à son tour un remake ! A moins que Darren Aronofsky ne fasse des miracles...

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage