Critique de film

Remington and the Curse of the Zombadings

"Zombadings 1: Patayin sa shokot si Remington"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Comédie
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Philippines
  • Durée : 1h36
  • Musique : Teresa Barrozo
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Remington est un jeune macho typique, travailleur le jour et fêtard la nuit. Enfant, il se moquait des gays et une de ses victimes, furieuse, le condamna à en devenir un par la suite. Paroles en l’air? Il s’avère que non! Remington commence à se transformer effectivement en homo et se retrouve tiraillé entre sa jolie voisine et son meilleur ami. Entretemps, sa mère, officier de police, enquête sur les meurtres en série de gays…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Remington and the Curse of the Zombadings - Popoltergay
Par : Damien Taymans




Remington, travailleur le jour et fêtard la nuit, est avant tout homophobe à plein temps. C’est bien simple : la vue même d’un travelo le convaincrait à se plier à une greffe de poils supplémentaires sur le torse pour porter sa virilité à son paroxysme. Tout petit déjà, il pointait les pédales du doigt et raillait leur déguisement. Mais une de ses victimes l’a condamné à devenir un homosexuel en grandissant. Sitôt que les premiers symptômes apparaissent, Remington, bien loin de tomber en dépression (plus possible, il devient gay), se lance à la conquête de sa jolie voisine et de son meilleur ami. Un dilemme plus ardu que celui qui alimentait jadis Don Rodrigue secoue tout son corps : Sodome ou Gomorrhe ? Les bourses ou la fille ? Pendant ce temps, sa mère, officier de police, enquête sur des meurtres en série d’homos...

Changement de cap pour la sélection New Cinema from Asia du NIFFF : l’excentricité pelliculée ne débarque pas de Malaisie (Petaling street warriors est un bien sage représentant du pays de Zombies from Banana Village et Limah’s ghost goes home) : elle est d’origine philippine avec une verve caricaturale similaire aux œuvres précitées lorsqu’il s’agit de dépeindre les grandes folles. Ainsi, Remington, natif d’une région où l’homosexualité passe presque pour la norme, se métamorphose-t-il en l’une de ces créatures qu’il méprise au point d’opter pour des tee-shirts aux couleurs criardes, d’adopter une gestuelle de plus en plus maniérée et une voix sur-aiguë que le réalisateur ne manque pas de colorer en rose dans les sous-titres originaux. Dans cette pellicule aussi bariolée qu’un char de la Gay Pride, l’apanage de l’homosexualité réside dans des accoutrements flashys et une dévirilisation progressive, autant psychique (le filtre des émotions régit désormais chaque perception) que physique (la première étape de la transformation du héros relève de la perte de sa pilosité). Remington ant the Curse of the Zombadings fétichise à outrance, conférant à la féminisation vestimentaire (spécialement au foulard rose symbolisant cette mutation) une puissance qui possède finalement peu d’échos dans la communauté gay.

Peu importe puisque la caricature est ici sacrifiée sur l’autel d’une comédie potache par essence et lourdingue par conviction. La preuve avec ce dernier acte permettant aux cadavres des travelos exécutés jusque-là de revenir dans le monde des vivants pour se venger du dézingueur en série. Intéressant sans être totalement délirant ni convaincant, Zombadings connaîtra sans doute son ultime consécration avec ce prix raflé dans la compèt asiatique de NIFFF 2012. Mais à vaincre sans péril...


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