Critique de film

Regression

"Regression"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Canada, Espagne
  • Durée : 1h47
  • Musique : Roque Baños
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Minnesota, 1990. L'inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque John avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu'ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Regression - Le Diable est dans les détails
Par : Samuel Tubez


Après l’échec commercial de son péplum cosmologique Agora, Alejandro Amenábar revient au thriller psychologique qui a fait sa renommée (Tesis, Ouvre les yeux), avec une sombre affaire, inspirée de faits réels, de viol incestueux sur fond de secte satanique.

Regression suit l’enquête de l’inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke) qui tente d’éclaircir ce qui se trame derrière les paroles d’Angela (Emma Watson), accusant son père de l’avoir violée. Enquêtant auprès d’un psychologue qui utilise des séances de régression consistant à plonger dans l’hypnose un individu pour retrouver un état psychique connu dans le passé, l’officier de police tombe peu à peu en pleine psychose collective, les méfaits d’une secte satanique étant peut-être à l’origine de cette affaire…

Ce n’est pas tellement l’ombre de L’exorciste qui plane sur le dernier film d’Amenábar mais bien son impact sur le public et l’hystérie qu’une telle vision peut provoquer. Le réalisateur d’Ouvre les yeux, toujours prompt à jouer avec le spectateur, désacralise le cinéma d’horreur en opposant science et religion (une récurrence dans son cinéma), mais aussi en exploitant davantage l’inconscient collectif que les jump scares et autres ambiances diaboliques. A vrai dire, Regression est assez pauvre en matière d’atmosphère méphistophélique et fait preuve de peu d’imagination dans ses représentations sataniques. Un choix au final cohérent avec un sujet où il est question de manipulation des esprits. Réel ou imaginaire, le Diable se fait ici très subtil, se terrant là où on l’attend le moins. La magnifique photographie et son ambiance sombre fait écho aux polars des seventies, vous ne verrez pas l’ombre d’un exorciste, c’est dépourvu d’effets spéciaux et la résolution, très terre à terre, est plus roublarde qu’elle n’y paraît. Si les fans de diableries contemporaines (Les derniers exorcismes et autres Devil inside) risquent d’être déçus, les amateurs d’atmosphères plus contenues et classiques, eux, devraient être aux anges, Regression se rapprochant, toutes proportions gardées et le vaudou en moins, du Angel Heart d’Alan Parker. Même si le film de l’hispanique n’en a pas le souffle et que l’on a souvent une longueur d’avance sur l’enquête, cette dernière s’avère dans l’ensemble prenante d’autant qu’elle bénéficie du talent d’un Ethan Hawke très absorbé et d’une Emma Watson plutôt bien exploitée.

Vendu à tort comme un polar satanique, Regression offre plusieurs niveaux de lecture et s’inscrit parfaitement dans la filmographie d’Alejandro Amenábar qui ne cesse d’explorer la complexité de l’esprit humain. Pas un choc ni un chef d’œuvre comme il a pu nous en livrer par le passé, mais une œuvre roublarde diablement efficace.


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