Critique de film

Red

"Red"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Trygve Allister Diesen, Lucky McKee
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h38
  • Budget : 2,5 millions de dollars
  • Scénariste : Stephen Susco (scénario) / Jack Ketchum (roman)
  • Musique : Søren Hyldgaard
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Brian Cox, Noel Fisher, Tom Sizemore, Kyle Gallner, Shiloh Fernandez, Marcia Bennett, Lauren Birkell
  • Récompenses : Aucune

La couleur titre est le nom dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Red - Death sentence
Par : Chroniqueurs


Par Beatroce

Avery Ludlow est un vieil homme bien ancré dans sa petite vie monotone de villageois. Accompagné de son fidèle toutou nommé Red, le vieillard coule des jours paisibles dans son épicerie de village. Alors qu’il ne demande rien à personne, Avery est attaqué par une bande de trois jeunes malfrats patibulaires qui, sans sommation, prennent un malin plaisir à descendre Red, son ami de 14 années. Avery est bien décidé à faire entendre raison aux parents de ces jeunes frappes afin qu’ils reçoivent une correction digne de ce nom. Sauf que, le père du killer de bestioles est un homme influent qui a la loi de son côté…

Basé sur l’excellent roman de Jack Ketchum (The Girl next door), Red, sous ses aspects de vigilante movie traditionnel, éclate le cadre dressé par les œuvres classiques des seventies et eighties pour en imposer un autre, davantage axé sur la réflexion. Loin de tomber dans la décadence sanguinolente d’un Death wish, Red se contente dans un premier temps de poser les jalons d’un questionnement existentiel sur la nature des actes commis et leurs conséquences. Les préoccupations intellectuelles et émotionnelles se substituent aux explosions de violence. Soutenu par un brillant scénario signé Stephen Susco, Red préfère s’immiscer dans ses personnages, nourrissant le spectateur d’introspections efficaces qui soutiennent le processus d’identification forcément travaillé.

La quête d’Avery, d’excuses dans un premier temps et de reconnaissance dans un second, s’avère vaine eu égard aux considérations animalières d’une justice qui les dote simplement du statut de propriété, ne reconnaissant nullement le lien fraternel qui peut se tisser entre une bête à quatre pattes et une à deux. Dès lors, le métrage, ne se bornant pas à cette simple question législative, outrepasse le caractère légal du méfait commis pour en afficher les conséquences les plus effrayantes en posant une kyrielle de questions irrésolubles : à quoi mène la cécité de la justice ? La loi du talion est-elle louable ? Incapable de protéger les hommes comme les animaux, cette justice suffit-elle ? Autant d’interrogations qui mènent inexorablement le héros vers l’affrontement pur et dur, seule échappatoire à son mal-être judiciaire et, par extension, psychologique.

Ce magnifique projet, au décalage certain et aux préoccupations marginales, accuse malheureusement quelques lacunes sans aucun doute imputables à son enfantement tourmenté émanant d’une union bâtarde. L’entame de McKee qui abandonna le projet en cours de route pour d’obscures raisons fut peu à peu colmatée par son successeur Trygve Allister Diesen. Ce changement de réal (l’un américain, l’autre norvégien) entraîne irrémédiablement un glissement de ton de l’ensemble malgré une cohérence narrative intacte.

Développée sur un rythme languissant (et parfois ennuyeux), la thèse de Red transpire d’authenticité par le truchement d’un discours qui à défaut d’être convaincant sonne vrai. Malgré quelques considérations menées trop lourdement à grands renforts de fâcheux pré-mâchages, le métrage offre au spectateur un temps de réflexion ontologique nécessaire loin des débats vides et vains aux vérités indubitables.


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