Critique de film

Ragnarok

"Gåten Ragnarok"
affiche du film
  • Genre : Aventure, fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Norvège
  • Durée : 1h34
  • Musique : Magnus Beite
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un archéologue, persuadé qu'un drakkar conservé dans un musée d'Oslo contient une réponse à l'énigme de Ragnarok - la fin des temps dans la mythologie viking, monte pour cela une expédition dans un No Man's land entre la Norvège et la Russie à la recherche d'un monstre.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ragnarok - Le journal de Benjamin Jones
Par : Damien Taymans


A l’aube de la décennie, la Scandinavie semblait constituer le nouvel eldorado du cinéma de genre européen. En quelques années, Norvège, Suède, Finlande, Islande et Danemark sortaient du four une kyrielle d’œuvres hautement recommandables telles que Morse, Manhunt, Cold Prey (et ses suites), Troll Hunter, Sauna ou encore Harpoon. Or, si les succès se font de plus en plus rares, l’industrie scandinave persévère dans sa conquête du genre qu’il a vu naître grosso merdo dans les mêmes eaux que le cinéma germanique avec Haxan, La sorcellerie à travers les âges. Les Norvégiens explorent d’autres plates-bandes dernièrement et investissent l’amusement familial à base d’aventures : Kon-Tiki de Joachim Rønning et Espen Sandberg s’offre le meilleur week-end d’ouverture dans son pays et, dans la foulée, est nommé au Golden Globe et à l’Oscar du Meilleur film étranger. De tels résultats ne pouvaient laisser froids les studios norvégiens et, reprenant tous les éléments de l’esprit Amblin, Martin Sunland et Roar Uthaug, déjà à la tête de la trilogie Cold Prey, mettent sur les rails cette fresque aventureuse qui lorgne explicitement vers les pérégrinations d’Indiana Jones et la foire aux monstres de Jurassic Park.

A la tête de ce drakkar paré pour se frayer un chemin dans les eaux internationales, Mikkel Braenne Sandemose (Cold Prey 3) réalise un formidable travail de mise en scène, embrassant au mieux les paysages norvégiens grâce à un Scope maîtrisé et soignant ses cadres lors des nombreuses séquences d’action pure. De l’action très spielbergienne comme l’illustrent l’exploration d’un bunker désaffecté faiblement éclairé, le plongeon dans un charnier rempli de cadavres millénaires ou encore cette séquence de passage très tendu au-dessus du lac abritant le monstre à l’aide d’une tyrolienne de fortune. Ces mille et une tribulations rythment cette œuvre tout aussi rafraîchissante qu’impersonnelle à force de recycler des épreuves déjà vues dans une pluralité d’"Indiana likes". Malgré l’exotisme de ses décors et de son propos (la mythologie nordique en plein avec la quête de Ragnarok, cette Apocalypse locale) et la richesse de ses personnages (les relations émouvantes mêlées d’amour et de haine entre l’archéologue et ses marmots), Ragnarok ne peut sur la durée soutenir la comparaison des canons précités et révèle quelques failles et scories (la partition scénaritique trop prévisible, certaines séquences manquant de souffle et d’inventivité) qui le rapprochent plutôt de la navrante franchise des Benjamin Gates.

De menus détails qui font la différence mais ne contraignent pas à bouder son plaisir devant ce divertissement plutôt recommandable. Ragnarok, sans arriver à la cheville des créations spilbergo-lucasiennes, fait montre d’un vrai sens du spectacle et, passé une mise en route assez longuette, tient en haleine le spectateur au gré de quelques séquences d’action bien menées.


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