Critique de film

Voltage

"RA. One"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Super-héros
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Anubhav Sinha
  • Pays d'origine : Inde
  • Budget : 25 millions de dollars
  • Scénariste : David Benullo, Kanika Dhillon, Shah Rukh Khan , Anubhav Sinha
  • Musique : Vishal Dadlani, Shekhar Ravjiani
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  • Bande annonce
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  • Casting : Shah Rukh Khan, Arjun Rampal, Joe Egan
  • Récompenses :

Londres, dans un futur proche. Une puissante firme met au point le programme RA-ONE: un être constitué d'hologrammes qui est aussi réel et dense que la matière. Lorsque l'expérience, mal contrôlée, dérape, RA-ONE sème le chaos parmi la population. Il est alors décidé d'utiliser la même technologie pour créer le seul être capable de le stopper: VOLTAGE, un super-héros aux pouvoirs dévastateurs.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ra.One - Le Nouvel Hollywood
Par : Damien Taymans


Après des sorties constamment repoussées, Ra.One débarque enfin sur la planète Cinéma. C’est que l’engin ne vient pas de n’importe quelle base de lancement : cet objet pelliculé non-identifié, parti pour rester en orbite dans une multitude de festivals, a décollé depuis la station bollywoodienne, cousine indienne de l’industrie amerloque. Pour l’occasion, les meilleurs éléments nationaux, triés sur le volet, ont embarqué pour ce qui semble être une mission de reconnaissance à l’échelle internationale. Shah Rukh Khan, alias SRK, l’équivalent de Brad Pitt selon le baromètre bollywoodien, est le principal capitaine de l’expédition que sa boîte de production (Red Chillies) a en grande partie financé. Ra.One, blockbuster détrônant les précédents détenteurs de records dans une majorité de domaines, propose une recette digne des méga-blocks estivaux inondant nos multiplexes : de l’action, des effets spéciaux, de grosses bastons qui déménagent, une magnifique héroïne super-bien roulée et... une avalanche de scènes chantées (ça reste Bollywood, hein !).

Mise à feu. 5...4...3...2...1... Le fuselage vibre sous les vrombissements du moteur à réaction. La pénétration dans l’air n’est pas des plus optimales. Dans sa première phase ascendante, la machine connaît quelques à-coups qui manquent presque de faire défaillir les observateurs les plus coriaces. Shekhar Subramanium (SRK), designer de jeux vidéos à Londres, éprouve toutes les peines du monde à devenir le "héros" de son rejeton Prateek, pré-ado typique désenchanté par le monde des adultes et qui trouve refuge dans le monde virtuel sous le pseudonyme de Lucifer. En théorie comme en prateek, le paternel foire tout jusqu’à ce qu’il suive les conseils de son marmot, dont la coupe de cheveux rappelle le couvre-chef de Darth Vader, en mettant au point The ultimate game dans lequel le vilain, grosse brute robotique inspirée de la divinité Raavan, est quasiment imbattable. Baptisé RA.One (un raccourci pour Random Access Version One), le vicelard encasqué supporte mal que le bien-nommé Lucifer le laisse en plan en plein niveau 2 et décide de doter sa silhouette électronique de suffisamment d’atomes que pour se transférer dans le monde réel et foutre à l’insolent la branlée qu’il mérite.

Sur ce postulat plutôt échevelé, RA.One, le film, donne une véritable leçon à l’industrie hollywoodienne et à ses blockbusters écervelés. Robopticons, Décepticons, Bonbaneutrons et consorts peuvent aller lustrer leur cuirasse ailleurs, G.One et sa nemesis RA.One les font valser sur un air de musique indienne, avec chorégraphies de rigueur. Passé la première heure, l’œuvre de Anubhav Sinha trouve son rythme (effréné) de croisière : si surjeu, personnages caricaturés et clins d’oeil grossiers aux modèles américains (Terminator 2 en tête de ligne) sont toujours de mise, le décalage dû au survol de l’Absurdie est définitivement avalé et le reste du voyage se passe sans encombres.

"Too much" de bout en bout, RA.One convie à la danse le plus dédaigneux grâce à un prodigieux numéro de funambule entre des aspirations internationales et une identité profondément indienne. Les deux univers, à l’instar des mondes réel et virtuel, cohabitent à la perfection dans cette bombe bollywoodienne à deux orteils à peine de Tinseltown.


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