Critique de film

Ptérodactyles

"Pterodactyl"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Animaux tueurs
  • Année de production : 2005
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Mark L. Lester
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h19
  • Scénariste : Mark Sevi
  • Musique : John Dickson
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Coolio, Cameron Daddo, Amy Sloan, George Calil, Ivo Cutzarida,...
  • Récompenses : Aucune

A la frontière entre la Turquie et lâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ptérodactyles - Futiles volatiles
Par : Quentin Meignant


Alors que les films d’animaux tueurs sont des produits faisant souvent recette sur le marché DTV, les métrages mettant en scène des créatures préhistoriques sont plutôt rares. Bien entendu, l’inoubliable trilogie Carnosaur et le fameux Raptor viennent quelque peu démentir ce constat, mais force est d’avouer que les dinosaures font souvent l’objet de superproductions tels que Jurassic Park et se montre alors véritablement percutants. Néanmoins, en 2005, Mark L. Lester décide aussi d’y aller de son œuvre préhistorique en mettant en scène Ptérodactyles, métrage tranchant carrément avec le reste de sa filmographie. Injustement sous-estimé et confiné à de micro-productions, le cinéaste marqua pourtant les esprits dans les 80’s avec son visionnaire et cauchemardesque Class of 1984 et, bien plus tard, avec sa séquelle Class of 1999. Propre producteur de son Ptérodactyles, Lester dut donc mettre en scène, avec des moyens réduits, des troupes rebelles et américaines ainsi qu’un groupe d’étudiants américains, attaqués à la frontière arméno-turque par des ptérodactyles, dinosaures volants et extrêmement carnassiers. Ceux-ci, vivant là depuis des millions d’années, voient d’un mauvais œil l’arrivée d’humains dans leur région.

Si l’on ne doute pas un seul instant qu’avec un budget plus confortable Mark L. Lester eût sans doute fait mieux, Ptérodactyles sombre dès les premiers instants. Profitant pourtant d’une photographie appréciable mais mal mise en valeur, le metteur en scène préfère « planter le décor » d’emblée et procède à la première attaque des vilaines bestioles. Par le biais d’une caméra subjective agrémentée d’un filtre rouge et d’un « flou artistique » clichéesque et mal exécuté, Lester espère sans doute démontrer la prédominance d’animaux censés tenir le métrage à bouts d’ailes durant près d’une heure trente.

Une fois l’entame désastreuse oubliée, c’est au tour des personnages d’y aller de leur inaptitude à faire croire à l’action. Un Coolio sobre mais totalement surréaliste en soldat d’élite (lui qui chantait Gangsta’s Paradise, il est tombé bien bas), une Amy Sloane dans un rôle convenu en diable et un Cameron Daddo dans la peau du Professeur Lovercraft (quel hommage !), protagoniste totalement inconsistant, représentent à eux trois le naufrage total de l’œuvre. Entre love story risible et dialogues mal torchés, Ptérodactyles avance tant bien que mal jusqu’à l’arrivée… de l’animal éponyme, mis en image par le biais de CGI infects. Là où un Dinotopia parvient à rendre ses créatures crédibles et à faire oublier ses défauts grâce à un traitement enfantin, Ptérodactyles se prend au sérieux et se casse les dents face à la mauvaise qualité visuelle de l’ensemble. Mal torchés, les effets spéciaux viennent asséner le coup de grâce à l’œuvre de Lester qui devient instantanément sympathique de par sa nullité. Dès lors, c’est avec une certaine dose de bonne humeur que le métrage se déroule jusqu’à un final convenu au possible qui clôture de la plus mauvaise des façon un film totalement voué à l’échec.

Du nullissime, du Z façon guérilla animalière, voilà de quoi faire plaisir à tous les amateurs de nanars conventionnels et fauchés. Sans jamais parvenir à transcender son manque de budget, Mark L. Lester offre là son œuvre la plus pitoyable et un spectacle tout simplement hors du commun. A l’image d’un certain Camp Blood, Ptérodactyles se pose en œuvre ultime pour une soirée de délires (alcoolisés si possible) entre potes.

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