Critique de film

Princesse Mononoké

"Mononoke-hime"
affiche du film
  • Genre : Animation, aventure
  • Année de production : 1997
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Hayao Miyazaki
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h15
  • Scénariste : Hayao Miyazaki
  • Musique : Joe Hisaishi
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Yôshi Matsuda, Yuriko Ishida, Yuko Tanaka, Kaoru Kobayashi,... (voix originales)
  • Récompenses : Prix du Meilleur film au Japanese Academy Awards; Prix Spécial au Blue Ribbon Awards; Prix Spécial aux Hochi Film Awards; Prix du Meilleur Film aux Kinema Junpo Awards; Prix du Meilleur film d'animation et du meilleur film aux Mainichi Film Concours; Prix du meilleur réalisateur au Nikkan Sports Film Awards

Au XVe siècle, durant l'ère Muromachi, la forêt japonaise, jadis protégée par des animaux géants, se dépeuple à cause de l'homme. Un sanglier transformé en démon dévastateur en sort et attaque le village d'Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Touché par le sanglier qu'il a tué, celui-ci est forcé de partir à la recherche du dieu Cerf pour lever la malédiction qui lui gangrène le bras.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Princesse Mononoke - Anime épique
Par : Samuel Tubez




Maître incontesté de l’animation, Hayao Miyazaki a plus d’une merveille à son actif. Du Château de Cagliostro au Château ambulant, il n’a cessé de nous faire voyager et rêver tout en nous questionnant sur la société dans laquelle nous évoluons. Princesse Mononoké, l’œuvre la plus réputée de l’artiste (avec Le voyage de Chihiro) est incontestablement un des sommets de sa carrière. Un immense succès critique et public qui a confirmé, après Mon voisin Totoro et Porco Rosso, tout le talent de cet immense artiste auprès du public européen.

Au XVe siècle, la forêt japonaise se voit dépeuplée par la faute de l’homme. S’échappant des bois, un sanglier possédé par un démon ravageur attaque le village du jeune Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Blessé par l’attaque de la bête, celui-ci doit quitter les siens et partir à la recherche du dieu de la forêt qui pourra défaire le sortilège l’envahissant peu à peu. Durant son voyage, Ashitaka rencontre Lady Eboshi, une femme à la tête d’une communauté de forgerons ainsi que San, une sauvageonne élevée par les loups. Son destin est désormais partagé entre le clan des hommes et celui de la forêt.

Princesse Mononoké est plus que jamais le film de Miyazaki où la nature est au centre de toutes les préoccupations. Néanmoins, il ne s’agit nullement d’un pamphlet écolo. C’est bien plus complexe que cela, plus ambigu. En effet, personne (aussi bien les animaux que les humains) n’est complètement bon ou mauvais dans cette œuvre magistrale. Les différentes natures et personnalités sont contrastées et magnifiquement équilibrées, c’est ça qui est passionnant. Par contre, ce qui ne semble pas évoluer ni broncher d’un poil, ce sont les croyances, les convictions profondes des êtres. Dans ce film, Hayao nous montre que la société a beau évoluer dans son développement des communautés et des matériaux, celle-ci régresse, ou tout du moins reste campée sur ses positions quant à son idéologie. Le chef d’œuvre de Miyazaki, outre son aspect merveilleux et son animation incroyable, est donc bien un regard lucide sur la société et son obstination à répéter les mêmes erreurs d’une génération à l’autre. L’artiste y a mis toute son énergie, toute sa force évocatrice, afin de léguer là un puissant message à destination des hommes. D’ailleurs, dans un ultime effort, il pensait à l’époque que Princesse Mononoké serait son dernier film. Heureusement pour nous, il n’en fut rien.

Ce film est également un régal esthétique et référentiel. C’est un magnifique mélange d’influences, empruntant essentiellement au cinéma de Kurosawa. Et ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que jamais il ne se veut didacticiel ou solennel, au contraire, le cinéma de Miyazaki est fait de témoignages vibrant, d’histoires et de situations magiques ainsi que d’aventures lyriques. C’est du vrai cinéma transcendant, exalté, mélancolique mais aussi cruel. Car Princesse Mononoké c’est l’œuvre la plus violente et sanglante du maître. Il n’y a pas de combat sans blessures, pas de confrontations sans douleurs. Ce qui renforce d’avantage toute la puissance de cette œuvre à la fois magique et agressive. Un film riche et fantastique qui évite naturellement tout manichéisme et qui se situe de l’autre côté du fleuve. Celui situé juste à l’opposé de la rive où se baladent joyeusement Donald, Mickey et leurs amis, si vous voyez ce que je veux dire.

Princesse Mononoké, ce n’est pas un film d’animation merveilleux comme il en existe déjà pas mal. C’est bien plus que cela. Il s’agit d’une grande épopée pleine de fougue et de vie. Un sommet de l’animation et même de l’art en général qui nous fait oublier qu’on est en train de regarder un simple dessin animé. Même après de multiples visions, on reste surpris par tant de maîtrise et de lucidité. Tout simplement grandiose !


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