Critique de film

Prémonitions

"Solace"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Fantastique, Policier
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h41
  • Musique : Brian Wayne Transeau
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un tueur en série énigmatique sévit à Atlanta, laissant le FBI totalement désemparé. Quoi qu'ils fassent, les enquêteurs ont toujours un coup de retard, comme si le tueur pouvait anticiper leurs mouvements à l'avance ! En désespoir de cause, ils se tournent vers le docteur John Clancy, un médium retraité dont les visions les ont aidés dans le passé.En étudiant le dossier, Clancy devine rapidement la raison pour laquelle le FBI est incapable de coincer le tueur : ce dernier possède le même don divinatoire que lui. Comment dès lors arrêter un tueur capable de prévoir l'avenir ? Commence alors une partie d'échecs impitoyable.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Prémonitions - Mauvaise intuition
Par : Nicolas Hainaut


Prémonitions incarne le parfait exemple d’une œuvre visuellement audacieuse, mais scénaristiquement pauvrissime. Dès l’ouverture du récit, la sortie de retraite de John Clancy, un Anthony Hopkins dans un registre peu convaincant, ne constitue pas une surprise. Au contraire, la rencontre entre Clancy et l’agent Joe Merriwether (Jeffrey Dean Morgan) sonne creux et ne laisse présager aucun doute sur la suite des événements. Armé d’un pouvoir lui permettant de visualiser à la perfection les événements passés et futurs, le récit impose à Hopkins une place prépondérante. Ses visions donnent ainsi lieu à de belles séquences visuelles – flash-backs et flash-forwards à gogo – qui s’inscrivent dans l’ordre naturel du récit. Malheureusement, l’exploitation abusive de ce montage dynamique tout le long du film finit par lasser et laisse transparaître les multiples brèches d’un récit archétypal.

John Clancy se retrouve confronté à un homme doté de pouvoirs similaires (Colin Farrell, sans authenticité), qui laisse des indices sur ses intentions tout en se jouant aisément de ses poursuivants. Son intelligence et sa clairvoyance font de lui un homme nettement supérieur et, de surcroît, insaisissable. Ce dernier finit naturellement par se révéler, en chair et en os, comme l’imposent les codes habituels du genre dont le cinéaste Afonso Poyart ne parvient jamais à réinventer les motifs. Prémonitions aurait nettement gagné en sournoiserie en ne représentant pas ce mystérieux personnage, dont l’invisibilité rendait la menace plus intrigante. Les différentes rencontres qui émanent de cette apparition renforcent parallèlement le lien qui unit John Clancy et l’agent Katherine Cowles (Abbie Cornish). Le vécu des deux personnages les incite à se rapprocher, avec comme objectif commun d’exorciser leurs souvenirs qui s’entrechoquent (la disparition et l’abandon d’un enfant). En n’offrant aucune interrogation sur une présumée lutte manichéenne, le script propose sans panache une galerie de portraits dont les destinées ne semblent jamais entravées.

Si Afonso Poyart démontre le désir d’inscrire sa démarche dans les traces de David Fincher et son incroyable Seven, Prémonitions reste une oeuvre qui développe le syndrome pathologique de nombreux films contemporains : une expertise de l’image, mais un vautrage en règle au niveau du scénario. Poyart semble à tout prix chercher à démontrer ses connaissances artistiques en oubliant de consolider un univers diégétique, inventé par trois lascars pas assez culottés (Sean Bailey, Peter Morgan et James Vanderbilt)... Le tout pour un résultat très impersonnel. Il serait temps de revoir sa grammaire cinématographique avant de vouloir ambitieusement faire étalage de son savoir-faire.


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