Critique de film

Phenomena

"Phenomena"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 1985
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Dario Argento
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h49
  • Budget : 3,8 millions de dollars
  • Scénariste : Dario Argento
  • Musique : Simon Boswell, Goblin
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Donald Pleasence, Jennifer Connelly, Dalila Di Lazzaro
  • Récompenses : Nominé dans la catégorie Meilleur film à Fantasporto (1986)

Dans un college suisse, une jeune fille capable de communiquer avec les insectes retrouve la trace d'un assassin monstrueux.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Phenomena - Un phénomène relatif
Par : Damien Taymans






Phénomena est une des œuvres la plus argentienne qui soit. Succédant directement à Ténèbres, formidable giallo de l’auteur et aux deux premiers volets de la trilogie des Trois mères que sont Suspiria et Inferno, Phénomena est considéré par beaucoup comme une œuvre bâtarde, tâtonnant aveuglément entre deux genres mal définis. Pourtant, elle constitue la preuve incontestable de la maîtrise du réalisateur dans les deux genres auxquels il participe pleinement : le giallo et le fantastique.

Le film marque d’emblée par l’univers revigorant et naturel de ses décors suisses, éloignés des châteaux et vieilles masures baroques qui constituent habituellement l’arrière-plan des œuvres d’Argento. C’est sans doute sur ce point que nombre de critiques se sont révélés déçus, sur l’innovation perturbante que le réalisateur décide d’imprimer à l’œuvre. Seulement, c’est précisément sur cette altération que repose l’éclatement du génie artistique de l’auteur. Même en effectuant un glissement géographique important, même en bousculant les règles, même en mixant les genres, Argento parvient à créer un climat intriguant et inquiétant, drainant les fans et baffant les critiques.

Plus encore qu’un mélange des genres, Phenomena se veut le phare aveuglant des ténèbres horrifiques. De l’horreur certes, mais sous couvert de conte de fées. Des images fortes et gores certes, mais avec un piment de poésie. Un climat sombre certes, mais également champêtre et envoutant. En réussissant ce savant mélange, Argento fournit à nouveau une preuve irréfutable de l’étendue de son talent et ne pourra qu’anéantir ses détracteurs. Remplaçant habilement le trauma habituel, le réalisateur crée une connivence psychologique entre le meurtrier et Jennifer, basculant dans un monde onirique mais cauchemardesque. Hantée par des visions effrayantes, chassée par ses congénères tel Carrie white dans la bel du diable parce qu’elle est différente, méprisée pour la relation diabolique qu’elle entretient avec les insectes, Jennifer tombe à la renverse dans un monde sans repères où elle ne trouvera l’aide que d’un entomologiste et de son infirmière primate.

Tout comme son intrigue, Phenomena se révèle être le terrain favorable aux antagonismes en tout genre. Alternant des scènes poétiques et enivrantes (la décapitation du début, superbe d’ingéniosité) et morceaux douteux (la chute des toits de Jennifer), plaquant une musique hard rock dérangeante sur des images superbes, comblant ses moments de silence de dialogues convenus et très ennuyeux, Argento oscille sans cesse entre le très bon et le nettement moins bon, au point d’éloigner certains aficionados pourtant convaincus dès l’entrée du talent du bonhomme.

Le jugement que l’on émet à l’égard de ce film reste tout relatif et donnera lieu à une dichotomie impossible à résoudre. Ceux qui jugeront l’œuvre objectivement l’aimeront sans conteste, ceux qui la compareront à l’aune des autres du réalisateur lui trouveront tous les défauts du monde. Une certitude : Phenomena ne laissera personne indifférent et, pour cette seule raison, mérite d’être vu…

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