Critique de film

Patrick

"Patrick"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 1978
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Richard Franklin
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 1h52
  • Scénariste : Everett De Roche
  • Musique : Brian May
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Susan Penhaligon, Robert Helpmann, Rod Mullinar, Bruce Barry, Julia Blake, Helen Hemingway, María Mercedes, Robert Thompson, Walter Pym, Frank Wilson, ...
  • Récompenses : Grand Prix du Festival d'Avoriaz 1979
    Médaille d'Or du Festival de Sitges 1978

Nouvellement embauchée dans une clinique privée, Kathy fait la rencontre de Patrick, 24 ans, dans le coma depuis plusieurs années. Mais si le jeune homme a perdu l'usage de ses 5 sens, Kathy découvre qu'il en a développé un sixième : la capacité de pouvoir changer l'ordre des choses.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Patrick - Décevant pour un classique !
Par : Quentin Meignant


L’Australie de la fin des 70’s avait pris l’habitude de charmer les amateurs de cinéma de genre avec des films comme Soif de sang ou encore Harlequin, mais aussi avec Patrick, film qui remporta le grand prix du Festival d’Avoriaz en 1979 et celui du Festival de Sitges un an plus tôt. Cette grande surprise permit notamment à l’obscur Richard Franklin d’acquérir une petite notoriété qui en profita pour réaliser Psychose 2. Aussi connu pour son fameux Visitors, tantôt encensé, tantôt décrié, en 2003, on ne peut pas pour autant dire que le réalisateur australien laissera une trace indélébile dans le panorama cinématographique.

Pourtant, ce Patrick jouit toujours d’une très bonne réputation auprès du public et ces bonnes impressions sont confirmées dès les premières minutes de film qui nous plongent directement dans le vif du sujet. Les présentations assez rapides des différents protagonistes sont réalisées sans détour lors de la première scène, ce qui laisse augurer un rythme soutenu et, surtout, une tension assez exceptionnelle.

Ainsi, la découverte de Patrick, cet être dont la vie ne tient plus qu’à un fil, glace littéralement le sang. Aidé par une bande originale très appréciable, ce dernier donne une dimension toute autre au film. Les yeux grands ouverts, le regard vitreux mais appliqué sur un point fixe, les crachats qu’il lance de temps en temps, tous les éléments sont là pour que Patrick tende à nous effrayer. L’acteur Robert Thompson, qui incarne à merveille le malade alité, donne une réelle impression d’épouvante à son personnage.

Lorsqu’on se rend compte que Patrick sait communiquer avec le monde extérieur et, surtout, qu’il est capable de faire le mal autour de lui grâce à une sorte de sixième sens (la télékinésie), le métrage prend une tournure plutôt bizarre. Certes, certaines séquences sont particulièrement éprouvantes pour les nerfs, mais, en définitive, jamais une seule de celles-ci ne parvient à captiver ou à émouvoir. Le montage hasardeux est sans aucun doute pour beaucoup dans cet état de faits.

En effet, on ne comprend pas toujours le pourquoi de certaines séquences ou de certains plans. Voir Patrick s’en prendre à des personnes qui se trouvent à des kilomètres de lui n’est pas non plus un choix judicieux et l’enthousiasme suscité par le début du film retombe assez vite. Incapable de doter d’une dimension nouvelle un personnage qui en aurait bien eu besoin, Richard Franklin se complaît alors dans le rythme instauré et dans le manque d’audace inhérent au petit budget du métrage.

La mise en scène de plus en plus chaotique et les effets spéciaux franchement limités enfoncent encore un peu plus l’ensemble. Allant même jusqu’à nous servir un happy end à la noix, le réalisateur est parvenu à gâcher son œuvre. Heureusement, un dernier petit sursaut (appelé « réflexe ordinaire ») vient sauver un final vraiment pitoyable et améliorer un peu l’opinion que l’on peut avoir de ce film trop lent et trop long (1h52).

Bref, malgré un bon début, quelques scènes appréciables (l’exécution de la grenouille, l’érection de Patrick,...) et une très bonne réputation, Patrick ne convainc pas. Loin des canons australiens de l’époque (Soif de sang, Harlequin), Franklin signe donc une œuvre globalement honnête mais qui laisse un fort goût de trop peu. Dommage !

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