Critique de film

Patéma et le monde inversé

"Sakasama no Patema"
affiche du film
  • Genre : Animation, Fantastique
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h39
  • Musique : Michiru Oshima
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Patéma, jeune fille de 14 ans, rêve de s’aventurer au-delà du monde souterrain dans lequel elle vit. Enfreignant les lois de la communauté, elle se rend sur une plateforme désaffectée, où elle tombe nez-à-nez avec l’un de ces terrifiants « hommes chauves-souris ». Perdant l’équilibre, elle bascule dans le vide, et atterrit dans un monde régi par une gravité inversée…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Patéma et le monde inversé - C’est le monde à l’envers !
Par : Nicolas Zinque


Partant d’une catastrophe écologique et technologique, Yasuhiro Yoshiura revisite un schéma classique : une rencontre entre des sociétés aux conceptions opposées, via deux personnes qui se craignent d’abord, avant de s’apprivoiser. A ma gauche, Patéma, adolescente rebelle, survivant avec sa communauté dans des souterrains. A ma droite, Age, élève lunatique, incapable de se fondre dans le moule de la société totalitaire qui ordonne la surface de la planète. Quand le hasard permet à deux âmes rêvant d’un ailleurs plus vert de se rencontrer, l’amour n’est jamais très loin…
Ce contexte n’est pas destiné à être approfondi, ni à amener un scénario complexe. Il sert de terrain de jeu pour la trouvaille, narrative et visuelle, de Patéma et le monde inversé : les personnages subissent une gravité inversée et se retrouvent la tête en bas, dès qu’ils se rendent dans le monde de l’Autre. Patéma s’envole vers le ciel, les pieds en avant, quand elle atteint la surface de la terre, tandis que Age est collé au plafond lorsqu’il se déplace dans les souterrains ! Ce n’est pas tout d’avoir une idée, encore faut-il l’exploiter correctement ! Et c’est ce que fait Yasuhiro Yoshiura : sur la durée de la projection, il extrait toutes les possibilités offertes par ce concept : gags et traits d’humour, mais aussi scènes vertigineuses (les bonds d’Age, cramponné à une Patéma qui s’envole) et scènes touchantes. Exploitant habillement une architecture verticale, notamment lors du sauvetage de Patéma et lors d’un final spectaculaire, le cinéaste japonais fait étalage de son incroyable maitrise technique. Ses mouvements de caméra et ses changements de netteté donnent le sentiment que le récit a été filmé avec une vraie caméra ! Patéma et le monde inversé est donc un long-métrage d’animation tourné comme un film « live » ! Cette impression de réalisme aspire le spectateur dans le récit et rend plus spectaculaires encore les actions des personnages. Yasuhiro Yoshiura prend un malin plaisir à bouleverser régulièrement nos repères, en basculant son image à 180°. Des rotations qui font échos aux nombreux retournements de situation rythmant le récit et qui, à défaut d’être vraiment surprenants, déroutent le spectateur. Le final est d’ailleurs un modèle du genre, enchainant les twists, contre-twists et contre-contre twists… Impossible de tout comprendre, mais le fun est bien présent.

Avec ses personnages un peu caricaturaux (le méchant est très méchant et parle d’une voix démoniaque ; les gentils sont plein d’amour,…) mais très sympathiques, Patéma et le monde inversé s’adresse plutôt aux enfants, narrativement parlant. L’aventure, rythmée par des gags et des dialogues humoristiques qui font mouche, se suit néanmoins avec beaucoup de plaisir. Une belle réussite, portée par un visuel aussi rafraîchissant qu’une brise légère en été.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage