Critique de film

Pas un bruit

"Hush"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h21
  • Musique : The Newton Brothers
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Maddie Young (Kate Siegel) est une jeune écrivain sourde ayant décidé de s'installer seule dans une maison au fond des bois, espérant que le calme et la solitude lui permettraient de retrouver l'inspiration pour écrire son prochain livre. Après une petite visite amicale de sa voisine, Sarah (Samantha Sloyan), elle ne se doute pas le moins du monde de la présence d'une autre personne près de la maison, un homme masqué et sadique (John Gallagher Jr.) qui est bien décidé à la tuer…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Pas un bruit - Silence, ça tue
Par : Damien Taymans

Maddie Young est une jeune auteure sourde qui a décidé de s’installer dans une maison isolée au cœur des bois. Une condition favorable au retour de la muse. Mais également au début des emmerdes : parce que, c’est une hypothèse, mais si un dangereux psychopathe venait frapper à sa fenêtre et qu’elle était privée de téléphone, elle serait grave dans le pétrin. Ah... c’est précisément le sujet de Pas un bruit...

En cinq minutes, Mike Flanagan a déjà tout contextualisé, structuré, balisé. Une jeune femme s’essaie à la cuisine, utilise son ordinateur et son portable, discute avec une voisine tandis que son plat brûle dans le four, déclenchant l’alarme. Quelques gestes banals à l’exécution machinale qui s’enchaînent dans le plus grand naturalisme : les sons sont bruts, la musique est absente. Les personnages elles-mêmes abandonnent la plupart du temps la partition vocale pour préférer les gestes du langage pour sourds-muets. Cette entrée, d’apparence anecdotique, juste fonctionnelle, contient déjà tout le sel de ce qui fera Pas un bruit (Hush en version originale), à savoir une oeuvre minutieusement ciselée dans laquelle chaque cadre est signifiant, chaque détail compte (tous les éléments décrits ci-dessus vont avoir un rôle dans le reste de l’intrigue), chaque action est soupesée. L’atmosphère s’installe doucement jusqu’à une entrée en jeu fracassante de la menace : Flanagan joue avec la surdité de son héroïne et expose un meurtre aux yeux et aux oreilles de tous tandis qu’elle y reste isolée, affairée à son ménage.

Petite chose fragile forcée à l’hermétisme aux stimulations de son environnement, Maddie constitue la proie idéale, celle avec laquelle le chat peut s’amuser à loisir étant donné qu’elle ne peut compter sur personne au milieu de sa villa sans voisinage et privée d’électricité. Sans Wifi, sans ouïe fine, Maddie s’en remet à son instinct de survie et lutte férocement pour défaire son assaillant aux motivations floues voire inexistantes (un autre point pour Flanagan). Face à ce cruel bourreau, l’héroïne s’en remet à ses propres facultés d’analyse, aux perceptions qui lui restent et repose sur les atouts qu’elle possède, en l’occurrence son terrain (la villa et les alentours) et tous les objets qui s’y trouvent. C’est sur ce combat à distance, psychologique comme physique, que se joue ce survival tragique qui se débarrasse de tous les oripeaux du genre, ne s’amusant jamais à le déstructurer ni à en reproduire tous les codes aveuglément.

Deux ans après Oculus, un film d’épouvante saisissant, Flanagan persévère dans sa petite découverte du genre horrifique et livre un nouveau film de peur minimaliste : au miroir d’Oculus succède la surdité dans Hush, un nouveau concept développé avec génie par le cinéaste.


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