Critique de film

Paranormal Activity

"Paranormal Activity"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Oren Peli
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h39
  • Scénariste : Oren Peli
  • Musique : Mark Binder
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Katie Featherston, Micah Sloat, Mark Friedrichs, Amber Armstrong, Ashley Palmer
  • Récompenses : Mention Spéciale à la Screamfest 2007

Katie et Micah forment un couple qui semble heureux dans sa nouvelle maison. Mais rapidement, les deux jeunes gens sont dérangés chaque nuit par une présence indéfinissable. Pour rassurer sa femme, Micah achète une caméra quâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Paranormal activity - Projet Blair ghost
Par : Chroniqueurs


Par Caligari

En 1999, au milieu d’une déferlante de films d’horreurs formatés, un petit film du nom de The Blair Witch Project s’imposait, aux USA et dans le reste du monde, comme un véritable phénomène cinématographique, voire de société. Ce faux documentaire sur trois jeunes étudiants en cinéma disparus dans un bois maudit apparaissait à l’époque comme quelque chose de totalement nouveau et annonciateur d’une éventuelle nouvelle vague dans la réalisation des films de genre. Dix ans plus tard, non seulement les films d’horreur formatés sont toujours foison, mais en plus, on a presque oublié que Blair Witch a existé. Tout comme Blair Witch était largement inspiré, dans sa forme, du Cannibal Holocaust de Deodato, ce Paranormal Activity (qui sort enfin dans les salles en septembre 2009, après avoir traîné deux ans sur les étagères) est très clairement dans la lignée du film de Myrick et Sanchez. Bien sûr, depuis il y a eu d’autres tentatives, comme le Cloverfield de Matt Reeves ou encore le Rec de Balaguero et Plaza, mais il est amusant de constater à quel point les médias et les spectateurs ont la mémoire courte, tellement on semble redécouvrir l’eau chaude à la sortie de chacun de ces films. Paranormal Activity n’a donc, à priori, rien de révolutionnaire, et s’inscrirait même dans une sorte de mouvance à la mode dont on peut pressentir qu’elle finira par agacer si elle perdure avec une aussi belle santé.

Paranormal Activity, comme The Blair Witch Project, s’intéresse à un nombre limité de personnages, mais fait encore plus fort que son aîné, vu qu’il sont ici réduits au nombre de deux. Le couple Micah/Katie, fraîchement établi dans une belle maison d’une banlieue cossue, est hanté par un fantôme qui semble vouloir s’immiscer dans leur chambre toutes les nuits. Pour apporter un témoignage visuel à ce phénomène inexpliqué, Micah décide de filmer l’intégralité des nuits, afin d’attraper le fantôme sur le fait. Suite à l’échec de nombreuses tentatives de se débarrasser de l’intrus (dont l’appel à un exorciste des plus peureux), la situation au sein du couple est de plus en plus tendue.

Plus que dans un film d’horreur, on est véritablement ici dans une sorte de radioscopie de la vie de couple. Le côté lent et répétitif peut agacer et paraître inutile à certains moments, mais cela donne une réelle épaisseur au couple, qui est le vrai sujet du film. Ce qui est montré, c’est précisément la répétition, la routine de la vie de couple, à laquelle s’intègre progressivement et subrepticement le phénomène paranormal. En effet, le couple, s’habituant peu à peu à l’intrusion de cette entité indéfinie dans son quotidien, finit presque par l’intégrer à sa vie. Tout comme s’il s’agissait d’une fuite d’eau ou d’une autre nuisance, Micah et Katie tentent de résoudre le problème qui se pose à eux, mais, en attendant d’avoir trouvé la solution, vivent avec. Au-delà de l’aspect routinier des intrusions de l’ectoplasme, celles-ci revêtent également un aspect intrusif plus gênant, en cela qu’il s’immisce dans la vie du couple le soir venu, lorsque Micah et Katie sont dans leur lit. Plus d’une fois, le malicieux fantôme tente de s’introduire dans les draps du couple au bois dormant. Le fantôme, du statut de simple nuisance passe là à celui de troisième élément dans le couple. Et comme dans un drame conjugal à trois personnages, le dénouement passera inévitablement par l’élimination d’un, voire de plusieurs membre du trio.

Outre le fait qu’il s’incruste et qu’il ait un petit côté « pervers-pépère », le fantôme de Paranormal Activity a une autre particularité, qui donne toute sa crédibilité, tant que faire se peut, à l’ensemble. Le fantôme n’est pas domestique, mais personnalisé. Ce qui veut tout simplement dire qu’il ne hante pas la maison habitée par le couple, mais un des membres du couple, à savoir Katie, et cela depuis sa plus tendre enfance. Cette astuce scénaristique légitime le huis clos et l’enfermement du couple dans la maison, étant donné que, même s’ils la fuyaient, le fantôme les suivrait.

Plus original et beaucoup plus malin qu’il ne pourrait paraître de prime abord, Paranormal Activity, s’il se traîne de temps à autres dans sa description du quotidien de Katie et Micah, assure malgré tout avec beaucoup de détails convaincants la description de la vie conjugale, et parvient à intégrer le fantastique dans ce qui ne pourrait être qu’un film sur le couple. Etonnants de naturel, Katie Featherston et Micah Sloat parviennent à maintenir l’intérêt jusqu’à un final beaucoup plus conventionnel (qui a d’ailleurs été retourné sous l’impulsion de Steven Spielberg, pour la sortie en salle).


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