Critique de film

Pan

"Pan"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Conte fantastique
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h51
  • Scénariste : Ben Magid, J.M. Barrie
  • Musique : John Powell
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Proposant un nouveau regard sur l'origine des personnages légendaires créés par J.M. Barrie, le film s'attache à l'histoire d'un orphelin enlevé au Pays Imaginaire. Là-bas, il vivra une aventure palpitante et bravera maints dangers, tout en découvrant son destin : devenir le héros connu dans le monde entier sous le nom de Peter Pan.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Pan - Un prequel original
Par : Jonathan Chevrier

A l’heure où les adaptations live des classiques les plus populaires de l’écurie Disney se comptent quasiment à la pelle (et ce n’est pas près de s’arrêter), on doit voir d’un bon œil que la Warner cherche des poux à la major aux grandes oreilles sur son propre terrain, comme elle s’escrime à le faire dans le rayon des super heroes movies.
Si le studio s’est fait damer le pion sur Le Livre de la Jungle (la version Disney de Jon Favreau débarquera dans les salles bien avant celle d’Andy Serkis), il a, en revanche, placé ses billes en avance quant à sa mise en image d’un nouvel opus sur le personnage de Peter Pan créé par J. M. Barrie.

Et à l’instar du sympathique Maléfique de Robert Stromberg, ce Pan constitue un prequel original à l’histoire que nous connaissons tous depuis notre plus jeune âge, en contant la jeunesse du héros au pays imaginaire là où l’inestimable Steven Spielberg lui, nous offrait sa version adulte dans le merveilleux Hook - et campé par le regretté Robin Williams. Les mauvaises langues avanceront, et on ne peut pas vraiment les contredire, qu’Hollywood a décemment fait le tour du personnage (la genèse de sa création a même été montrée dans Neverland).

A ceci près qu’une énième aventure à l’approche pour le coup différente, placée sous la caméra du talentueux Joe Wright, avait tout de même de quoi allécher, tant celui-ci avait su brillamment contourner les contraintes littéraires du pavé culte Anna Karenine (dont on en compte plus les multiples adaptations), pour en offrir un magnifique moment de cinéma théâtrale et bouleversant. Alléchant donc, et pas qu’un peu au vu de son casting vedette follement talentueux (Hugh Jackman, Rooney Mara et le mésestimé Garrett Hedlund), mais surtout de ces premières images renversantes balancées durant sa maladroite campagne promotionnelle.
La vision rafraichissante et moderne de Wright laissait présager non seulement un divertissement ambitieux et total dénotant complétement avec la production familiale actuelle, mais confirmait surtout que le cinéaste était bel et bien l’un des créateurs/ré-orchestrateurs d’univers les plus talentueux de sa génération.

Critiqué de toutes parts par la presse US au moment de sa sortie, boycotté - ou presque - par le public en salles, que ce soit en Europe ou outre-Atlantique (15M$ pour son premier weekend, là ou son budget est facturé à 155M$), la faute - peut-être - à un marketing frisant l’indécence du mauvais goût, Pan ne mérite pas du tout son mauvais accueil, même s’il incarne une déception à plus d’un titre. Porté par une remarquable exposition au sein d’un orphelinat rappelant fortement celle d’Oliver Twist et clairement celle d’Harry Potter (le cadre londonien et le jeune héros/élu orphelin aidant encore plus à la comparaison), le film de Joe Wright épouse complétement la structure du conte traditionnel en développant une vision très singulière et détachée de l’histoire de Peter Pan. Une vision unique, teintée de noirceur avec la Seconde Guerre Mondiale en toile de fond, une amitié improbable avec son ennemi juré (Crochet), un cadre loin d’être idyllique (le Pays Imaginaire avec ses enfants perdus luttant contre les pirates) et la rencontre tendue avec le terrible Barbe Noire.
Si le premier tiers en plein Londres Victorien, parfaitement rythmé et féérique, séduit au plus haut point, c’est au moment où le jeune héros débarque au Pays Imaginaire que Pan commence peu à peu à perdre de son souffle épique et à montrer ses limites.

Si le métrage ne perd pas une seule seconde son optique d’offrir une aventure visuellement généreuse et inventive (les créations incroyables et originales sont légion, la 3D immersive leur rend joliment justice), il peine cependant tout du long à raviver l’intérêt d’un personnage à la mythologie adaptée à toutes les sauces (le film n’atteint jamais la maestria de la version Disney des années 50), via une histoire ultra classique et même brouillonne. En ce sens, il est indéniable que la péloche incarne un pur divertissement familial à l’ancienne dans tout ce qu’il a de plus séduisant et nostalgique, mais également tout ce qu’il a de plus conventionnel, linéaire et décevant.

Une ambivalence teintée d’étrangeté qui se retrouve également dans les partitions pas toujours impliquées d’un casting partiellement convaincant. Si Hugh Jackman offre une prestation haute en couleur en Barbe Noire (il s’éclate et cela se voit), et que Garrett Hedlund cabotine juste ce qu’il faut en Crochet, Rooney Mara elle, a tout du mistcast accablant. Idem pour ce qui est du jeune Levi Miller - dont c’est le premier rôle à l’écran -, rarement juste dans la peau du jeune Peter.

Loin du hit majeur espéré tout aussi loin de la catastrophe annoncée, Pan est une œuvre dynamique et farfelue, surprenante (Nirvana à la B.O., qui l’eut cru ?) et à l’ambition visuelle démesurée mais tronquée par des choix artistiques indignes quand on connaît un tant soit peu le talent immense de son metteur en scène. Un objet filmique ni forcément réussi ni forcément raté qui provoquera la fascination de plus d’un spectateur averti.


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