Critique de film

P'tit Quinquin

"P'tit Quinquin"
affiche du film
  • Genre : Mini-série, Surréalisme
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 3h40
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une enquête policière extravagante, improbable et burlesque autour d’étranges crimes aux abords d’un village côtier du Boulonnais en proie au mal, et d’une bande de jeunes crapules menée par P’tit Quinquin et Eve, son amoureuse.

Les critiques à propos de ce film

Critique de P’tit Quinquin - Bande de p’tit cons !
Par : Quentin Meignant


Il est temps que le duo de CinemaFantastique présent au NIFFF se confesse. Avant P’tit Quinquin, il n’avait jamais vu d’oeuvre de Bruno Dumont. Aussi la surprise, vous vous en doutez, fut-elle de taille face à ces 3h20 d’absurde total. Descendu en flèche dans nos colonnes suite à cette première vision (voir ICI), P’tit Quinquin interpellait néanmoins puisque, tout au long de la semaine, les répliques du film fusaient dans nos bouches et rendaient impossible tout dialogue constructif avec le reste de la presse. Du "p’tit con" à "On y va Carpentier" en passant par "Gendarmerie nationale tout de même", rien n’était épargné à nos interlocuteurs. Voir un ensemble nous marquer à ce point n’était en rien anodin et il était de notre devoir de nous imposer une seconde vision afin de comprendre nos réactions.

Présentée avec succès à Cannes, la mini-série de commande de Bruno Dumont met en scène une enquête policière extravagante, improbable et burlesque autour d’étranges crimes aux abords d’un village côtier du Boulonnais en proie au mal, et d’une bande de jeunes crapules menée par P’tit Quinquin et Eve, son amoureuse.

L’entame est à la hauteur du tout et nous dresse un portrait peu flatteur de la Côte d’Opale, région dont Bruno Dumont est originaire. Ce dernier dresse un tableau peu idyllique entre ses consanguins, ses sales gamins et, surtout, sa crétinerie dégénérative et permanente. Figure de proue d’un casting dont l’amateurisme est complet, le Commandant représente à lui seul les difficultés d’une région et de ses habitants, dont la caricature est poussée à son paroxysme.

Si nombre d’autochtones risquent de mal prendre ce portrait au vitriol de leur région, portait qui est pourtant à prendre au trente-sixième degré, la régalade est totale durant tout le déroulement d’une enquête dont le dénouement (qui n’existe pas) est d’emblée anecdotique. Tout est prétexte à tirer sur l’ambulance d’une France qui perd la tête : racisme dans tout ce qu’il a de plus pudibond, handicap (avec une scène de crise d’autisme particulièrement réussie), surplace de la bureaucratie française, relations adultériennes "à tiroirs",... Autant d’éléments qui prêtent à sourire grâce au traitement apporté par Bruno Dumont mais qui laissent aussi à penser que ce P’tit Quinquin est une sorte de "J’accuse", ce qui le rend encore plus intéressant.

Jouant des ficelles humoristiques posées dès le départ, P’tit Quinquin ne peut être qu’un objet de culte (ou de dégoût) dont la mise en scène est par ailleurs soignée avec une gestion parfaite des arrières-plans (où le Commandant est omniprésent) et de plans d’ensemble merveilleux.

P’tit Quinquin ne peut guère laisser indifférent et s’avère donc, de ce point de vue, être une impeccable réussite dont le spectateur ne sort guère indemne. Il faut certes s’accrocher pour entrer dans l’univers farfelu de Dumont mais, une fois à l’intérieur, le plaisir est total et il ne faut pas être un p’tit con pour apprécier pareil ensemble.


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