Critique de film

Ouija

"Ouija"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h30
  • Budget : 5 millions de dollars
  • Musique : Anton Sanko
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Après avoir réveillé les forces ténébreuses d’une antique planche de jeu de spiritisme, un groupe d’amis se voit confronté à ses peurs les plus terribles.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ouija - Le numéro demandé n’est pas attribué
Par : Seb Lecocq




Le patronyme de Stiles White ne vous dit rien ? Guère étonnant ! L’homme signe ici sa première réalisation même s’il n’est pas un nouveau venu dans le business. Il connait en effet très bien les arcanes de l’industrie car il a œuvré sur les effets spéciaux de Congo, Jurassic Park III, Lake Placid ou encore Small Soldiers avant de se lancer dans l’écriture avec Possédée, Prédictions et enfin ce Ouija pour lequel il signe également la mise en scène. Son CV à tout du travailleur de l’ombre qui, lui aussi, voudrait un peu de la relative lumière accordée aux metteurs en scène. Son film, impersonnel, inodore, incolore, insipide, va vite rejoindre les milliers d’autres séries B modernes produites à la chaine et destinées à un public peu regardant issu de la génération internet qui oublie pratiquement instantanément ce qu’elle vient de voir. Un produit de grande consommation à usage unique dont le but est de remplir de la bande passante entre une vidéo de chatons et deux selfies.

Malgré la présence du nom de Stiles White sur l’affiche, Ouija est un pur produit mis en chantier uniquement pour remplir les caisses d’Universal qui espère bien, avec un investissement minime (5.000.000 $), tirer le gros lot. Et c’est bien parti puisque le film flirte déjà avec les 80.000.000 $ de recettes. En termes de production, c’est donc une réussite, en termes cinématographiques, c’est tout l’inverse. Le scénario a été remanié à maintes reprises, le début de l’écriture datant de 2010, et de nombreux reshoots ont été effectués alors que les premières images avaient été diffusées par Universal et Platinum Dunes (eh oui, ce grand escroc de Michael Bay est lui aussi de la partie). Tout cela afin de satisfaire le public le plus large possible. La trame narrative suit les traces de Laine qui, pour tenter de comprendre les raisons du suicide de sa meilleure amie, va essayer de communiquer avec son esprit via l’intermédiaire d’une planche de ouija. Bien évidemment, ce n’est pas l’âme de la défunte mais un spectre bien plus néfaste qui va répondre à l’appel. Pour l’originalité on repassera.
Pour la qualité de la mise en scène aussi, d’ailleurs. Le réalisateur s’échine à filmer des adolescentes blafardes et apeurées dans des pièces sombres éclairées par des filtres bleus et verdâtres tandis que le designer sonore se contente de copier ce qui se fait dans le genre depuis vingt ans. Bruits suspects, craquements, grincements et cris suraigus pullulent dès que l’on se trouve en intérieur. Le tout étant évidemment ponctué des traditionnels jump-scares tellement réchauffés qu’ils frisent la parodie involontaire. Il est physiquement impossible de ressentir le moindre sentiment de peur ou de malaise devant les tribulations de cette petite bande de post-adolescents qui vont vite se faire dézinguer, le tout sans la moindre effusion de sang et hors-champ pour ne pas risquer de choquer les âmes les plus sensibles. Le point fort du film, peut-être le seul d’ailleurs, est sa courte durée : 1h25, génériques de début et de fin compris. Mais malgré cela, Ouija parvient encore à lambiner entre deux péripéties mollassonnes. Le réalisateur lui-même semble véritablement s’ennuyer à filmer cette histoire sans intérêt, parant au plus pressé et évitant soigneusement toute innovation ou idée de mise en scène qui pourraient apporter une plus-value au film. Platitude à tous les étages.
Il serait malvenu de blâmer le casting qui fait ce qu’il peut avec pas grand-chose. Aucune direction d’acteur, des rôles bêtes à manger du foin, des costumes passe-partout et une direction photo qui ne les met pas spécialement en valeur. Souhaitons-leur bien du courage pour sortir du monde de l’horreur bon marché et du dtv cheap. Le spectateur lui, trompe son ennui comme il peut et tente de se raccrocher aux branches d’un scénario sans enjeux dont il aura déjà deviné les tenants et aboutissants dès les premiers similis rebondissements.

Vu et revu, sans enjeux, sans intérêt, doté d’une mise en scène plate, d’un scénario indigne et d’une direction photo convenue, Ouija n’est rien de plus qu’un pur produit cyniquement cupide destiné à un grand public consommateur et peu regardant sur la qualité. Le véritable fan d’horreur, lui, rongera son frein une fois de plus devant un tel renoncement et un manque d’ambition.


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