Critique de film

Nina Forever

"Nina Forever"
affiche du film
  • Genre : Comédie romantique, Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h38
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Holly tombe amoureuse de Rob, un homme qui vient de perdre sa fiancée. Lors de leurs ébats amoureux, l’ex fiancée de Rob, Nina, apparaît sous la forme d’un fantôme, toujours marquée par les mutilations qu’elle a subi lors de son décès...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Nina Forever - Qui de nous deux ?
Par : Damien Taymans

Perdre sa petite amie dans un accident de bagnole, ça vous déchire le cœur, surtout si vous venez de clôturer votre omnium et que la donzelle a opté, en guise de dernière action d’éclat, pour un sinistre total en tort. Plongé dans le désespoir depuis le décès de Nina, Rob décide dans un premier temps de mettre fin à ses jours, en vain. Décidément, quand la guigne est là. Reprenant du poil de la bête, il s’acoquine d’une collègue de boulot, la mystérieuse Holly qui semble disposée à éveiller l’animal sauvage endormi. Seul hic : il ne faut pas que la nouvelle conquête de Rob soit trop possessive car la carcasse de l’ex risque de se pointer en plein ébat...

Après une pléiade de courts-métrages et de boulots de téléastes pour la BBC, les frères Blaine passent au format long avec une première œuvre horrifique d’emblée inclassable. Au confluent de genre aussi divers que le drame intimiste, la comédie horrifique et la romance érotico-schizophrène, Nina Forever repose avant tout sur un triangle amoureux aussi invraisemblable que dérangeant. Car, à mesure que Rob s’abîme dans le corps de sa nouvelle partenaire, l’ex-fiancée apparaît dans la couche, maculant les draps et réinvestissant une place qu’elle estime sienne ("On n’a jamais rompu"). Techniquement, l’intruse a raison : elle demeure la compagne légitime, ce qui rend de facto toute nouvelle aventure importune et accentue la culpabilité du héros.

Du "zéro" plutôt tant il semble évident que Rob n’est qu’un fantôme sans consistance destiné à subir avec un soupçon de passivité et de veulerie la lutte entre ses deux amantes. Entre deux émotions également (culpabilité et passion). Voire entre deux attirances sexuelles (nécrophilie et triolisme ou cette bonne vieille relation hétéro sans relief ?). Incapable de prendre sa vie en main, Rob est un pleutre qui préfère se repaître des mêmes artifices jusqu’à l’indigestion (les repas dominicaux dans sa belle-famille), troquant son diplôme de doctorant pour le sarrau de l’employé de supermarché. Volontairement effacé, le mâle laisse la cage aux deux lionnes qui tentent de s’apprivoiser et de se dompter mutuellement pour simplement survivre dans le lit, dans le cœur et... dans la mémoire de leur proie. S’affrontent le réalisme de la vie quotidienne et le poids du deuil dans une bataille acharnée à coups de souvenirs effacés et de rappels durablement encrés dans la chair.

Loin de la gaudriole d’un Life after Beth ou d’un Burrying the Ex, deux productions ricaines récentes drolatiques mettant en scène le retour inattendu d’une petite amie enterrée, le film des frères Blaine privilégie le premier degré, saupoudré par quelques timides gags so british, pour conter cette œuvre aussi poétique que macabre, aussi étonnante que détonante.


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