Critique de film

Nightmare - Cauchemars à Daytona Beach

"Nightmare"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Slasher
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Romano Scavolini
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h37
  • Scénariste : Romano Scavolini
  • Musique : Jack Eric Williams
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sharon Smith, Baird Stafford, CJ Cooke, Mik Cribben, Kathleen Ferguson
  • Récompenses : Aucune

George Tatum est interné et suit un traitement innovant pour tenter dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Nightmare - Le Myers italien
Par : Gore Sliclez


Fin des années 70 et début des années 80 le slasher connaît son apogée à travers des oeuvres comme Halloween, Vendredi 13, Maniac et j’en passe. Souhaitant continuer à surfer sur cette vague du succès et conscients de ce marché très porteur, les producteurs cherchent toujours de nouvelles idées et débouchent notamment sur le genre psychokiller pourtant difficile à adapter correctement au cinéma. Et c’est à Romano Scavolini qu’est confié ce nouveau pari tout auréolé du succès d’estime de son étrange giallo Un Bianco vestito per Marialé (1972).

George Tatum (interprété admirablement par Baird Stafford, deux films seulement à son actif) est interné et suit un traitement innovant pour tenter d’échapper aux horribles cauchemars dont il est victime et qui remontent à son enfance où il fut le meurtrier de ses parents qu’il assassina sauvagement à coups de hache. Croyant être guéri, il est libéré sans inquiétudes. Mais, très vite, Tatum replonge toujours plus loin dans la folie et sent monter en lui des pulsions meurtrières qu’il a du mal à réfréner.
Malgré quelques scènes choc et une musique expérimentale intéressante, Nightmare a beaucoup de mal à commencer en partie à cause d’une mise en scène laborieuse et naïve qui a du mal à accrocher le spectateur. Dans une chronologie scrupuleusement respectée et annoncée à chaque chapitre, Scavolini nous plonge très lentement dans cette descente aux enfers d’un pervers en puissance qui passe à l’acte en milieu de film après avoir épié longuement sa proie. Un jeu de prédateur exploité par une caméra subjective nous permettant ainsi de voir à travers les yeux de Tatum. Sa sauvagerie tout comme son regard de dément permet à Scavolini de mettre à profit son sens du slasher et du meurtrier tapi dans l’ombre comme à la bonne époque du giallo italien.

Parallèlement à l’histoire de Tatum, le réalisateur transalpin nous présente alors une famille heureuse composée d’une femme, de son compagnon et de ses trois enfants. L’un des trois, Sidney, semble néanmoins être un enfant perturbé ayant le goût du macabre. Un bonheur familial détonnant par rapport à la froideur présente depuis le début du film. On anticipe alors la raison qui pousse Scavolini à nous présenter cette famille recomposée.

De fait, le paroxysme du film se situe donc à la fin quand Tatum épie cette maison du bonheur et ,tel un Michael Myers, décide d’entamer une folie meurtrière. Une comparaison qui n’est pas innocente puisque de nombreuses critiques à l’époque reprochaient à Scavolini d’avoir plagié le film de Carpenter. Il n’en est rien car le but et le twist final contredisent ce reproche et nous offrent une fin dérangeante et crispante qui malheureusement ne fut pas développée plus tôt dans le film tant celle-ci est réussie.

Une œuvre aux multiples titres (ridicules) qui s’inscrit donc dans la lignée des Nasties de l’époque comme un Maniac ou The Last House on the Left c’est-à-dire malsaine, sanglante (la scène du parricide est tout simplement gore) et socialement choquante mais trop inégale que pour crier au génie. Néanmoins sa seule présence dans la liste noire anglaise permet de s’y intéresser de près et de découvrir ainsi une autre vision de psychopathe pervers que celle du maître Carpenter.


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