Critique de film

Night Fishing

"Paranmanjang"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Conte fantastique
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Park Chan-wook, Park Chan-kyong
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 30 minutes
  • Budget : 94.500 euros
  • Scénariste : Park Chan-wook, Park Chan-kyong
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  • Bande annonce
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  • Casting : Lee Jung-hyun, Oh Kwang-rok
  • Récompenses : Meilleur court-métrage au Berlin International Film Festival 2011

Tourné avec un iPhone 4, Night Fishing suit un homme qui pêche au bord d'un lac isolé. Il ferre alors ce qu'il croit être une gros poisson... Il n'en est rien: une jeune femme shaman, qui sert de pont entre le monde des morts et celui des vivants, se présente à lui...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Night fishing - La cabale du pêcheur
Par : Damien Taymans




Sur les berges d’un lac isolé, un pêcheur capture dans ses filets une jeune femme. Lorsque cette dernière commence à lui parler de sa fille défunte, il comprend qu’elle n’est autre qu’un shaman servant de pont entre le monde des vivants et des morts…

Surpassant Monte Hellman dans la quête d’une technologie de plus en plus minimaliste, Park Chan-Wook et son frangin Park Chan-Kyong shootent Night fishing avec leurs IPhone 4, remontant par la suite ce film progressif avec du matériel pro. Découpé en trois parties distinctes formellement contrastées, ce court-métrage récompensé d’un Ours d’argent à Berlin, aborde sous un angle surréaliste le thème du deuil auquel le tandem de cinéastes imprime une couleur très typée, propre à la culture sud-coréenne. Le dernier tableau présente ainsi une cérémonie mortuaire assez particulière au symbolisme religieux souvent exotique.

En tout et pour tout, le film aura coûté 130 000 dollars, en partie versé par KT Telecom, distributeur de l’IPhone coréen. Le prodige ne fait pourtant pas illusion lors du premier tableau, rendu par une mise en scène trop tremblante, qui s’assimile à une sorte de clip musical méga-"arty" où le spectateur a tout le loisir de suivre les pérégrinations d’un chapeau soufflé par le vent. Le segment intermédiaire, en noir et blanc, est le plus proche de l’univers baroque de Park Chan-wook, à tel point qu’il ne dépareillerait pas, dans son traitement absurde, avec certaines séquences de Thirst, le dernier long métrage du réalisateur d’Old boy.

A la fois plus sage que sa trilogie vengeresse et moins bancal que son odyssée mystico-vampirique, Night fishing se trouve à l’exact confluent de ces deux voies empruntées par le cinéaste jusqu’ici.Teinté de poésie, remarquablement monté, Night fishing vaut davantage pour son traitement narratif que pour l’anecdote technologique à la base du buzz qu’il alimente sur la toile.