Critique de film

Night Fare

"Night Fare"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h20
  • Musique : Alex Cortés
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Luc et Chris, son ami anglais, montent dans un taxi pour rentrer chez eux après une soirée parisienne bien arrosée. Arrivés à destination, ils s'enfuient sans payer la course. Ils sont tombés sur le mauvais chauffeur… Le taxi va se mettre en chasse toute la nuit. Mais, est-ce vraiment l'argent qu'il veut ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Night Fare
Par : Jonathan Chevrier

Force est d’admettre que, depuis quelques temps, si la comédie hexagonale se porte étonnement bien, la série B made in France se paye elle aussi une belle cure de jouvence. Zulu, Mea Culpa, De Guerre Lasse ou encore Antigang pour ne citer qu’eux, prouvent que les cinéastes français musclent leur jeu, histoire de mieux concurrencer les péloches venues du froid et d’outre-Atlantique, voire même pour mieux effacer des mémoires le triste statut d’un genre complétement englué par sa Marchalisation depuis près d’une décennie maintenant (de l’efficace 36, Quai des Orfèvres au très pâlot MR73, sans oublier le moyen Gangsters et la série Braquo). Bref, on semble se tirer un peu les doigts du cul par chez nous et c’est franchement loin de nous déplaire.

Ancien clippeur devenu cinéaste (très) prometteur ayant fait ses gammes chez tonton Besson (il a écrit Yamakasi et réalisé sa suite, Les Fils du Vent) et auteur de l’inconsistant Scorpion (avec un Clovis Cornillac transformé et impliqué), Julien Seri revient, après un parcours du combattant jonché de projets avortés, avec un troisième long des plus prometteurs et entièrement indépendant puisque financé via une campagne à succès sur un site de financement participatif. Bête de festivals prenant les savoureux atours d’une virée nocturne ambitieuse qui fleure bon la production décomplexée tendance ricaine, Night Fare suit l’histoire de Luc et Chris, son ami anglais, qui montent dans un taxi pour rentrer chez eux après une soirée parisienne bien arrosée. Arrivés à destination, ils s’enfuient sans payer la course. Ils sont tombés sur le mauvais chauffeur... Le taxi va se mettre en chasse toute la nuit. Mais, est-ce vraiment l’argent qu’il veut ?

Petit miracle sur pellicule - et porteur d’un certain espoir pour l’avenir - à la mise en scène plus que solide et maitrisée (de la photographie nocturne superbe à quelques plans d’une beauté renversante), Night Fare est une série B comme on les aime, efficace et haletante mais surtout incroyablement sincère et transpirant de tous ses pores l’amour du cinoche du samedi soir. Seri joue pleinement de son budget restreint pour divertir un spectateur plus qu’agréablement surpris face à une telle péloche produite dans l’hexagone.

Iconique et créatif à souhait, bourré jusqu’à la gueule de références (de Duel à Collateral en passant par Un Justicier dans la Ville, Maniac Cop ou encore Highwaymen), Night Fare est en outre porté par un casting convaincant et une ambiance purement 80’s (ce qui le rapproche encore plus du Drive de Winding Refn). Hélas, le film se montre limité d’un point de vue scénaristique (le manque de scènes d’action, ses flashbacks explicatifs inutiles, sa grande prévisibilité et une fin assez WTF), Julien Seri embrassant avec fougue le survival tendu dans sa course-poursuite urbaine offrant une vision inédite de la capitale parisienne.

Si l’effort s’avère au final assez sage et dénué de violence (on peut y voir la volonté louable du réalisateur de vouloir toucher un large public et de ne pas se faire lyncher par la censure comme sur Scorpion), Night Fare n’en est pas moins un bon film burné, référencé et rythmé, qui tire de son aspect modeste une vraie déclaration d’amour passionnée pour le cinéma d’exploitation jouissif made in America. Une belle et généreuse surprise qui, on l’espère, en appellera bien d’autres dans un cinéma de genre hexagonal qui ne demande qu’à être arpenté par les cinéastes de demain.


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