Critique de film

Nathalie dans l'enfer nazi

"Nathalie, rescapée de l'enfer"
affiche du film
  • Genre : Erotisme, Horreur - Sadisme
  • Année de production : 1978
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alain Payet
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Alain Payet
  • Musique : Alain Payet
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Patrizia Gori, Jack Taylor, Jacqueline Laurent, Jacques Marbeuf, Rudy Lenoir, Rod Baron, Claudine Beccarie, Richard Lemieuvre, Alban Ceray, Pamela Stanford,...
  • Récompenses : Aucune

Nathalie, jeune docteresse russe, vit une histoire dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Nathalie dans l’enfer nazi - Une sainte chez les sauvages
Par : Quentin Meignant






Un an après avoir frappé fort (dans la médiocrité) avec Train spécial pour Hitler, Alain Payet décide de revenir à la nazisploitation avec Nathalie dans l’enfer nazi. Dans l’intervalle, le réal a tout de même signé les Véronique nique nique, Le sexe qui jouit, Les gourmandes de sexe et autres Ecole des petites baiseuses destinés à un public averti. Après ces quelques pas dans le porno, Eurociné décide de rappeler le cinéaste afin de lui proposer une nouvelle oeuvre faisant suite à Helga, La louve de Stilberg, sorti un an plus tôt. Un peu à la manière des liens qui unissent malencontreusement Train spécial pour Hitler et Les gardiennes du pénitencier, Nathalie dans l’enfer nazi n’a presque aucun rapport avec son prédécesseur : changement d’héroïne, changement initial de lieu, tortionnaire autre (la Helga précédente ayant été assassinée) et sentiments tout à fait différents. C’est ainsi que l’on retrouve Nathalie, une jeune et jolie médecin, victime d’une rafle nazie dans son Ukraine natale. Alors qu’elle est emprisonnée, elle reçoit un ordre de son chef, Vassili, selon lequel elle doit retrouver une espionne anglaise prisonnière à Stielberg. La prude doctoresse se fait donc muter à Stilberg, gigantesque château, tenu par l’autoritaire Helga, qui fait office de bordel pour les officiers.

Dès les premiers instants et une séquence de fusillade plutôt bien emmenée (pour un film de ce genre, où l’action importe peu), Payet tente d’instiller un brin de tension à l’ensemble, chose qu’il n’était pas parvenu à faire avec Train spécial pour Hitler. A ce titre, la cruauté des Allemands est ici décuplée : meurtre d’un vieillard grabataire, abandon de blessés, ... Le début de métrage frappe très fort, à l’image de Nathalie, dont la plastique irréprochable est peu mise en valeur, chose assez rare que pour être soulignée. Alors que les autres oeuvres de nazisploitation mettent en scène des héroïnes lubriques et déjantées, Payet bouscule les règles du genre et offre à Nathalie une véritable âme contrastant avec celles de ses tortionnaires et de ses compagnons de misère.

Loin de proposer un film empli de bons sentiments, le cinéaste remet les pendules à l’heure avec quelques séquences de lesbianisme particulièrement jouissives assorties d’une forme de soumission assez délicate. Malgré la reprise de quelques thèmes déjà-vus (la scène de la bouteille de champagne, ça ne marche qu’une fois !), Payet surprend donc dans l’élaboration de séquences plutôt éprouvantes lors de l’entrée en scène d’Helga. Cette cochonne, dominatrice et démoniaque (miam !), obsède autant qu’elle dégoûte et son efficacité est encore accrue par une mise en scène léchée et des séquences bien amenées. Malheureusement, la supplicière est incarnée par la pitoyable Jacqueline Laurent, dont les postures ridicules et les rires de sorcière agacent plus qu’ils ne servent l’oeuvre. Chaque fin de scène en sa présence tourne donc à la bouffonnerie tandis que la sublime Patrizia Gori (Nathalie) enchante quant à elle la pellicule de son eveloppe enjôleuse et de son interprétation réussie. Toute l’envie que la belle engendre de par son physique et son mental est totalement libéré au fil du métrage, l’héroïne s’offrant à un officier allemand dont elle est tombée amoureuse (aaargh, saacriiilèèège !). Parsemé de bons sentiments, l’ensemble se dirige alors vers un final rythmé mais trop prévisible que pour véritablement étonner.

Malgré quelques clichés inhérents au genre, Nathalie dans l’enfer nazi est sans doute l’un des meilleurs films de nazisploitation jamais réalisé. Même s’il ne s’agit là que d’un grindhouse plutôt mal achalandé, Payet a su user de finesse pour ne pas proposer un film érotique à deux sous, grande spécialité de ce sous-genre.


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